La ville nourricière

OPINION / Avez-vous déjà imaginé ce à quoi pourrait ressembler la Terre dans 100 ans ? Certains pensent que la technologie aura surpassé tout et qu’elle nous contrôlera. D’autres pensent que rien n’aura vraiment changé. Certains autres encore sont plutôt d’avis que l’humanité sera sur le bord de l’extinction et que le réchauffement climatique aura eu raison de nous. Toutefois, peu d’entre nous actent pour changer la situation qui deviendra désastreuse si nous n’agissons pas. En effet, le réchauffement climatique est bel et bien réel et nous menace tous. Comment pourrions-nous changer les choses ? La solution est simple ! Il faut trouver un moyen efficace de diminuer l’émission de gaz à effet de serre dans l’atmosphère tout en trouvant des façons efficaces de subvenir à nos besoins sans briser la nature.

Vous avez peut-être déjà entendu parler des forêts nourricières. C’est une forêt remplie d’arbres et de plantes comestibles. De plus, c’est une chose assez simple à faire. Alors, pourquoi ne pas utiliser ce concept pour créer une ville sous le couvert des arbres ? Cela permettrait de réduire la température lorsqu’il fait chaud et de réduire le carbone puisque les arbres en consomment. Les fruits que ces plantes produiraient pourraient aussi permettre de nourrir la population bien plus facilement et empêcher les famines. Imaginez une clôture emplie de vignes, des jardins verticaux sur les murs, ou encore des arbres dans les cours de récréation. Plus de coup de chaleur en jouant dehors et collations gratuites pour tout le monde. Tout cela sans avoir à dépenser des fortunes en graines puisque les fruits que l’on mange en contiennent. En plus, quelques-uns d’entre nous ont déjà commencé le faire. On en retrouve des exemples près de l’école Jean-Gauthier à Alma. Bref, un couvert forestier au-dessus de nos villes serait un moyen efficace de protéger la planète tout en nous protégeant, nous et les générations futures. Pourquoi ne pas le tenter ? Cela ne coûte rien d’essayer.

Sabrina Savard

Étudiante au Collège d’Alma

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LA LIGNE ROUGE

Les négociations entre le Canada et les États-Unis sur l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) s’accélèrent et tout porte à croire qu’une entente pourrait être conclue incessamment. Divers intervenants au Canada proposent des concessions dans les secteurs sous gestion de l’offre pour favoriser la conclusion d’une entente.

Malheureusement, le premier ministre Justin Trudeau laisse planer le doute sur le sujet. Sa position sur le dispositif de règlement des litiges commerciaux (chapitre 19) et les subventions canadiennes dans le domaine culturel est beaucoup plus ferme que sur la gestion de l’offre, qu’il entend « protéger » tout en étant « flexible ».

Ce faisant, M. Trudeau oublie que les producteurs sous gestion de l’offre ont assez donné. Des parts de marché substantielles ont été consenties lors de l’Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l’Union européenne (2 %) et de l’Accord de Partenariat transpacifique global et progressiste (3,1 %). Ces concessions représentent des pertes annuelles et récurrentes de 260 M $ pour les producteurs laitiers canadiens, sans véritables compensations. Concéder de la même façon, dans le cadre de l’ALENA, signifierait des pertes tout aussi irrécupérables alors que résister permettrait une bonne entente et des gains durables.

M. Trudeau doit aussi garder en tête que la gestion déficiente des Américains, dans le secteur laitier, amène des surplus qu’ils tentent désespérément d’écouler sur les marchés étrangers. Les fermes laitières aux États-Unis doivent régulièrement jeter des quantités faramineuses de lait et plusieurs sont dans une situation critique. Plusieurs producteurs laitiers américains affirment d’eux-mêmes que leurs difficultés viennent de ce problème de gestion, et non de l’accès limité au marché canadien.

Comme le mentionnait récemment le premier ministre du Québec, nous n’avons pas à servir de déversoir à la surproduction américaine. Et même si c’était le cas, des concessions du même ordre que dans l’AECG et le Partenariat Transpacifique permettraient aux Américains d’écouler à peine 0,1 % de leur production en raison de la petite taille du marché canadien. Cela ne règlerait donc en rien la mauvaise gestion du secteur laitier américain et les nombreux déversements de lait, avec les conséquences que l’on connaît sur l’environnement.

Rappelons que l’apport économique des secteurs sous gestion de l’offre est important : 221 000 emplois dans le secteur laitier canadien (PIB : 19,9 G $), 87 200 emplois dans celui de la volaille (PIB : 6,8 G $) et 17 600 dans celui des œufs (PIB : 1,4 G $). La gestion de l’offre permet aussi de maintenir des emplois partout sur le territoire et soutient fortement la vitalité de nos régions. Soulignons aussi que depuis la mise en œuvre de l’ALENA, la valeur des produits laitiers américains vendus au Canada est passée de 50 M $ à 557 M $ en 2016. L’an dernier seulement, les trois quarts des importations canadiennes de produits laitiers provenaient des États-Unis. Notre déficit commercial pour ce secteur a atteint 445 M $.

Tous les pays au monde protègent leur agriculture, et encore plus leurs produits sensibles. Les États-Unis le font pour le sucre et les cacahuètes, le Canada le fait pour le lait, les œufs et la volaille. Le gouvernement canadien a toute la légitimité requise pour refuser des concessions dans ces secteurs, d’autant plus que le Farm Bill américain (1000 G $ sur 10 ans) n’est pas sur la table. Les producteurs sous gestion de l’offre n’ont pas à faire les frais de chaque négociation commerciale. Pour toutes ces raisons, la ligne rouge de M. Trudeau doit inclure la gestion de l’offre.

Marcel Groleau, président

Union des producteurs agricoles