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Des Québécois ont choisi d’aller passer une semaine dans le sud malgré la pandémie.
Des Québécois ont choisi d’aller passer une semaine dans le sud malgré la pandémie.

Lâchons les vacanciers du sud

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / L’acharnement collectif envers ceux qui sentent le besoin d’aller prendre des vacances au soleil me dépasse ! Ça commence vraiment à ressembler à une crise de bacon, une crise de jalousie.

Par Mathieu Lessard, Alma

Dans le dernier texte d’opinion à ce sujet, l’auteur va jusqu’à écrire ce qui ressemble presque à des menaces : « On va remarquer votre bronzage à votre retour et on va vous mépriser »...

Ce n’est pas exactement les mots employés, mais c’est ce que ça veut dire. Réfléchissez un peu : le gouvernement Legault dit que des mesures très strictes seront en place pour faire respecter la quarantaine à leur retour. On peut penser qu’ils seront logés dans des hôtels ou, du moins, qu’ils seront strictement surveillés.

À partir du moment où un individu est d’accord pour prendre ce risque pour sa santé, et qu’à son retour on s’assure qu’il ne risque pas de contaminer personne, où est le problème ? Empêcher des citoyens de sortir du pays, ça ne vous rappelle pas certains régimes de dictature communiste ? Je comprends que nous sommes dans une situation sanitaire jamais vue dans notre époque moderne, mais je pense qu’en tant que société occidentale démocratique, d’autres moyens doivent être envisagés que de mettre un cadenas sur les frontières du pays.

Si une personne veut aller passer une semaine dans le sud, puis rester enfermée dans une chambre d’hôtel 14 jours à son retour, c’est toujours bien de ses affaires ! Si la personne a les moyens de prendre ces deux semaines supplémentaires de congé, ou encore a la possibilité de faire du télétravail, ça regarde qui ? Cette personne mérite-t-elle de se faire identifier, juger et traiter de « covidiot » ? Cette personne mérite-t-elle de se faire dire « nous allons voir que vous avez la peau bronzée et on va vous juger et vous regarder de travers » ?

C’est à mon avis un dérapage dangereux d’en être rendus là en tant que société. Sans compter l’incitation à la délation. Laissons le soin à ces gens de juger ce qui est dangereux ou pas pour eux. Ça m’étonnerait qu’une personne très âgée ou avec des problèmes de santé chroniques décide de voyager pendant cette pandémie. Et si c’est le cas, ça ne regarde que cette personne. Du moment qu’au retour, la quarantaine soit appliquée. Vivre et laisser vivre.