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La forêt : l’or vert ignoré du Québec

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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L’auteur de cette lettre est Charles-Philippe Mimeault Laflamme, président de l’Association des entrepreneurs en travaux sylvicoles du Québec

Monsieur le Premier Ministre,

Vous n’êtes pas sans savoir que les forêts sont présentes dans toutes les régions du Québec et sont un actif environnemental important tout en contribuant au milieu de vie de plusieurs milliers de travailleurs, villégiateurs, pêcheurs, chasseurs, randonneurs et amants de la nature.

Les superficies forestières du Québec représentent un potentiel énorme et un outil formidable pour lutter contre les changements climatiques, créer des produits et de l’énergie verte provenant d’une source renouvelable. Les produits du bois séquestrent le carbone et peuvent se substituer à des produits comme le pétrole, le plastique, l’acier et le béton, des produits non renouvelables ayant des impacts environnementaux importants.

Comment réaliser ce potentiel ? En reconnaissant que la sylviculture est un investissement rentable répondant aux impératifs du développement durable tout en augmentant le rendement des forêts. Produire plus sur la même superficie permettra d’autres usages sur le reste du territoire.

Il ne faut pas juste faire plus, il faut faire mieux

Pour cela, il faut se donner des conditions gagnantes et celles-ci passent par une gestion forestière renouvelée.

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) a créé un régime forestier qui entretient la lourdeur administrative, une gestion centralisée offrant peu de prévisibilité, peu de latitude professionnelle et imposant une rigidité normative qui limite la capacité des acteurs régionaux à développer des solutions innovantes et adaptées.

Comme la plupart des personnes aux prises avec une dépendance, ce ministère croit qu’il peut changer seul et sans aide, et il refuse toujours d’entreprendre la première étape vers la guérison : admettre qu’il a un problème.

Ainsi, le MFFP enchaîne, sans aucune cohérence, les annonces. Il veut produire deux fois plus de bois avec sa Stratégie nationale de production de bois, mais il réduit les investissements en sylviculture. Pourtant, l’un ne va pas sans l’autre. Il dépose un plan pour favoriser l’économie verte, ayant pour ambition de devenir un leader en la matière. En contrepartie, il ne semble pas voir le potentiel énorme que représente la forêt. Imaginez le Québec roulant avec du biocarburant.

Investir collectivement dans l’avenir

Il est primordial d’avoir une vision claire qui reconnaît, comme la majorité des intervenants socio-économiques et environnementaux, que l’aménagement durable des forêts passe par une gestion performante, décentralisée, flexible et inclusive.

Nous avons l’expertise, une sylviculture performante, un territoire forestier immense et des intervenants impliqués dans toutes les régions. Nous possédons les ingrédients pour que la forêt joue un rôle de premier plan dans la relance économique, la protection de l’environnement et la lutte aux changements climatiques.

Le fait que le gouvernement ne se donne pas les moyens de ses ambitions environnementales inquiète les forestiers. Si ce désengagement se poursuit, nous risquons de manquer une opportunité unique de faire de nos forêts un pilier de l’économie verte de demain et une fierté pour tous les Québécois.

M. le Premier Ministre, que léguerons-nous aux générations futures?