La priorité de notre société

Il y a 50 ans le ministère de l'Éducation a été créé pour assurer à toutes et à tous l'accessibilité à l'école. Aujourd'hui, c'est la réussite pour tous que nous devons rendre accessible.
La réussite éducative a été au coeur des 20 rencontres qui se sont tenues partout au Québec au cours des dernières semaines dans le cadre d'une vaste consultation publique. Cette réussite va au-delà de l'évaluation et des diplômes, elle est un levier. Réussir à l'école, c'est être libre et c'est être capable, plus tard, de transmettre, de redonner, d'innover et de s'affirmer.
La mobilisation autour de l'éducation n'est pas seulement l'affaire de l'État, elle nécessite l'engagement de tous. J'ai donc convié des élèves, des parents, des enseignants, des directeurs d'école, des membres du personnel d'établissements, de commissions scolaires, de services de garde et d'organismes communautaires, mais aussi des spécialistes et des citoyens préoccupés par l'avenir de l'école québécoise, à venir échanger avec moi en grand nombre lors de ces rencontres, qui se sont terminées le 2 décembre dernier.
J'ai pu constater le dynamisme et la détermination de celles et ceux qui font vivre nos écoles. Des idées, j'en ai reçu de nombreuses. La consultation en ligne, les rencontres régionales et nationales ainsi que les échanges consacrés aux réalités autochtones alimentent notre réflexion sur le rôle majeur que joue l'éducation tout au long de la vie d'une personne. Cette grande démarche collective nous permet également de réfléchir, entres autres, à l'engagement primordial des parents, à la valorisation du rôle de l'école et des enseignants, à l'importance de la période de la petite enfance, à la lutte contre l'analphabétisme, à l'égalité des chances pour tous et à l'atteinte du plein potentiel de tous les élèves.
Tout cela mènera à l'élaboration d'une première politique gouvernementale fondée sur une vision claire, cohérente et collectivement partagée de la réussite de nos élèves, tant les jeunes que les adultes. Cette politique constituera le point d'ancrage des orientations, des stratégies et des actions que nous mettrons en oeuvre au cours des prochaines années.
Lutter contre l'analphabétisme
Comme j'ai eu l'occasion de l'exprimer, les chiffres concernant l'analphabétisme m'interpellent au quotidien. Ce fléau limite trop d'hommes et trop de femmes et les éloigne de toute implication sociale. Contrer ce mal qui ronge nos priorités sociales et économiques est une lutte de chaque instant. L'analphabétisme freine notre prospérité. C'est un fardeau personnel et collectif dont il faut se libérer.
Faire le choix de la réussite éducative, c'est choisir de ne laisser personne de côté. C'est également s'assurer que plus personne ne quittera l'école sans savoir lire et écrire!
En misant sur la réussite de tous, le Québec favorise l'égalité des chances. Il améliorera ainsi le quotidien et l'avenir de milliers de gens. Toutefois, pour y arriver, il faudra valoriser l'éducation et se mobiliser collectivement. Le contexte actuel et l'implication citoyenne des dernières semaines en témoignent, cette mobilisation ne peut plus tarder. L'éducation doit être la priorité de notre société.
Sébastien Proulx
Ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur
Des visages de la pauvreté
Le jeudi 8 décembre se déroulera encore une fois la Grande guignolée des médias. Belle et noble initiative, cela va de soi. La pauvreté a plusieurs visages. On la retrouve autant chez les jeunes que chez les personnes du 3e âge. De façon sournoise, la pauvreté peut s'inviter dans nos vies, l'air de rien. Elle peut tout aussi bien survenir à la suite d'une mise à pied inattendue. Elle peut - eh oui! - survenir à la suite d'une faillite. Elle peut donc, un certain jour, toucher aussi les mieux nantis.
Alors la notion de partage et de don qui anime toutes les guignolées est plus que jamais nécessaire et porteuse de sens. Donner, voilà un geste qui n'est pas donné à tous. Recevoir, voilà une action que personne ne peut refuser. Quand on souffre de la faim, recevoir un repas ou quelques denrées dans la foulée d'une guignolée, ça n'a pas de prix.
Somme toute, ceux qui donneront jeudi recevront tout autant.
À n'en pas douter, lors d'une guignolée, donner, c'est recevoir.
Yvan Giguère 
Saguenay