Le ministre Denis Lebel.

La péréquation

La dépendance à la péréquation (du Québec) dont a fait mention le ministre Denis Lebel dans cette tribune dernièrement n'est pas seulement due à la volonté du gouvernement provincial. C'est aussi en partie la volonté d'un peuple qui veut se doter de programmes sociaux et partager sa richesse, et non seulement une question de prospérité. Voici ce qu'est la péréquation : «La péréquation est le programme de transfert du gouvernement du Canada qui traite des disparités fiscales entre les provinces. Les paiements de péréquation permettent aux gouvernements provinciaux moins prospères de fournir à leurs résidants des services publics sensiblement comparables à ceux d'autres provinces, à des taux d'imposition sensiblement comparables.»
Il y a quatre grands programmes de transfert : le Transfert canadien en matière de santé (TCS), le Transfert canadien en matière de programmes sociaux (TCPS), la péréquation et la formule de financement des territoires (FFT) ».
La main gauche de Denis Lebel ignore-t-elle ce que sa main droite fait? Puisque si le Québec s'est appauvri, il en est à mon sens un des responsables puisque dans la période de 2012 à 2016 les conservateurs auront coupé 28 700 emplois dans la fonction publique au Canada. Il est admis que la perte d'un emploi dans le secteur public se traduit par la perte de deux emplois dans le secteur privé, donc environ 57 400 pertes d'emplois au pays. Là où le bât blesse, c'est que les Canadiens ont perdu plusieurs services nécessaires dans plusieurs domaines, notamment dans la sécurité et la recherche et le développement. Des coupes à Poste Canada sont à venir. Et cela ne donne aucune baisse d'impôt.
Bien entendu les conservateurs se vantent d'avoir créé des emplois, des emplois au salaire minimum et sûrement pas syndiqués puisqu'ils adoptent toutes sortes de lois plutôt antisyndicales. Je suis cependant d'accord en partie avec lui quant à l'exploitation de nos richesses naturelles. Mais jusqu'où devons-nous «donner» celles-ci pour créer des emplois par essence temporaires? Et payer pour la note du nettoyage lorsque ces compagnies auront rempli leurs coffres. Quelle est donc cette stratégie de développement responsable des ressources dont parle M. Lebel? Est-ce que l'exploitation des sables bitumineux en est un exemple? Si tel est le cas on a du chemin à faire...
Je suis sur le marché du travail depuis que j'ai 17 ans et j'ai toujours eu du travail. De me laisser sous-entendre que je suis une «sangsue» économique, que je n'ai pas de fierté...
M. Lebel, vous n'avez pas compris les Québécois, vous semblez honteux de réclamer nos droits à la péréquation. Devriez-vous démissionner?
Denis Lalancette
Chicoutimi