La population doit agir: les politiciens également

OPINION / En réaction à l’éditorial de Marc St-Hilaire intitulé L’heure de l’éveil et publié dans notre édition du 18 octobre dernier.

Merci M. St-Hilaire,

Jamais je n’aurais pu croire qu’un appel à la population serait fait de cette manière, afin qu’elle revendique ses droits face à une multinationale considérée comme une intouchable et parfaite dans notre région.

Jadis, comme représentant de travailleurs, nous étions les seuls à avoir un pareil discours. On se faisait constamment interpeller ; on se faisait dire que si l’on ne les aidait pas, ils allaient nous quitter.

Mais nous, qui étions à l’interne de ces entreprises, savions très bien ce qui se passait réellement. Nous savions quand il était temps de donner de la laisse ou de tirer sur la corde. Une preuve, elles sont encore présentes aujourd’hui.

Oui, je suis entièrement d’accord avec vous. La population doit agir et obliger ses élus à tirer avec elle sur la couverte. Elle doit se mobiliser, car son développement deviendra nul et les gens quitteront encore plus massivement cette belle région pleine de potentiel.

Nous ne pouvons laisser faire nos politiciens seuls. Avec eux aussi, nous devons changer de langage, car si on se fie à leurs déclarations, c’est la faute des travailleurs si nous en sommes là.

C’est malheureusement la vision du parti au pouvoir à l’heure actuelle au Québec. Nous n’avons qu’à nous rappeler les paroles de M. Legault dans le conflit de Bécancour et celles, plus récentes, de la ministre Andrée Laforest, qui déclare que pour être compétitifs, nous devrions accepter les conditions des travailleurs chinois au Québec.

Nous avons dû nous battre des décennies pour avoir ces conditions tout en gardant à l’esprit qu’il ne fallait pas dépasser la capacité de payer de nos employeurs. C’est en réussissant ce tour de force que nous avons engendré de la richesse dans notre région.

Pour vous, Madame la Ministre, il serait préférable de devenir le leader de cette région, capable de lever le ton face à des arguments qui ne tiennent pas la route comme le prix de l’aluminium qui est, selon M. Marc-Urbain Proulx, au-dessus de la tendance au sein de cette industrie.

Si vous n’agissez pas de la sorte comme ministre des Affaires municipales et de l’Habitation, c’est que vous n’êtes pas à votre place.

Et si vous êtes offusquée parce que de simples travailleurs d’usine ont su se négocier des conditions salariales leur permettant d’aller manger dans les mêmes restaurants que vous, dites-vous bien qu’ils n’ont pas à s’en excuser.

Raynald Lapointe

Alma