L’Administration portuaire n’a pas tout corrigé

OPINION / Je voudrais signifier à l’Administration portuaire de Saguenay que, dans sa lettre ouverte du 16 mai, elle n’a pas relevé l’erreur la plus importante, à mon sens, de la lettre ouverte De porteurs d’eau à porteurs de phosphate du 15 mai. L’excavation de la montagne va créer un mur vertical de 65 m de haut (et non 25m tel que rapporté par M. Fontaine) par 280m de large. C’est deux fois et demie pire que ce qu’anticipe ce lecteur du Quotidien. J’imagine que, sachant cela, il aura encore moins le goût d’inviter parents et amis dans notre coin de pays !

Plutôt que de constamment relever les imprécisions techniques des textes écrits par d’honnêtes citoyens qui considèrent que rien ne peut justifier la construction d’un troisième port industriel sur le Saguenay, l’Administration portuaire pourrait-elle plutôt entendre le message fondamental qui sous-tend chacune de ces interventions : le fjord du Saguenay a déjà consenti deux ports industriels en eau profonde à la région, dont l’un utilisé à 20 % de sa capacité ; en construire un troisième serait lui manquer de respect.

Les conseillers Simon-Olivier Côté et Marc Pettersen, de Saguenay, ont osé dire qu’ils préféreraient que l’on trouve une autre solution que de défigurer le Saguenay pour permettre au projet d’Arianne Phosphate de se réaliser. Je souligne leur courage politique. D’autres politiciens vont-ils se lever pour éviter le carnage paysager avant qu’il ne soit trop tard ?

Daniel Lord

Saint-Fulgence

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PROFITER DES GRANDS PROJETS

OPINION / Après des années à servir de porteurs d’eau à petits salaires pour de grands industriels venus exploiter la forêt, sommes-nous, gens du Saguenay-Lac-Saint-Jean, condamnés à devenir les porteurs de valises des touristes montréalais ou européens qui daignent prendre le Parc des Laurentides pour venir visiter la belle région-ressource vierge du Saguenay-Lac-Saint-Jean ?

Je me pose la question, à la lecture de la lettre ouverte de M. Fontaine, publiée mercredi dans Le Quotidien. On dirait bien que oui.

Les grands projets industriels en développement dans la région donnent à la région l’occasion de diversifier son économie et de profiter d’emplois bien rémunérés qui pourraient inciter des travailleurs expatriés ou de nouveaux résidants à venir ici. Des emplois dont la région, vieillissante, a bien besoin. Ça prend des emplois de qualité pour assurer le développement de la région et de ses services. Récemment, dans le journal, on disait justement que la région n’a jamais eu si peu d’emplois occupés et de travailleurs actifs…

Les opposants aux grands projets affirment qu’ils vont nuire au fjord et ils répètent sur toutes les tribunes qu’il faut se tourner vers le tourisme et les jobs vertes pour assurer notre avenir. D’abord, j’aimerais souligner que les grands projets sont installés entre Saint-Fulgence et Chicoutimi, ce qui laisse vierge le véritable fjord du Saguenay sur toute sa longueur, puis que les normes à respecter au Québec sont très sévères. Finalement, je pense qu’une région dont l’économie repose sur les emplois touristiques saisonniers est condamnée à vivoter. Pas que je méprise ces emplois. Mais il faut, en plus de ces jobs, des emplois qualifiés, spécialisés et bien payés pour donner un avenir aux jeunes et soutenir les services et les commerces d’ici. Regardez ce qui se passe en Gaspésie !

À cela, les opposants répondent, sur Facebook, qu’il faut créer des emplois technologiques verts, que c’est la clé de l’avenir. Pour ça, il faut des ressources, des cégeps, des entreprises fortes, du monde actif et des promoteurs… Ça prend de l’argent ! Profitons donc des grands projets en développement pour aussi aller dans cette direction. Ça, ce serait intelligent pour la région, ses cégeps et l’UQAC. Ça irait dans le sens de nos succès dans l’aluminium.

Ça, ça créerait des emplois de qualité pour tout le monde. Sinon quoi, on laisse nos enfants attendre les touristes sur le bord de la 175 pour porter leurs bagages à l’hôtel et on attend qu’ils nous demandent de leur apporter un verre d’eau ou un gin-tonic sur le bord des plages du Lac ? Nous méritons mieux.

Gilles Gauthier

Saguenay

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PROPOS DÉFORMÉS

OPINION / Dans sa réplique à mon texte sur le projet de terminal maritime d’Arianne Phosphate, paru mercredi dernier dans Le Quotidien de Chicoutimi, l’ingénieur Carl Laberge prétend corriger plusieurs de mes informations erronées. Je reconnais que la muraille du port ne sera pas bétonnée, mais ça ne change pas grand-chose à son aspect rébarbatif. Pour le reste, M. Laberge déforme mes propos.

Je n’ai jamais écrit que le terminal d’Arianne Phosphate se trouvait dans le Parc marin du Saguenay-Saint-Laurent ! Le fait demeure qu’il en est très proche et qu’aucune frontière physique n’établit de démarcation dans le fjord. Pour les résidants établis sur son rivage comme pour les adeptes des activités de plein air et les mammifères marins, cette portion du Saguenay fait partie intégrante du fjord. Elle n’en est pas moins précieuse et devrait bénéficier de la même protection.

Je n’ai pas écrit non plus que l’autre option envisagée, le transport par voie ferroviaire, devait nécessairement passer par le terminal maritime de Grande-Anse. La mine à ciel ouvert du Lac-à-Paul est située à plus de 200 kilomètres au nord que l’emplacement prévu pour son terminal maritime. Il est absurde de vouloir acheminer d’énormes quantités de phosphate sur le rivage du fjord en construisant un troisième terminal maritime. J’ai ouï-dire qu’Arianne Phosphate s’était vu proposer un autre tracé de voie ferrée qui emprunterait plutôt la rive nord pour aboutir sur un port en eau profonde de Sept-Îles. Le reste du transport par bateaux se ferait alors uniquement sur le Saint-Laurent. Pourquoi cette possibilité a-t-elle été écartée ?

Clément Fontaine

La Baie