La vie a-t-elle un sens ?

OPINION / Comment expliquer les décisions actuelles qui privent le Lac-Saint-Jean de la direction des services de santé ? Comment expliquer les sacrifices énormes qui ont abouti à la construction des trois hôpitaux dans cette région le siècle dernier ? Et pourquoi le pouvoir décisionnel à la bonne marche des services est-il perdu localement ?
Voilà que les emplois hospitaliers disparaissent silencieusement, peu à peu... La centralisation n'a pas de limite. Deux mouvements inversés se rencontrent ici :
Premièrement, les hospitalières avaient un objectif, soit assurer le plus de services possible à la population locale. Elles étaient à l'écoute des besoins exprimés par ces derniers. Les 100 ou 165 km à parcourir avaient des conséquences graves. Elles avaient réussi à obtenir les services de médecins et de professionnels pour tous ces hôpitaux, et d'en assurer la direction.
Deuxièmement, le mouvement actuel du CIUSSS semble d'aspirer à la gestion de tous les services existants dans un hôpital régional. Vraiment ? Même la gestion de nos terrains de stationnements... Cependant, nous avons réellement besoin des soins « spécialisés » en santé, et nous le reconnaissons. Mais, je m'adresse à M. Couillard, député de Roberval : vous pouvez arrêter ce processus avant qu'il ne soit trop tard. La population assiste impuissante à cette fermeture de la direction locale, à ces retraits, à ces pertes d'emplois de toutes sortes, à la « ponction économique » de notre milieu.
Aurions-nous perdu le sens et les capacités de développement et d'adaptation, de prises de décision selon les réalités actuelles ? Les bureaux sont vides, mais les cerveaux demeurent, et nous pourrons juger des conséquences de ce mouvement inversé. Comme dit un poète russe : « Quand la vérité est remplacée par le silence, le silence est un mensonge. »
Nicole Guy
Roberval
Quand l'école est détournée de sa raison d'être...
La gouvernance du ministère de l'Éducation est bien représentative de celle du gouvernement, par les temps qui courent.
En effet, on gère maintenant les écoles comme des entreprises privées, en réduisant notre système d'éducation à de simples colonnes de chiffres.
Malgré des mois de consultations régionales et nationales, des annonces d'investissements mineurs à la pièce et des projets de lab-école qui sentent à plein nez l'opération de relations publiques, rien n'a encore abouti pour améliorer concrètement la réussite éducative au Québec.
Pendant que le ministre improvise des annonces dans les médias et qu'il ne présente toujours aucun plan global pour l'éducation, il ne faut pas croire que tout est un long fleuve tranquille pour autant dans nos établissements scolaires.
Au contraire, l'ensemble du personnel en éducation subit une pression indue : personnel enseignant, de soutien et professionnel. Le scandale des notes gonflées, rapporté ces jours-ci dans l'actualité, n'est que le plus récent exemple des dérives de la logique comptable qui mène maintenant notre système public d'éducation. Cette vision mercantile de l'école n'est pas nouvelle. Elle a été instituée et est poursuivie par les libéraux depuis des années. Plus encore, elle s'accentuera dès l'an prochain dans l'ensemble des écoles du Québec, puisque le dernier projet de loi adopté en éducation va jusqu'à intégrer des cibles dans chaque projet éducatif. 
Pour ce gouvernement, les élèves du Québec ne sont rien de plus que des statistiques. On réduit l'enseignement, l'acquisition de connaissances, l'apprentissage à une simple question de notes, de performance et de cibles chiffrées à atteindre. C'est un détournement de l'esprit même de l'école au profit de la vision néolibérale que ces gens ont de notre société.
En accordant une place aussi grande aux résultats, on impose à nos élèves et au personnel un stress démesuré. On favorise la poursuite d'une performance à tout prix sans égard à celles et ceux qui ont des difficultés et qui ont besoin d'un soutien particulier. Sans aucun remords, on n'hésite pas à couper de plus en plus dans les ressources. Or, les enfants ne sont pas tous faits pour rentrer dans le même moule. Une telle vision est totalement à l'opposé d'un système d'éducation axé sur l'égalité des chances et la réussite du plus grand nombre.
Et si l'éducation redevenait humaine ?
Ce dont ce gouvernement a besoin, ce n'est pas d'un autre remaniement ministériel cosmétique, c'est d'un changement en profondeur de ses valeurs. En éducation, le ministre Proulx doit donner l'exemple et remettre les élèves et le personnel au coeur des priorités. Il est urgent qu'il abandonne sa gestion comptable pour adopter une gestion humaine de notre système d'éducation. Les élèves et le personnel n'en attendent pas moins et n'en méritent pas moins.
Louise Chabot, présidente
Centrale des syndicats du Québec (CSQ)