La grande ballade de John et Yoko

OPINION / Le 26 mai, on soulignera le 50e anniversaire du fameux bed in pour la paix de John Lennon et de Yoko Ono, qui s’est tenu en 1969 au Reine Élizabeth de Montréal. J’étais enfant et je me souviens encore d’avoir vu à la télévision la silhouette élancée d’un grand barbu aux lunettes rondes et aux cheveux longs, accompagné d’une femme asiatique aux cheveux très noirs ; tous les deux assis dans le lit d’un hôtel, revêtus de leur pyjama blanc.

Ce qui m’a grandement étonné est le fait qu’il y avait plein de gens autour d’eux, venus à leur rencontre pour les voir et les écouter parler. Je me souviens avoir demandé à mes parents : « Mais de quoi ils parlent ? » Ma mère m’a répondu : « De paix et d’amour, mon garçon. » Puis, je vis le grand barbu empoigner une guitare et entonner une chanson en anglais, et ce fut la fin du reportage sur notre petit téléviseur noir et blanc.

Plus tard, à 17 ans, j’étais devenu ce qu’on appelle un Beatlemaniaque , même si les Beatles étaient déjà séparés depuis 1970. Je vivais donc la Beatlemania en retard.

Et je compris que Give Peace a Chance avait été composée lors du fameux bed in. La chanson ne figure pas dans le répertoire des Beatles, mais elle fut composée par Lennon avant la séparation du groupe et devint la première chanson de sa carrière solo.

Et je saisis encore plus le sens de la chanson The Ballad of John and Yoko, qui raconte leur mésaventure de 1969, cherchant à trouver un lieu pour se marier et décrivant leur périple en faveur de la paix, en effectuant leur premier bed in à Amsterdam, se heurtant à l’incompréhension des journalistes et du public d’alors.

Mais le deuxième bed in pour la paix du couple Lennon-Ono, à Montréal, a reçu une grande couverture médiatique et en a fait un événement mondial devenu mythique.

Quand on regarde les images d’archives s’y rattachant, on y voit un couple heureux, investi complètement dans sa mission de messager de la paix. On y voit un auteur-compositeur de chansons, libéré de l’industrie du disque et de ses chaînes de chanteur populaire, s’exécuter à la guitare et écrire les paroles d’une chanson de paix sur de grands cartons en demandant aux gens, rassemblés autour de son lit, de chanter avec lui ses paroles.

Ce bed in a donc été l’occasion de voir à l’oeuvre un homme de paix, mais aussi un grand parolier de son temps, doublé d’un grand humanitaire ayant trouvé la voie de l’amour avec sa conjointe Yoko Ono.

Lennon dira quelques années plus tard – avant qu’il décède tragiquement à 40 ans, le 8 décembre 1980 – que ce qu’il souhaitait être reconnu d’abord et avant tout tel un messager de paix. Mais à mes yeux, il demeurera surtout, et à jamais, l’un des plus grands auteurs de son époque.

Puis, il aura réussi à mettre son talent au service de la paix, espérant un monde meilleur. D’ailleurs, sa chanson Imagine, parue en 1971, deviendra un hymne universel de paix et son legs le plus poignant, toujours bien actuel en 2019. Pour moi, cette chanson demeure l’une des plus grandes de tous les temps.

Et c’est en lisant un recueil de poèmes de sa conjointe, Yoko Ono, que Lennon avoua avoir trouvé l’inspiration pour écrire Imagine. Ça en dit long sur l’osmose et le lien amoureux et artistique qui unissait ces deux icônes. Leur balade d’amour et de paix restera longtemps gravée dans la mémoire collective de notre monde.

Yvan Giguère

Saguenay

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LA MÉMOIRE COURTE

J’ai pris connaissance de l’opinion du député Sylvain Gaudreault sur le projet GNL Québec. Monsieur Gaudreault, vous semblez avoir oublié votre court passage au pouvoir de 18 mois.

Où étiez-vous lorsque la première ministre Pauline Marois a lancé son projet de cimenterie à Port-Daniel, en Gaspésie ? Sans aucune étude de marché... Les trois autres usines au Québec fonctionnaient à peine, 30 % tout au plus. Et l’étude environnementale ? Qu’en est-il de cette usine aujourd’hui, une usine qui vaut à peine plus de 500 millions $, alors qu’elle nous en a coûté 1,5 milliard $ ?

Le projet GNL Québec est beaucoup moins polluant que votre poudre à ciment. Il est vrai par contre qu’une usine qui ne fonctionne presque pas ne pollue pas beaucoup !

Et le Saguenay, lorsqu’il n’y aura plus que du foin à manger, y serez-vous encore ? Et pourquoi vouloir sauver la planète alors que nos voisins ontariens produisent de l’énergie avec du charbon ? Et les aciéries du côté de Pittsburgh, elles y pensent à l’environnement ?

L’environnement, c’est un effort collectif ; pas uniquement au Québec, mais partout.

Juste une petite réflexion, Monsieur.

Gérard Deschênes

Chicoutimi