La nécessité du gaz naturel

OPINIONS / Très instructif de lire les répliques virulentes, teintées de mépris et frisant les attaques personnelles, diffusées après que GNL Québec ait « osé » s’inviter dans cette page du lecteur de notre journal régional samedi dernier…

L’argumentaire ne vole pas à la hauteur de l’importance du débat pour la planète et la région. Pas un mot, en effet, sur le cœur de l’enjeu : le gaz naturel est nécessaire dans le monde et il là pour rester pour plusieurs décennies à venir.

J’ai déjà écrit, une fois, dans cette page, il y a plusieurs mois, pour inviter les lecteurs à faire des recherches sur le dossier et à se méfier du discours dominant où tout est noir ou blanc. En effet, dès que l’on se documente de manière approfondie et avec un esprit ouvert, on découvre que le gaz naturel est une énergie fossile, oui, mais qui est cruciale et le restera.

Donc, oui, on peut « abattre » le projet de GNL Québec, mais cela ne changera rien à la réalité : ça va prendre du gaz naturel quand même sur la planète, en grande quantité, et d’autres projets ailleurs vont se charger de répondre à cette demande.

Rendu là, et c’est un fait quand on analyse froidement cette industrie, c’est clair que ces autres projets ne seront pas aussi performants sur le plan environnemental que le projet Énergie Saguenay, et surtout, que ces projets n’auront pas d’impact positif sur notre économie moribonde.

Bref, pas de GNL Québec, cela donne une région doublement perdante : davantage de GES dans le monde et pas de retombées économiques ici… C’est bien pour dire : on se ferait doublement avoir.

Pas un mot non plus, dans toutes ces répliques, sur des faits incontestables comme la montée en puissance, partout dans le monde, du gaz naturel liquéfié (GNL) comme carburant du transport maritime, un moyen concret de l’Organisation maritime internationale pour réduire la pollution de l’air et les émissions de gaz à effet de serre. Rien non plus sur la tendance similaire dans le transport routier lourd au GNL, une tendance très forte en Europe. Rien non plus sur le rôle du gaz naturel dans la lutte au charbon et sur son alliance avec les énergies solaires et éoliennes. C’est pourtant bien documenté, notamment dans des publications officielles de la Commission européenne. Encore rien sur le fait que le gaz naturel est une énergie industrielle incontournable qui sert par exemple à produire de l’acier à la place du charbon à travers le monde… Même pas besoin de notes de bas de page, c’est très facile à trouver…

Je pense collectivement qu’il faut être clair et se dire les « vraies affaires ». Le gaz naturel est une énergie fossile. Elle n’est pas parfaite, loin de là. Mais les faits démontrent que gaz naturel représente une étape dans la transition et que son utilisation et sa production, dans le cadre de projets bien conçus et responsables, représentent un pas dans la bonne direction. Ce genre de projets, d’ailleurs, seront sans doute les seuls à réussir à se financer et à se développer ici comme ailleurs, et c’est bien tant mieux.

On peut s’opposer à GNL Québec, mais pas en affirmant que le projet n’a pas de sens sur le plan environnemental ou économique pour notre région et le Québec. L’opposition est plutôt politique ou idéologique, ou opportuniste parce qu’elle entraîne de la belle visibilité dans les médias. Mais ça, c’est un autre débat.

Dans ce contexte, je préfère avoir ici un projet environnementalement sérieux et économiquement positif pour notre région que de voir les autres pays s’enrichir à nos dépens. Et j’invite GNL Québec à s’engager dans le gaz naturel renouvelable afin de préparer le terrain pour accélérer encore plus les gains en gaz à effet de serre et la sortie du gaz fossile, ce qui sera d’autant plus positif pour la région à long terme.

Christian Tremblay

Chicoutimi