La main-d'oeuvre dès le départ 

OPINIONS / M. St-Hilaire,J'ai lu et relu avec attention vos articles se rattachant aux Serres Toundra.
Je suis en grande partie en accord avec vous. Cependant, pour résoudre un problème semblable, il ne faut pas seulement regarder le présent dans ce dossier. Nous nous devons aussi de vérifier, ce qui n'a pas été fait, mais qui aurait dû être fait.
Les investisseurs dans ce dossier ont misé beaucoup d'argent afin de s'assurer d'avoir la meilleure technologie au monde pour faire pousser des concombres dans une région nordique. Cependant, ils n'ont pas vérifié s'ils possédaient la main-d'oeuvre compétente et nécessaire pour les cueillir.
Cette situation n'est pas unique aux Serres Toundras. Notre région n'est pas compétente dans l'analyse des besoins en ressources humaines et les futurs employeurs n'ont pas nécessairement le réflexe de s'attarder aux besoins éventuels de leur main-d'oeuvre.
Notre région est depuis des décennies habituée à travailler pour la grande entreprise, qui, pour elle ce problème est derrière elle. Elle connaît déjà ses besoins pour dans 15 ans et ce qu'elle devra faire pour s'adapter.
Cependant, si notre région veut se diversifier et créer plusieurs petites entreprises, il faut qu'elle soit consciente que la main-d'oeuvre est un incontournable à la réussite. Il faut donc selon moi qu'elle se dote d'un service d'aide en ressources humaines.
Ce service d'aide devrait être présent au moment de la création d'une entreprise pour analyser les vrais besoins en ressources humaines nécessaires à son fonctionnement à long terme. Il faut que ce service d'aide explique aux actionnaires quelles sont les différentes étapes à prévoir avec la main-d'oeuvre et que ce service reste présent, accessible, abordable et disponible aux besoins.
Ce groupe de travail composé de différents intervenants de la région ferait sauver à notre région, aux actionnaires, aux employés et aux gouvernements beaucoup de temps et d'argent. Sa mission première ne serait pas de faire de l'ingérence dans les entreprises, mais de les accompagner dans leurs développements. Nos gouvernements avant d'y investir notre argent devraient s'assurer que cette étape soit franchie.
En exemple aux Serres Toundra, le dossier de la main-d'oeuvre aurait dû évoluer parallèlement avec la croissance des concombres et même la précéder.
Notre main-d'oeuvre régionale est reconnue partout au pays et même plus. Reste maintenant aux futurs employeurs à prouver qu'eux aussi sont les meilleurs.
Raynald Lapointe
Ancien président du Syndicat national des travailleurs et travailleuses des pâtes et papiers d'Alma (CSN)