La signalisation par des bénévoles

OPINION / J’ai été surpris par la sortie du maire de Saint-Henri-de-Taillon, le 29 janvier, en ce qui a trait à l’information journalistique écrite et visuelle sur nos journaux et télévisions (NDLR André Paradis dénonçait des reportages qui avaient remis en doute la qualité des sentiers et de l’affichage en lien avec la tragédie du Lac-Saint-Jean). Moi, j’ai sursauté quand j’ai aperçu un pictogramme d’environ 40 centimètres affiché sur la glace pour aviser les motoneigistes du sentier qu’ils doivent prendre. Avec de la neige, du vent et une accélération, il y a une grande possibilité que l’affiche ne soit pas vue.

Je ne veux pas mettre la faute juste aux bénévoles. Il y a l’organisation qui doit fournir le matériel nécessaire et un comité de prévention doit réviser le travail pour le bien des usagers ainsi que les touristes non familiarisés avec les lieux.

Il n’y a pas que le sport de la motoneige qui se situe dans cette situation. Regardons les sports de glisse. Combien de personnes se blessent sur une surface glacée due à une source d’eau très visible pour les skieurs habituellement. Il est très rare que ce lieu soit affiché comme dangereux, surtout durant la semaine, en raison du manque de personnel. Que penser d’un trou béant dans une pente de ski causé par une dameuse sans aucune amélioration à la fin de la journée, après en avoir avisé un responsable ? Situation plus rare les fins de semaine.

Dans tous les sports, les organisations doivent fournir les équipements adéquats et une utilisation appropriée pour une meilleure sécurité. Par exemple, on ne peut pas poser un cône, une banderole ou un pictogramme après l’obstacle. Il doit être visible en tout temps afin d’éliminer la dangerosité de l’obstacle.

Dans tous les incidents, malgré le degré de blessures corporelles, les bénévoles et les employés doivent suivre de la formation adéquate à leur fonction ainsi qu’une prévention constante du travail sur le terrain.

J’avoue que bien des organisations ont besoin de bénévoles pour leur survie et qu’on se doit de leur transmettre notre confiance étant moi-même un ex-formateur et bénévole dans plusieurs organismes.

Louis Hallé

Chicoutimi

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LA FACE CACHÉE DE NOS SENTIERS

Pour faire suite à certains reportages sur les dangers des motoneigistes, plusieurs articles affirment que les sentiers de motoneige sont dangereux, qu’ils sont mal balisés ou que le travail a été mal fait.

Dans la réalité, il y a beaucoup de gens qui sont bénévoles pour ce travail. Il serait bon de savoir combien de temps ils passent à se battre pour obtenir les droits d’accès et permettre de rendre les déplacements agréables et sécuritaires pour les randonneurs. Ils doivent également assumer les coûts de réparation de leur motoneige, l’entretien et même l’essence. En échange, ils reçoivent une carte de membre pour les sentiers. Ces bénévoles ont en moyenne une formation de deux heures afin de leur apprendre où mettre les balises, à quelle distance et à quel endroit le nouveau sentier est situé.

Il ne faut pas oublier que chaque nouvelle saison, les sentiers changent d’endroit selon les autorisations des cultivateurs et des autres citoyens. La glace des lacs bouge, fissure. D’une journée à l’autre, il peut y avoir des modifications sur la quantité et la qualité des glaces à proximité des rivières et c’est encore plus actif lorsqu’il y a présence de barrages hydroélectriques. Par exemple, à tant de mètres d’un détour, ils doivent mettre un panneau d’avertissement pour signaler qu’il va y avoir un virage, ensuite un autre plus proche et encore un autre. Et tout ça, c’est si l’inventaire de panneaux de signalisation est suffisant, car la quantité n’est jamais pareille d’une année à l’autre.

Il ne se dit pas « bon, aujourd’hui, je vais devoir en transporter 200 ». Ils prennent ce qu’il y a de disponible. Chaque jour, ils doivent parcourir des centaines de kilomètres, aller chercher tout leur équipement afin de marquer les sentiers.

Puis, pouvons-nous compter le nombre de motoneigistes qui respectent réellement les indications ? Beaucoup d’entre eux réussissent à sortir des chemins, ne respectent pas les limites de vitesse, brisent les panneaux, car ils sont passés trop proches, les ont déterrés ou sont directement passés dessus. La faute retombe sur les responsables qui font leur possible. On voit rarement quelqu’un qui va prendre le temps de remettre à sa place un piquet qui est tombé.

Certaines personnes vont même appeler ces bénévoles tôt le matin pour leur dire, avec bêtises, qu’ils n’ont pas fait leur travail, qu’à tel endroit l’arrêt est manquant ou dans la neige – n’étant plus visible – et qu’ils doivent venir régler ce problème au plus vite. Pourquoi ne pas prendre une minute afin de le remettre en place. Chaque automne, ils doivent se dépêcher de mettre les balises dans les champs, dans les montagnes et dans la terre avant que commence le gel au sol. Trop souvent cette situation est inévitable et provoque l’incapacité à trouver un sol ou même de trouver de la neige assez solide pour tout maintenir en place. Ils sont dans des situations qui ne sont jamais agréables, des déplacements difficiles, des horaires aléatoires et, n’oublions pas, au printemps, ils doivent tout refaire dans l’autre sens afin de fermer les chemins, tout enlever avant que les cultivateurs utilisent leurs terres et fermer les sections dangereuses.

Tout ce travail est effectué dans le but de permettre à tous les motoneigistes de pratiquer leurs sorties avec plaisir et un sentiment de sécurité. Voilà pourquoi il serait important de tenir compte de tous ceux qui s’impliquent et donnent de leur temps pour ce merveilleux sport.

Vicky Lapointe

Hébertville