Le livre Le génocide culturel camouflé des indiens.

La vraie histoire

OPINION / - Des Indiens, c'est toujours saouls ou gelés, madame !
Je fus surprise d'entendre ce préjugé méchant sortir de la bouche d'une élève qui n'a pas l'habitude de lancer de telles boutades. Je la pris à part afin que les autres ne soient pas témoins de son discours raciste.
- Crois-tu qu'il y a une raison ?
- Peut-être que la toxicomanie et l'alcoolisme sont carrément inscrits dans leur code génétique, me proposa la jeune fille.
Après cet événement, je prêtai un livre à Andréane. Avec son ouverture d'esprit afin de comprendre, elle accepta de lire Le génocide culturel camouflé des Indiens. Quelques jours plus tard, après sa lecture, une tout autre discussion s'enclencha.
- Oui, je comprends maintenant. Je comprends, madame et j'ai honte de vivre dans un pays aussi raciste.
- Que comprends-tu ?
- Je comprends que les pensionnats indiens ont brisé les Autochtones.
Et Andréane défila ce qu'elle avait appris : les viols répétés, les humiliations, les sévices, l'imposition d'une religion, les parents qui ne pouvaient rien dire alors qu'on leur enlevait leurs enfants. Andréane avait lu ce que le Canada avait fait subir à 100 000 enfants des Premières Nations.
- Je ne savais rien de tout cela. C'est horrible ! Comment peut-on bâtir une école avec un cimetière à l'arrière dans les plans d'architecture ? Pourquoi les pensionnats indiens ne sont-ils pas enseignés dans nos cours d'histoire ? Ils ont pourtant duré un long siècle. En étant conscients du phénomène, nous cesserions d'entretenir des préjugés envers eux et de parler à travers notre chapeau.
-Dans vos cours, qu'apprenez-vous ?
- Le prof nous parle de l'arrivée des Européens, des échanges commerciaux avec les Autochtones, des moeurs, des conflits, des capteurs de rêves, tiens ! Mais jamais, nous n'avons entendu parler des pensionnats.
- Ça te fâche ? Tu sembles en colère.
- Disons que j'ai 16 ans et que j'ai toujours été injuste envers eux. J'ai dit n'importe quoi contre les Autochtones. On m'a caché la vérité. Je n'en reviens pas : plus de 3000 enfants n'en sont pas revenus vivants.
- Maintenant ?
- Maintenant, je me dis que ces gens sont en reconstruction après avoir été pendant 100 ans dans des camps de concentration. Je me dis qu'ils ont de la chance s'ils parviennent à se sortir de ce passé. Pour finir, je pense que si tous les étudiants étaient informés de ce qu'ils ont vécu, ils auraient tendance à vouloir les aider plutôt que de frapper sur eux et de les écraser encore plus comme je le faisais.
- Tu proposes quoi ?
- Que l'épouvantable histoire soit enfin enseignée dans toutes les écoles du Canada. Il est essentiel que ce soit su de tous.
Avec une rage au coeur, Andréane repartit s'asseoir après avoir bien pris soin de ranger le livre qui venait de changer à jamais son existence.
Chantale Potvin, Roberval
Une autre version
OPINION / D'abord, je m'adresse aux personnes qui annoncent la météo ; arrêtez de parler d'alerte tempête lorsque vous annoncez 10 à 15 centimètres de neige, ce n'est qu'une petite chute de neige de 4 à 6 pouces et à force d'utiliser le mot alerte à toutes les sauces, il finit par perdre son sens et n'attire plus l'attention. La tempête de la semaine dernière qui a touché une bonne partie du Québec méritait la mesure d'alerte et les automobilistes qui avaient à utiliser leur voiture cette journée-là savaient à quoi s'attendre. La prudence était de mise. Maintenant, venons-en au carambolage sur l'autoroute A-13, dont les médias n'ont cessé de commenter pendant des jours. On pouvait lire : c'est la faute du ministre des Transports et du ministre de la Sécurité publique qui n'ont pas fait leurs devoirs ; c'est la faute du contractant engagé par le ministère des Transports qui n'a pas ouvert la route ; c'est la SQ qui n'est pas intervenue sur ce tronçon de route, etc.
J'ai fait carrière dans la fonction publique du Québec, d'abord comme responsable du service des ressources humaines au ministère des Transports, et ensuite à la Sûreté du Québec. J'ai connu dans ces deux organismes des personnes qui étaient allumées et qui n'avaient pas peur de prendre les bonnes décisions au bon moment en tenant compte de l'urgence de la situation. Je les ai vues travailler lors du déluge et décider sur place des actions à prendre sans remonter à chaque fois dans la hiérarchie de leur ministère respectif. Bien sûr, par la suite, ils justifiaient leurs décisions auprès des supérieurs. Le contractant responsable du déneigement du réseau routier a comme patron le ministère des Transports et doit se conformer aux clauses de son contrat et répondre aux demandes du contremaître du Ministère pour des opérations spéciales. Celui qui entretenait la A-13 était en devoir sur son parcours, mais il ne pouvait continuer parce que deux camionneurs situés en avant du carambolage refusaient de se faire remorquer, prétextant le coût trop élevé de l'opération. Le contremaître leur a demandé de se faire remorquer et ils ont même parlé au téléphone à un représentant de la SQ, ce qui n'a rien donné.
En résumé, cette affaire aurait dû être réglée sur place par l'arrestation des deux camionneurs pour entrave au travail du ministère des Transports, du contractant et des policiers, les camions auraient ensuite été remorqués, pour ainsi permettre à la majorité des automobilistes immobilisés de reprendre leur route. Une situation qui a été montée en épingle sans raison par ceux et celles qui voulaient se faire du capital politique sur le dos du parti au pouvoir.
Eugène Tremblay, Chicoutimi