La Malbaie : à faire rêver debout !

OPINION / Les yeux du monde entier ont été rivés sur La Malbaie dans le cadre du G7 qui s’y est déroulé les 8 et 9 juin. Petite ville de 8275 âmes prise d’assaut par des mesures de sécurité, La Malbaie a été – si on peut dire – l’ombre d’elle-même dans les circonstances.

Car bien entendu, La Malbaie c’est bien plus que l’image projetée lors du G7. Alors, n’oublions pas La Malbaie et sa superbe ! La Malbaie et ses attraits touristiques qui en font un des plus beaux coins du pays à visiter.

J’ai eu l’occasion d’aller à maintes reprises à La Malbaie, qui est sise au cœur de la majestueuse région de Charlevoix. J’ai foulé son sol en tant que touriste et plus tard en tant que travailleur. Pour moi, La Malbaie et Baie-Saint-Paul, l’autre capitale de Charlevoix — si je puis dire — se complètent. La première jouit d’un panorama unique sur le fleuve Saint-Laurent, qui frise l’enchantement, et la deuxième nous plonge dans un monde où culture et histoire ne font qu’un. De très grands peintres y ont œuvré, inspirés par ses paysages ensorcelants de beauté.

Ainsi donc, si vous arrivez de Québec, il est tout désigné de s’arrêter à Baie-Saint-Paul quelques heures, question de visiter des galeries de peintres et d’aller à la rencontre de sa baie au bout du vieux quai, là où, en 1979, je n’avais aperçu nul autre que le jeune Guy Laliberté sur des échasses qui s’adonnait à la jonglerie. Quelques années plus tard, c’est là, à Baie-Saint-Paul, que le Cirque du Soleil fut fondé.

Et si vous ne dormez pas le soir même dans un des nombreux petits gîtes ou hôtels de Baie-Saint-Paul, vous pouvez continuer votre route vers La Malbaie qui se trouve à 45 minutes et de préférence en passant par Les Éboulements, question d’avoir une vue imprenable sur le fleuve une bonne partie du trajet.

En arrivant à La Malbaie – allez hop ! –, direction Pointe-au-Pic sur le chemin du Quai qui longe sur un bon deux kilomètres le Saint-Laurent jusqu’au port de la ville.

Arrêtez-vous et faites le plein visuel. Car là tout n’est que grâce, beauté, calme et volupté. Un havre de paix ! Et si vous avez le goût d’un dépaysement total, préparez vos chaussures d’escalades et allez visiter les hautes gorges à quelques kilomètres du centre-ville, qui vous donneront le goût de grimper dans les nuages et de chanter comme Jean-Pierre Ferland dans Un peu plus haut, un peu plus loin : « C’est beau ! C’est beau ! ... Si tu voyais le monde au fond, là-bas. »

Et voyant le soir tomber, pourquoi ne pas retourner à Point-au-Pic pour y admirer un des plus beaux couchers de soleil en terre québécoise qui vous sera donné de voir ?

Puis, allez faire une belle marche sur la rue Richelieu, là où se trouvent des maisons patrimoniales et des restaurants qui font de La Malbaie un des hauts lieux de la gastronomie québécoise. Et habituellement, en été, en fin de soirée, l’air y est frais et le ciel étoilé.

Je vous le dis sans réserve, La Malbaie vous fera rêver debout.

Yvan Giguère

Saguenay

En avoir pour notre argent avec le Fonds vert

OPINION / Depuis plusieurs années, les consommateurs d’énergie et les entreprises contribuent à un important fonds, le Fonds vert, ayant pour objectif de financer des initiatives qui doivent nous permettre de réduire significativement nos émissions de gaz à effet de serre (GES) et ainsi atteindre les cibles audacieuses fixées par le gouvernement du Québec.

La transition énergétique au Québec repose sur deux outils fondamentaux : le Plan d’action sur les changements climatiques (PACC), qui a notamment créé le Fonds vert en 2006, et le Système de plafonnement et d’échange des droits d’émissions (SPEDE), appelé communément la bourse du carbone, qui fournit au Fonds vert la grande majorité de ses ressources financières.

Force est de constater que ces outils, qui sont des éléments essentiels du coffre permettant au Québec de lutter contre les changements climatiques, n’ont pas été à la hauteur des attentes, que ce soit pour contribuer efficacement à l’atteinte des cibles ou permettre à un plus grand nombre d’entreprises d’accélérer le rythme en cette matière.

Le dépôt prochain du premier plan directeur de Transition énergétique Québec (TEQ) offre une occasion de cibler les conditions gagnantes pour améliorer la performance et l’efficacité des mesures mises en place.

À ce titre, il est pour le moins déconcertant de savoir que plus d’un milliard de dollars sont disponibles, alors que les besoins sont grands et que nos cibles sont loin d’être atteintes. Une première condition gagnante serait donc, tout en préservant les montants dédiés au transport collectif, de réallouer ces sommes colossales vers des programmes qui réduisent au maximum les émissions de gaz à effet de serre (GES), et ce, avec le meilleur coût possible en $/tonne de GES évitée. L’utilisation systématique de cet indicateur de performance, pourtant simple, permettrait de comparer la performance des programmes et de mieux cibler ceux qui nous en offrent plus pour notre argent. Ce n’est malheureusement pas le cas actuellement.

Tristement, le Fonds vert n’atteint qu’environ 20 % de ses cibles depuis 2006 et de ce constat émerge une seconde condition gagnante : augmenter l’imputabilité des ministères et organismes responsables des programmes grâce à des évaluations régulières et indépendantes. En confiant l’évaluation à une tierce partie et en rendant les rapports publics, une feuille de route permettant des améliorations continues pourrait être implantée. Le gouvernement pourrait ainsi s’inspirer de l’approche mise en place par la Régie de l’énergie envers les distributeurs, qui doivent faire évaluer leurs programmes d’efficacité énergétique par une tierce partie et publier des rapports d’amélioration externes.

Enfin, une troisième condition gagnante serait de recentrer le choix des mesures et des programmes pour se concentrer sur l’essentiel, c’est-à-dire ceux qui permettront de maximiser la réduction des émissions de GES. La FCCQ a recensé plus de 170 initiatives financées par le Fonds vert, dont plus des deux tiers ne permettront vraisemblablement pas des réductions significatives d’émissions à court et moyen termes.

Pour financer ses mesures de réduction de GES, le Québec s’est doté d’une importante cagnotte qui découle d’un effort financier important consenti par les consommateurs et les entreprises. On sait que la transition énergétique que nous devrons réaliser au cours des prochaines années demandera d’autres efforts et c’est pourquoi il faut améliorer notre façon de faire : mieux choisir nos programmes, mieux en mesurer les résultats, et ce, pour mieux réduire notre empreinte de carbone. La nécessité n’est plus à démontrer, l’opportunité d’en faire un vecteur de développement économique est à saisir, mais tout cela dans un contexte où il faut demeurer réaliste et assurer la compétitivité des entreprises québécoises.

Stéphane Forget, MBA

Président-directeur général

Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ)