La pensée libre et libérée n’est point esclavage

OPINION / En réaction à la chronique de Sébastien Lévesque intitulée « Les dissidents » et publiée dans notre édition du 25 novembre.

Monsieur Lévesque,

Un grand merci pour votre article pour une plus grande attention et écoute envers les dissidents de tous niveaux, quels qu’ils soient. Peu importe où, leur appartenance ou idéologie. On devrait leur accorder, sinon notre adhésion, du moins notre attention, pour plusieurs raisons.

Contrairement aux médias électroniques comme les « nouvelles continues » et GAFA (Facebook, Instagram, etc.), les dissidents ou libres-penseurs deviennent des étincelles dans le noir, des allumeurs de réflexions et, finalement, des lanceurs d’alertes dans nos communautés subtilement ankylosées par la culture populaire « tout dit, tout pensé ».

Mais la pensée libre et libérée n’est point esclavage ni soumission à ces courants de la diffusion standardisée des médias populaires et populistes. Comme toute conviction, la parole libre et libérée ne saurait se faire pensée « fast-food », ou celle du « précuit », voire du tout prêt, qui reste tellement facile et accessible à quiconque.

La pensée, en effet, naît généralement d’une observation lente et attentive, qui débouche ensuite sur une réflexion... pour se poser enfin sur un jugement valide, un constat final. Voilà la mécanique du cerveau humain...

Ce processus méthodique et raffiné n’est déjà plus celui de la nouvelle instantanée des médias qui, eux, visionnent plutôt des faits bruts ou décrivent des acteurs tels qu’ils leur apparaissent. Cette manière de voir et de rapporter se révèle bien loin de la réalité exacte...prétendument bien et objectivement perçue.

Alors, laissons-les entrer dans notre enclos collectif, tolérons ces visages a priori bourrus qui ne peuvent masquer leur colère, indignation et dignité. Accordons-leur même une place publique, pour allumer nos consciences endormies et secouer notre raison devenue paresseuse, devant notre aveuglement collectif.

Yvon Côté

Ancien député de la circonscription fédérale de Richmond-Wolfe (1988-93)

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QUESTION POUR GAUDREAULT

À l’époque où je militais activement aux côtés de Marc-André Bédard dans Chicoutimi, j’ai vu arriver deux jeunes militants, soient Stéphane Bédard et son grand ami Sylvain Gaudreault. Ce dernier nous apprend aujourd’hui qu’il souhaite devenir chef du Parti québécois (PQ).

Il faut dire qu’il a fait beaucoup de chemin, depuis cette époque. Je ne remets pas en question ses qualités, qui peuvent l’amener à ce poste, mais ça m’a amené à me poser une question.

En octobre 2015, j’avais dénoncé publiquement le geste de Pierre Karl Péladeau, fraîchement élu chef, d’avoir remercié cavalièrement Stéphane Bédard de ses services comme intérimaire.

En retour, je reçois un appel téléphonique de Sylvain Gaudreault, député de Jonquière, à peine sorti de l’hôpital, qui me suggérait à mots couverts de me taire pour la cause, qu’il disait, sachant très bien que c’était pour sa job de député.

Même Bernard Landry m’a déjà proposé quelque chose de similaire, mais cette fois, pas à mots couverts.

Je vais donc poser ma question à Sylvain, s’il est élu chef du PQ et qu’il reçoit un jour une critique sur les gestes qu’il posera, ceci de la part d’un ancien militant souverainiste. Quelle suggestion claire fera-t-il à cette personne ?

Yvon Lavoie

Granby