Bertrand Tremblay

La fin d’une époque

OPINION / Le décès de l’éditorialiste Bertrand Tremblay marque la fin d’une époque.

On ne sait jamais ce que la vie nous réserve alors que mercredi dernier, j’ai eu une pensée pour Bertrand me demandant comment il se portait, sachant qu’il était très malade depuis un certain temps. Voilà que mon cellulaire me lance un message du Quotidien samedi m’annonçant le décès de mon ancien collègue Bertrand à l’âge de 89 ans. 

Le départ de Bertrand marque la fin d’une période riche en actualités pour toutes ces années qu’il a passé à analyser et à jeter un regard critique sur le développement de la région qui s’est traduit dans la page éditoriale du Quotidien et sur d’autres antennes, comme à CKRS Télévision-Radio-Canada, alors que j’étais directeur de l’information. Il a participé ainsi à sa manière à l’évolution du Saguenay–Lac-Saint-Jean et du Québec d’aujourd’hui.

Régionaliste dans son cœur, il n’hésitait pas à prendre la plume pour corriger les maladresses et les bons coups de nos représentants et représentantes au sein des divers paliers de gouvernement. Pour Bertrand, la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean était un pays en soi. Sur le plan politique, il n’était pas souverainiste, mais plutôt un nationaliste centré sur la défense des intérêts supérieurs de la région. Il ne se gênait pas pour faire la leçon et ramener à l’ordre les politiciens (es) de l’extérieur qui claironnaient qu’ « en dehors de Montréal, point de salut ! »

D’autres l’ont évoqué bien avant moi, mais il est important de rappeler la lutte qu’il a menée et gagnée pour la sauvegarde du Centre de recherche et de développement Arvida (CRDA) d’Alcan dans le début des années 70. Il croyait tellement à l’importance cruciale de cette entreprise pour l’essor économique de la région qu’il en a été le chien de garde tout au long de sa carrière journalistique. Après sa retraite du Quotidien, il a fondé avec son frère Laurent la revue Al13 destinée à l’industrie de l’aluminium, toujours dans l’esprit de pérenniser cette industrie si importante pour la région et le Québec. 

Dans les faits, Bertrand Tremblay n’a jamais vraiment pris sa retraite. Il a toujours été un acteur assidu de l’actualité régionale. Je me rappelle qu’au moment où j’occupais la présidence du Cercle de presse du Saguenay, nous avions décidé, les membres de l’exécutif, de lui faire une grande fête régionale pour souligner son immense contribution à la région. Nous avions réussi à réunir plus de 300 invités des milieux sociaux et politiques pour une soirée hommage dans un grand hôtel à Arvida. Maintenant qu’il a quitté les siens et ses amis, cet hommage, il le mérite encore plus aujourd’hui. 

À l’ère des changements technologiques avec la démocratisation de l’information sur différentes plateformes et des « fake news », Bertrand représentera toujours pour moi ce modèle de la rigueur journalistique et de l’homme affable qui a officié presque jusqu’à la fin de sa vie par la réflexion avec un seul objectif : l’avancement de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean. 

Toutes mes condoléances à sa famille. Un grand merci Bertrand pour cette longue contribution à la région. 

Michel Desmeules

Chicoutimi

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À LA MÉMOIRE DE MON AMI

OPINION / J’ai appris avec tristesse le décès de M. Bertrand Tremblay, l’éminent journaliste. D’aussi loin que je me souvienne, sa réflexion et ses écrits ont apporté un éclairage exceptionnel sur les enjeux de la société du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Il s’intéressait particulièrement à l’économie régionale, qu’il a toujours suivie d’une manière très assidue. Il en connaissait les faiblesses aussi bien que les forces. 

Avec sa plume si précise, il en commentait les soubresauts avec pertinence, interpellant les acteurs sans prendre de détours.

Bertrand Tremblay a toujours manifesté un grand intérêt pour l’entreprenariat du Saguenay-Lac-Saint-Jean. 

On pouvait compter sur lui pour mettre en lumière, avec son enthousiasme convaincant, les réussites des entreprises régionales.

En tant que membre de la communauté d’affaires Saguenay-Lac-Saint-Jean, je rends aujourd’hui hommage à M. Bertrand Tremblay et exprime ma vive sympathie à ses proches.

Pierre Bouchard

Président fondateur de STAS

Saguenay