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La justice climatique: un enjeu féministe !

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Le Quotidien
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OPINION / La Marche mondiale des femmes (MMF) a lieu tous les cinq ans, la plus récente édition étant celle de 2020. Malgré l’annulation de la marche cette année, différentes activités ont eu lieu et sont à prévoir. La Coordination du Québec de la MMF a choisi la date du 24 avril pour sa revendication sur la justice climatique, puisque c’est celle de l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh.

Le 24 avril 2013, une usine de huit étages qui abritait des ateliers de confection de vêtements s’est effondrée, enlevant la vie à 1138 personnes et en blessant plus de 2000 sur les 5000 qui y travaillaient, dont la majorité était des femmes.

Cette date est donc directement en lien avec la justice climatique, car les femmes sont majoritaires dans l’industrie textile et cette dernière est la seconde industrie la plus polluante au monde.

La justice climatique a évidemment une dimension environnementale. L’augmentation actuelle de température de 1 °C fait déjà des ravages sur notre planète : sécheresses, inondations, chaleurs extrêmes, contamination, perte massive d’habitats naturels, etc. Il y a également une cause sociale, soit la distribution inégale des ressources et des pouvoirs dans le monde.

Les causes en amont de ces problèmes : la production de masse et la surconsommation. Ainsi, la justice climatique inclut la dimension climatique, mais la partie essentielle est la façon avec laquelle cette dimension s’entremêle avec les injustices sociales et économiques vécues dans le monde.

Ce contexte génère des conséquences au sein de certaines communautés, plus particulièrement celles qui ne sont pas responsables du réchauffement telles que les pays du Sud et les populations plus pauvres du Nord.

L’approche féministe aborde les changements climatiques comme un problème social complexe, à travers une analyse intersectionnelle des relations de pouvoir inégales. Autrement dit, une analyse basée sur le genre, le statut socio-économique, la race, l’origine ethnique, la nationalité, les conditions de santé physique ou mentale, l’orientation sexuelle, l’âge, etc. Celle-ci a pour but d’agir sur « les causes profondes des inégalités, la transformation des rapports de pouvoir et la promotion des droits des femmes ».

Les femmes et les groupes sociaux les plus vulnérables sont touchés de façon démesurée par les effets des changements climatiques. Par exemple, lorsqu’il y a une catastrophe naturelle, le risque de décès est 14 fois plus élevé chez les femmes et les enfants que chez les hommes. De plus, pendant les déplacements causés par les événements climatiques extrêmes, le risque d’agressions sexuelles et de violence pour les femmes et les enfants augmentent.

Toutefois, les femmes ne sont pas seulement des victimes des changements climatiques, elles sont aussi des actrices de changements qui amènent de nouvelles solutions. Pour jouer un rôle crucial dans la lutte aux changements climatiques, elles doivent être mieux représentées à toutes les étapes décisionnelles. Elles sont avant-gardistes dans leurs stratégies d’adaptation, plus particulièrement les femmes autochtones, puisqu’elles ont un savoir et une culture approfondis de leur environnement, ce qui est un atout clé dans cette lutte.

Que faire, alors, lorsque les gouvernements n’agissent pas ? C’est à nous d’exiger qu’ils le fassent.

Elisabeth Fortin, Claudia Côté et Marianne Mercier

Comité régional de la Marche mondiale des femmes au Saguenay-Lac-Saint-Jean