L’Administration portuaire répond

OPINION / Dans le cadre de la parution de la lettre ouverte De porteurs d’eau à porteurs de phosphate, le 15 mai, l’Administration portuaire de Saguenay souhaite rétablir certains faits importants et corriger des informations erronées concernant le futur terminal maritime en rive nord.

D’abord, il est essentiel de rappeler que différents scénarios de transport du minerai ont été analysés dans le dossier d’Arianne Phosphate au cours des dix dernières années. Le choix du terminal maritime en rive nord est celui qui présente le moins d’impacts au niveau du transport, en étant de loin le plus court, et qui a reçu toutes les autorisations gouvernementales nécessaires au déploiement du projet. Le scénario de transport ferroviaire jusqu’à Grande-Anse, tel que relaté dans la lettre ouverte, aurait eu pour effet d’ajouter du transbordement, du camionnage supplémentaire et du transport par train à la chaîne de transport du projet. L’auteur traite également de la construction d’une « muraille de béton ». Il n’y a en fait aucune infrastructure de ce type d’incluse dans le projet, la portion verticale visible derrière le quai étant obtenue à la suite de l’excavation de roc présent sur le site. Nous tenons également à rappeler que le site du projet de terminal maritime, conditionnel à la réalisation du projet de mine, est situé à environ trois kilomètres en amont de la limite du Parc marin Saguenay–Saint-Laurent et que l’analyse rigoureuse de l’Agence canadienne d’évaluation environnementale en vient à la conclusion que « le projet ne compromettrait pas à long terme l’intégrité du patrimoine naturel du fjord du Saguenay ». Nul besoin de rappeler que les exigences gouvernementales pour la réalisation d’un projet sont très élevées. Nous nous sommes ainsi assurés de concevoir un projet rigoureux qui minimise l’ensemble des impacts financiers, techniques, logistiques et environnementaux.

Carl Laberge, ing., M.Sc.A., MBA

Directeur général, Administration portuaire du Saguenay

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L'ÂME DE L'ÉCOLE

OPINION / « L’âme de l’école, c’est le service de garde. »

Ces mots ne sont pas de moi, mais bien du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui les a prononcés en mars en pleine commission parlementaire, lors de l’étude du projet de loi portant sur les frais exigés des parents, où j’étais invitée à présenter l’opinion de l’Association québécoise de la garde scolaire, en compagnie de la vice-présidente de notre association.

Voici la citation complète :

« Je ne sais pas s’ils nous écoutent ou s’ils vont le savoir, mais l’équipe du service de garde de l’école la Mosaïque, à la Commission scolaire Marie-Victorin, qui s’est occupée de mes deux petites filles pendant un bon 10 ans, est exceptionnelle. Je reconnais vraiment que la qualité des services et l’âme de l’école, c’est le service de garde. Dans cette école, c’est vraiment le service de garde. Ils ont façonné, puis ils ont vraiment influencé mes filles. »

Pour nous qui militons depuis longtemps pour que la garde scolaire soit pleinement reconnue et valorisée, il va sans dire que d’entendre des mots d’appui aussi forts et ressentis de la part d’un ministre de l’Éducation en exercice, c’est un événement. En cette Semaine québécoise de la garde scolaire, je n’aurais pu en choisir de meilleurs pour remercier les membres du personnel des services de garde en milieu scolaire et les encourager à poursuivre leurs efforts et leur engagement pour les élèves.

En s’exprimant ainsi, le ministre n’a pourtant fait écho qu’aux témoignages que nous recevons régulièrement de la part des parents dans les services de garde. Dans un sondage réalisé en novembre dernier auprès de 1200 parents dont les enfants fréquentent la garde scolaire, le taux de satisfaction mesuré excède les 90 %. Pourtant, dans le réseau de l’éducation, la garde scolaire souffre d’un déficit chronique de reconnaissance.

Sous la thématique « La garde scolaire s’affiche ! », la Semaine de la garde scolaire 2019 emprunte aux codes du cinéma pour mettre la garde scolaire à l’avant-scène et rendre hommage à celles et ceux qui s’investissent au quotidien pour que les élèves apprennent et grandissent en suivant le meilleur des scénarios. Cette thématique se veut aussi un encouragement au personnel en service de garde à afficher haut et fort leur fierté, à promouvoir leur savoir-faire unique et l’importance de leur apport dans le quotidien des élèves et à faire valoir leur rôle auprès de toute l’équipe-école.

Évidemment, il ne faut pas se mettre la tête dans le sable. Les services de garde fonctionnent sur la base d’une réglementation désuète datant de 1998. Leur financement tient compte uniquement des enfants inscrits sur une base régulière alors que de plus en plus de ceux-ci le fréquentent de façon sporadique. Les postes offerts en garde scolaire, souvent à temps plus que partiel et suivant des horaires brisés, sont peu attrayants pour aller chercher et retenir une main-d’oeuvre qualifiée. Les locaux sont souvent trop petits ou inadéquats, dans des écoles devenues surpeuplées. Bref, ces conditions font en sorte qu’il est difficile d’offrir des services ayant le même degré de qualité dans tous les services de garde, ce qui contribue sans doute à ce déficit de reconnaissance.

Il y a actuellement un vent de changement qui souffle sur l’école, que l’on pense seulement à la mise en oeuvre des maternelles 4 ans, au vaste chantier de rénovation des écoles et à la transformation des commissions scolaires. Nous y voyons une opportunité formidable de repenser l’école comme un milieu de vie où les actions concertées de tous les intervenants, qu’ils soient parents, enseignants, professionnels, directions d’établissement ou éducateurs en garde scolaire, sont centrées sur l’élève. Il est impératif de briser nos propres silos et mettre fin aux chasses gardées.

Il est grand temps de refonder la garde scolaire sur de nouvelles bases.

Diane Miron, présidente

Association québécoise de la garde scolaire