Le Groupe Épicia a annoncé hier matin aux 45 employés de l'épicerie de Kénogami, fermée depuis l'incendie de mars, que l'épicerie ne rouvrira jamais ses portes.

La touche humaine

De l'épicerie de quartier qu'il était dans mon enfance, il est devenu le fleuron de Kénogami puis un porte-étendard des produits régionaux jusqu'à récemment. Les meilleurs y sont passés, en boucherie, pour les fruits et légumes et pour le service à la clientèle: je pense à Roch à Chantale et à plusieurs autres... C'est pour eux que je suis triste.
Les causes du déclin sont connues et se sont succédées comme si le chemin était tracé sans aucune sortie d'urgence... On a vu aller çà... Mauvais investissements à Québec, grosse hypothèque sur le magasin de Kénogami qui était une bien bonne vache à lait pour garder les deux succursales ouvertes, puis la faillite.
Et la reprise avec Épicia qui eux-mêmes vivaient des difficultés avec les Jardins mobiles dans la région de Québec. Curieusement la ville de Québec aura joué un bien mauvais rôle dans l'histoire de nos Corneau et Cantin... Mais je ne veux pas être amère.
Y aura-t-il un après: une épicerie de quartier où la proximité, la dimension humaine et la qualité peuvent survivre? Je n'irai pas chez Corneau et Cantin à Chicoutimi, je leur en veux un peu...
Plutôt, au passage je féliciterai Gagnon Frères qui a su faire de son centre de liquidation un commerce fréquenté, aimé et bien tenu. Au passage je saluerai L'artisane qui est un centre hors pair pour le tricot, Dixie et Paul qui garde la saveur des années 60 et qui, envers et contre les modes, garde le cap, modestement mais véritablement. Le Phoque en Alaska qui attire sans en faire tellement, ni trop avec une qualité et un service plus qu'agréable.
Attention ! Corneau et Cantin ne ferme pas parce que c'est à Kénogami. Il meurt d'avoir épongé trop de dégâts. Les beaux quartiers des Anglais, des Fleurs, de l'Éducation, des Peintres sont à Kénogami, et ses résidants sont capables de bien faire vivre une épicerie qui aura un coeur qui bat pour une clientèle sous estimée.
En mon nom personnel et celui de ma famille...
Louise Malaison
Kénogami