La soif du pouvoir

OPINION / Récemment, une bombe éclatait, non pas en Corée du Nord, mais au sein du Parti des citoyens de Saguenay. Depuis 20 ans, la ville est dirigée par un petit groupe bien défini, qui possède le contrôle absolu. Qui n'était pas au courant de cette pratique ? Jean-Pierre Blackburn vient tout juste de le réaliser. Comment peut-on être assez naïf pour croire qu'il pouvait conserver toute sa latitude pour agir selon sa volonté ? M. Blackburn s'est fait offrir la mairie sur un plateau d'argent, clé en main, selon sa déclaration. Connaissant la clique de l'administration depuis des années, se faire offrir un tel cadeau empoisonné, il était bien évident que Jean-Pierre Blackburn à leurs yeux, n'était qu'un pantin. Serait-il, à sa manière, un assoiffé du pouvoir ?
Récemment, une bombe éclatait, non pas en Corée du Nord, mais au sein du Parti des citoyens de Saguenay. Depuis 20 ans, la ville est dirigée par un petit groupe bien défini, qui possède le contrôle absolu. Qui n'était pas au courant de cette pratique ? Jean-Pierre Blackburn vient tout juste de le réaliser. Comment peut-on être assez naïf pour croire qu'il pouvait conserver toute sa latitude pour agir selon sa volonté ? M. Blackburn s'est fait offrir la mairie sur un plateau d'argent, clé en main, selon sa déclaration. Connaissant la clique de l'administration depuis des années, se faire offrir un tel cadeau empoisonné, il était bien évident que Jean-Pierre Blackburn à leurs yeux, n'était qu'un pantin. Serait-il, à sa manière, un assoiffé du pouvoir ? 
Pourquoi a-t-il accepté cette offre alors qu'il jouit déjà d'une généreuse retraite ?
C'est le contrôle absolu de l'administration actuelle qui vient d'éclater au grand jour. Nous le savions depuis longtemps. Les trois femmes à la table du conseil municipal ont eu le courage de dénoncer ces multiples accrocs à la démocratie. En récompense de leur lucidité et de leur engagement envers les citoyens, elles ont été traitées de « chialeuses ».
Le voile est enfin levé sur une administration municipale contrôlée par un petit groupe bien déterminé, qui tient toutes les ficelles pour en arriver à ses fins. Devant cet état de fait et en référence à deux articles publiés récemment dans ces pages, pourrais-je oser croire que la consultation sur le nom de la ville en 2002 a été subtilement manipulée du début à la fin pour obtenir le résultat que certaines personnes désiraient absolument ?
Au lendemain de la consultation, une journaliste écrivait dans ce journal publié le 16 avril 2002 « les trois dernières boîtes de scrutin n'ont pas été jetées dans le Saguenay », tandis qu'une scrutatrice dans un bureau de vote de Chicoutimi déclarait, sous serment, avoir vu un individu s'emparer précisément de trois boîtes de scrutin, sans jamais s'identifier.
Je me souviens fort bien que le dernier soir du vote, le résultat était diffusé en direct à Radio-Canada. Les chiffres entraient régulièrement. L'option Chicoutimi était en avance. Puis, plus aucun résultat n'arrive. Il restait 10 boîtes à recevoir. Roger Lemay, qui était à ses débuts à ce moment-là, questionnait André-R. Gauthier et Marina Larouche à tour de rôle, les deux seuls présents dans le studio. Il ne savait plus quoi dire pour combler le vide. Le résultat des dix dernières boîtes arrive en bloc une heure et demie plus tard et c'est « Saguenay » qui l'emporte ! Jean Tremblay avait annoncé dans les médias « qu'il n'était pas question de recomptage et que les bulletins seraient détruits immédiatement. » Ça, c'est de la démocratie ! Que s'est-il passé pendant tout ce délai ? Ai-je le droit d'avoir des soupçons ?
Dès la première heure, au lendemain du vote, l'affiche de « l'autogare de Chicoutimi », sur la rue Racine, fut changée pour « Saguenay autogare ». La pancarte était-elle déjà fabriquée ?
On voulait supprimer « Chicoutimi ». Jean-Pierre Blackburn était de ceux-là.
Ce n'est pas la démocratie qui a parlé !
Pauline Brassard
Chicoutimi
Aucune idée et grimper
OPINION / Vous demandez une information à un étudiant ou à un jeune adulte, souvent il vous répond : « aucune idée ! » Est-ce vraiment qu'il n'a aucune idée ? Ça ressemble plus à de la paresse intellectuelle ou à un réflexe pour ne pas s'impliquer. Aussi, il y a le mot « genre » qui prend de plus en plus de place dans les conversations des jeunes : « Tu sais genre ! » Avec tous les gadgets de communication, ceux-ci parlent en abréviations. Ils ne se rendent pas à Chicoutimi, ils vont à « Ch'cout ».
En raison du peu d'instruction, il y a eu au Québec le parler joual. Avec la Révolution tranquille et l'investissement en éducation, le parler français s'est amélioré. Maintenant que tout le monde à accès à l'instruction, on dirait que le bon parler français recule. Pour dire une chose, on va dire le contraire. Par exemple, pour dire que c'est agréable, on va entendre « c'est l'enfer » ! Comme diraient les jeunes, « ç'a pas rapport ». « C'est quoi le rap ? »
On pourrait remplir une page de ce journal et peut-être le journal au complet si l'on relevait tout ce que l'on dit de contradictoire. Jacques Salomé a écrit un livre dont le titre est « Si je m'écoutais, je m'entendrais ». Ça veut tout dire.
Il n'y a pas seulement les jeunes qui ne s'entendent pas parler ! À l'écoute de la radio ou de la télévision, on entend, souvent mal à propos, le mot « grimper ». Même sur la chaîne de Radio-Canada, vous pouvez entendre que le huard a grimpé, l'or a grimpé, le gaz a grimpé, la température a grimpé. J'ai même entendu un animateur que j'estime beaucoup, dire, en parlant de quelqu'un, qu'il avait grimpé dans son estime. Par les temps qui « courent », ça grimpe pas à peu près !
Je veux bien qu'un singe, un félin, un ours ou d'autres animaux puissent grimper aux arbres, mais de là à voir grimper un huard ou quelqu'un dans l'estime de l'autre, c'est à faire grimper sur leurs grands chevaux, les vénérables de l'Académie française.
Avec amour et humour.
Martin Belley 
Saint-Nazaire