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La ligne de parti avant tout

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / Quand j’ai lu la nouvelle provenant des journalistes du Quotidien, Myriam Gauthier et Louis Tremblay, à l’effet que le ministère des Transports du Québec reportait la fin des travaux sur le pont Dubuc au plus tôt dans un an, je me suis mis à grincer des dents. À mon humble avis, le poids politique d’une région comme la nôtre, acquis au parti au pouvoir à Québec, a quelque chose à y voir. Une région qui a peu d’influence aux yeux de ceux et celles qui décident à Québec.

Par Marcel Lapointe, Jonquière

De cette décision, on n’a pas entendu un mot de la part de la ministre qui devrait se porter à la défense des intérêts de la région, Andrée Laforest. C’est quand même bizarre, ce silence venant de celle qui dit se préoccuper de la veuve et de l’orphelin; qui est toujours prompte à apparaître sur le radar pour annoncer ceci, promouvoir cela, se désoler devant un drame; pour vanter les mérites de son gouvernement. Bref, on ne l’a ni vue ni entendue réagir. Aucun commentaire sur cette décision qui doit en révolter plus d’un sur les rives du Saguenay.

Et pourtant, ce n’est quand même pas rien pour nous, Saguenéens. La réfection du pont Dubuc, une infrastructure désuète que l’on abandonne en cours de route, comme si c’était du menu fretin parce que c’est en région ? Une région assujettie au caquisme qui ne pose pas de problème pour la réélection de ses quatre députés en 2022. Juste le bon moment de rouvrir le chantier du pont...

Il y a eu d’abord le tronçon Saint-Bruno-Hébertville de l’autoroute de l’Aluminium qu’on a remis aux calendes grecques sous prétexte d’études complémentaires. Et puis, la réfection du pont Dubuc qu’on laisse en plan, comme si cela n’était pas prioritaire pour les usagers de la région.

Le REM à Montréal, le tramway et le troisième lien à Québec: voilà des priorités bien plus rentables politiquement. Sans parler du ministère de la Faune et de la Forêt qui applique une coupure de 50 millions qu’il fait odieusement porter sur le dos d’un changement de comptabilisation.

Vous me direz qu’il est naïf de penser que le poids d’une région a beaucoup d’influence à Québec, entre deux élections. C’est pourquoi, chaque fois qu’on en débat, je prône ardemment que soit changée la façon d’élire nos députés pour que la voix de l’opposition porte au-delà des frontières de l’Assemblée nationale à Québec.

Ce gouvernement, comme d’autres l’ont fait avant lui, fait miroiter à l’électorat une réforme du mode de scrutin, parce qu’il s’agit d’une promesse électorale de la CAQ aux dernières élections.

Cependant, à le voir s’esquinter à esquiver la question, je subodore qu’il les imitera pour tuer dans l’oeuf un changement tant espéré par le peuple: le vote qui compte vraiment.