La Solidarité attend l’appui de Saguenay

OPINION / Josée Néron, mairesse de Saguenay et ses conseillers,

Dans le cadre de notre cinquième campagne de dons tenue du 1er décembre 2018 au 1er mars 2019 pour aider la naissance de la Coopérative d’habitation La Solidarité dans l’arrondissement Jonquière, 40 000 $ ont été amassés (52 nouveaux donateurs) pour un total de 175 000 $ auprès de 11 communautés religieuses (68 800 $), 42 instances/entreprises (76 550 $) et 162 individus, notamment le pape François (29 650 $).

Ces 175 000 $ sont le fruit d’efforts incalculables, le plus haut montant jamais récolté pour aider un projet de coop à naître. C’est aussi 14 actions collectives organisées pour un seul projet à faire résonner le besoin des locataires appauvris de Saguenay auprès de la Ville, un nombre jamais égalé : une manifestation (2015), neuf sit-in silencieux (2016), une pétition de 5600 signataires (2016), deux actions Tintamarres (2017), une campagne de Téléphone rouge (2018).

Combien d’actions collectives et de campagnes de dons devrons-nous encore multiplier pour obtenir l’aide municipale requise ? Combien de locataires appauvris devront-ils tomber au combat devant autant de désespérance, de découragement et de déception ? Que devons-nous faire pour toucher votre cœur de décideurs, votre volonté de politiciens, votre esprit de discernement ?

Le besoin de voir naître ce projet est encore urgent. Le recensement de 2016 le prouve : les ménages locataires de Saguenay sont devenus les deuxième plus pauvres des régions administratives au Québec ; 7475 doivent payer plus que la norme de 30 % de leur revenu pour se loger dont 1065 plus de 80 % et 660 plus de 100 % !

Qu’est-ce que l’administration Néron attend pour dire « oui » à leur projet ? Entendez-vous les cris qui réclament un toit coopératif pour être logés dignement et y vivre des valeurs de partage, d’entraide, où les locataires seront au cœur de toutes les décisions ?

Laisser mener depuis quatre ans un combat aussi gigantesque à des locataires qui sont déjà eux-mêmes dans la misère, mal logés, appauvris et désespérés n’est pas digne d’une Ville. Votre réponse que « la Ville est trop pauvre » pour refuser de les aider, cette réponse que vous servez à ceux-là mêmes qui se présentent devant vous et qui vivent au quotidien ce qu’est « la réelle pauvreté » n’est plus recevable.

Combien de fois reproche-t-on aux personnes appauvries d’être paresseuses et de ne pas vouloir s’en sortir ! Ce projet démontre pourtant le contraire devant autant d’efforts collectifs depuis quatre ans !

Sonia Côté

coordonnatrice de Loge m’entraide

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LA LAÏCITÉ SELON QUÉBEC SOLIDAIRE

Voilà ! Québec solidaire aurait fini de tergiverser. Ils ont même été félicités par Justin Trudeau pour leur prise de position en Conseil national de la fin mars. Ils vont encore plus loin que le Parti libéral du Québec.

Tous les signes religieux permis dans la fonction publique. Du crucifix au kirpan en passant par le col romain, la burka, le turban ou la kippa. Dans le temps, on disait « Free for All ». Touche pas à mon signe religieux. Au principe de l’égalité pour tous, on oppose le pseudo principe de la liberté de religion ou de croyance. Or, dans le projet de loi 21, il n’est aucunement question de contrevenir à la liberté religieuse, on dit seulement qu’il faut que tous les employés de l’État exercent leurs fonctions sans signe d’appartenance à une religion plutôt qu’à une autre.

D’où vient cette idée que je ne puisse croire au Dieu des chrétiens sans porter un signe, en l’occurrence le crucifix, pour le démontrer ? Arborer un signe religieux dans une fonction publique, n’est-ce pas un manque de respect pour les autres qui auraient une autre croyance ?

Pourtant, tous les députés de Québec solidaire ont voté pour le déplacement du crucifix du Salon bleu à un autre endroit moins symbolique. Expliquez-nous. Exit les signes chrétiens et bienvenue aux autres ? Ce parti n’en est pas à une contradiction près. Par exemple : Manon Massé déclarait lors du Conseil national que le parti va défendre le principe de la laïcité de l’État, mais non de la laïcité des individus représentant l’État. Difficile à comprendre. Autre exemple : Gabriel Nadeau-Dubois déclarait lors d’un point de presse que la position de QS n’est pas en faveur d’un feu vert permettant à un fonctionnaire de donner des services de l’État à visage couvert, mais que ce n’est pas non plus un feu rouge. C’est un feu orange ? Quand la couleur va changer, ce sera le rouge ou le vert ?

Nous avons devant nous un projet de loi qui bien que perfectible représente la volonté de l’immense majorité des Québécois. La présentation en fut faite de façon digne par le ministre Jolin-Barrette. Ne laissons pas ce projet être dilué, altéré ou défiguré au point qu’il ne veuille plus rien dire.

Gabriel Dallaire

Chicoutimi