La laïcité

OPINION / Au moment où le gouvernement Legault doit présenter son projet de loi sur la laïcité, il est bon d’y réfléchir. Il est bien entendu que le tout ne doit concerner que l’espace public. Les écoles, les tribunaux, les corps policiers, l’armée. Il n’y a pas de place dans toute la fonction publique y compris l’éducation aux niveaux primaire et secondaire pour tout signe religieux ostentatoire. Quand je parle d’éducation, je ne parle pas d’enseignement aux niveaux supérieurs comme le cégep ou l’université. À ces niveaux, les étudiants adultes ont pu se faire une opinion et ne risquent pas d’être influencés par les signes que portent les enseignants. On a enlevé les crucifix des écoles. Les religieuses et religieux catholiques ne portent plus de croix fortement visible à la ceinture ou au cou. Ceci, il me semble, correspond aux vœux de la nette majorité de la population québécoise.

Pourquoi à l’heure actuelle ne voit-on que les musulmans ou les musulmanes portant le hijab, ce symbole de la soumission des femmes aux hommes, s’opposer avec véhémence à ces règles, appuyés en ce sens par quelques bien-pensants de la société et particulièrement ceux du Parti libéral du Québec et de Québec solidaire qui possèdent, on le sait, le monopole de la vertu. Attendez aussi de voir la campagne déjà entreprise et qui va s’accentuer de notre société d’État, Radio-Canada. On va encore voir le défilé des belles petites musulmanes avec un si beau voile qu’elles portent par choix et qui risquent de perdre leur emploi à cause des méchants islamophobes. Mais si elles portent ce voile par choix, elles peuvent en faire un autre. Elles peuvent faire le choix de l’enlever au travail dans la fonction publique et le remettre en toute autre circonstance. Quant à celles qui le portent par imposition de leur communauté, elles devront comprendre et leur communauté devra aussi comprendre que la société québécoise ne peut tolérer un signe démontrant la soumission et l’infériorité de la femme par rapport à l’homme.

Si nous voulons que le principe de la laïcité de l’État ne soit pas interprété comme favorisant une religion au détriment de toutes les autres, il faut absolument que le crucifix soit enlevé du Salon bleu de l’Assemblée nationale. C’est un symbole de soumission de l’État à l’Église catholique inséré à cet endroit en 1936 par un gouvernement dont le premier ministre se vantait d’une promiscuité avec le clergé. Peut-on dans ce cas parler de patrimoine ? J’en doute, et si c’est le cas, pourquoi ne pas le déplacer à un autre endroit moins symbolique que la salle de délibération de l’Assemblée nationale ? Il me semble que ce serait là un bel argument pour inciter tous les tenants des religions à suivre les règles de la laïcité de l’État. Il en est de même pour les salles de Cour où ce symbole trône parfois encore.

Certains démagogues parlent de faire disparaître tous les signes religieux de l’espace public. La croix du mont Royal, les croix de chemin dans les campagnes. C’est du délire. Pourquoi ne pas raser les églises tant qu’à y être et débaptiser toutes les villes et autres municipalités portant un nom de Saint ? Ça, c’est du patrimoine. Comme les synagogues, les mosquées et autres temples. Il faut les préserver à tout prix, les conserver, les entretenir.

Cette forme de laïcité est la seule qui assurera la paix publique.

Gabriel Dallaire

Chicoutimi

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CLAIR ET CONCIS

OPINION / En réaction à la chronique de Sébastien Lévesque publiée le 18 février et intitulée « La science et nous ».

Bonjour Monsieur Lévesque,

Je vous félicite pour votre chronique La science et nous. Je n’ai jamais lu un écrit aussi clair, concis et juste sur la place de la science dans notre vie. Tout y est dit sans se perdre dans de quelconques élucubrations. À l’époque de la pensée grégaire propagée sur la Toile, votre propos est un vent de fraîcheur.

J’espère que vous en transmettrez une copie à notre ministre de l’Éducation.

Merci encore et bonne journée,

Jean-Loup Robert

Professeur à la retraite

Québec