La soi-disant transparence de GNL Québec

OPINION / Dans un intéressant article paru le 31 janvier dans Le Quotidien, GNL Québec, la fracturation hydraulique inévitable, la journaliste Émilie Morin rapporte que l’industrie du gaz naturel au Canada devra recourir de plus en plus à ce procédé non conventionnel pour assurer son approvisionnement. Or, la fracturation hydraulique occasionne une dégradation du paysage, des fuites de méthane difficilement contrôlables, la contamination potentielle des nappes phréatiques et la fragilisation des sols. Ajoutons à cela les risques pour la santé humaine et la faune.

Ces effets préjudiciables constituent un des arguments majeurs des opposants au projet Énergie Saguenay. Questionnée à ce sujet, la directrice principale des affaires publiques et des relations avec les communautés chez GNL Québec, Stéphanie Fortin, déclare : « Nous avons toujours été clairs et transparents concernant la provenance et la méthode d’extraction du gaz naturel qui serait utilisé dans le cadre de notre projet ; 85 % de notre approvisionnement sera effectivement extrait selon la méthode de fracturation hydraulique. »

Pourtant, aucune mention de la fracturation hydraulique n’apparaît dans le résumé de 98 pages de l’étude d’impact environnemental préparée par GNL Québec. Le document utilise l’appellation générique « gaz naturel » d’un couvert à l’autre.

On constate la même lacune dans la version finale complète de l’étude, qui fait 1132 pages. Il faut consulter la première des cinq volumineuses annexes à l’étude pour trouver enfin, à la page 127, la mention du procédé de fracturation hydraulique lié au gaz de schiste et sa description sommaire ! Aucun pourcentage de son utilisation prévue par GNL Québec n’est indiqué.

Ce sont ces documents-là qui ont été mis à la disposition des médias et de la population pour consultation sur Internet et en version papier auprès des organismes publics de la région (hôtels de ville, bibliothèques municipales, etc.).

Sur le site Internet d’Énergie Saguenay, le visiteur trouve la dénomination « fracturation hydraulique » une seule fois : dans la section FAQ. Et la réponse fournie à cette question par le promoteur est évasive, faussement rassurante.

Comment alors prétendre à la transparence ?

Clément Fontaine

Chicoutimi

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MAUVAISE FOI?

Intéressante lettre ouverte que celle signée par Christian Tremblay, publiée le samedi 8 février dans Le Progrès. Pour répondre en partie à son opinion sur l’absence des vrais experts du débat, je tiens à porter à son attention l’entrevue très intéressante, fouillée et pertinente, au sujet de GNL, donnée par le professeur Pierre-Olivier Pineau de HEC Montréal, le 31 janvier, à l’émission du midi de Michel Auger, à Radio-Canada. Ce professeur est, selon ce que j’ai lu sur Internet, un des experts les plus solides au Québec en matière d’énergie et d’enjeux mondiaux.

Curieusement, on a bien peu parlé de cette entrevue, et surtout pas dans la région. Pourquoi ? Trop nuancée, je suppose. Parce que le chercheur conclut que le projet Énergie Saguenay a beaucoup de bons si on regarde mondialement la question ? Mauvaise foi de groupes ou personnes qui préfèrent jouer le jeu de politiciens et d’élus qui méprisent notre région ? Simple « oubli » ? Je vous laisse juger, mais je penche pour une mauvaise foi de plus en plus visible, mauvaise foi enrobée de paroles creuses et de demi-vérités répétées à l’infini et que nous n’avons pas fini d’entendre avec la « campagne Montréal vous explique comment vous développer parce les régions sont peuplées de gens qui ne comprennent pas comment ça marche » de Québec solidaire, parti politique qui n’a rien de mieux à faire que de polariser tous les débats à l’extrême pour empêcher le Québec d’avancer.

Je prends aussi pour exemple la réaction de ce chercheur spécialiste des bélugas, ce qui est un fait qui ne fait aucun doute, mais qui, interrogé par Radio-Canada dans la région, a méprisé la volonté de GNL à mettre en place des outils pour réduire le bruit dans le Saguenay. On devrait être contents et encourager l’idée (et demander plus d’argent tant qu’à y être !). Mais non. On aime mieux dénoncer l’idée d’un promoteur qui cherche à agir au lieu de se cacher et de dire que rien n’est de sa faute. Un brin de mauvaise foi, encore ?

Quel dommage ! Je suis bien d’accord avec la conclusion de ce lecteur : comme région, on mérite des débats de meilleure qualité qui ne sont pas teintés de partisanerie crasse et de slogans stériles du style « ok boomer », ce nouveau cul-de-sac intellectuel que je vois de plus en plus passer sur Facebook.

Francine Tremblay

Saguenay