La face cachée de cette saga

OPINION / En réaction à l’éditorial de Marc St-Hilaire intitulé « Sur quelle planète vivons-nous ? » et publié dans notre édition du 31 octobre.

J’aimerais répondre à l’éditorial de Marc St-Hilaire du 31 octobre concernant la situation à Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, car il est certain que nous ne vivons pas sur la même planète, pour reprendre le titre de son texte. J’étais à la rencontre du conseil des commissaires du 29 octobre en compagnie de plusieurs employés de la commission scolaire et je crois qu’il est important de rectifier l’interprétation que fait l’éditorialiste de notre présence à cette rencontre.

Au cours des dernières semaines, j’ai eu l’occasion de rencontrer des centaines d’enseignantes et d’enseignants dans le cadre de la campagne à la présidence du Syndicat de l’enseignement du Saguenay et le dossier Chantale Cyr a fait partie de la très grande majorité des discussions que j’ai eues dans les écoles que j’ai visitées.

L’éditorialiste a raison : Chantale Cyr n’a pas été jugée par un tribunal, c’est la commission scolaire qui l’a été. Cependant, il fait pratiquement consensus parmi les employés de la commission scolaire que Mme Cyr a fait énormément de dégâts lors de son passage à la direction générale. Le tribunal a entendu une partie de l’histoire et les médias en rapportent une partie. C’est la pointe de l’iceberg. La face cachée, c’est ce que beaucoup d’entre nous ont vécu pendant cette période.

Beaucoup d’employés de la commission scolaire sont déçus du jugement, car grand nombre de nos histoires ont été oubliées ou cachées. Beaucoup ont encore peur parce qu’ils ont vécu ou ont été témoins d’un climat de travail plus que difficile. Pour la grande majorité, le retour de Mme Cyr est impossible, car elle en a trop fait.

Est-ce que la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay aurait dû agir autrement dans toute cette histoire ? Probablement. Est-ce que Mme Gagné aurait dû agir autrement dans les circonstances ? Oui, elle n’aurait pas dû utiliser la médecine de Mme Cyr contre l’ex-directrice générale. Est-ce que l’appui donné à Mme Gagné par les employés de la commission scolaire est un appui à l’intimidation et au harcèlement ? Non, absolument pas. C’est un appel à empêcher le retour de Chantale Cyr, à regarder vers l’avenir et, surtout, à nous permettre d’oublier les blessures du passé.

Dans les dossiers d’intimidation et de harcèlement, il y a des victimes. Malheureusement, dans beaucoup de ces dossiers, plusieurs victimes n’osent pas se lever et se défendre. Lors du conseil des commissaires du 29 octobre, ce sont des victimes et des témoins d’intimidation et de harcèlement qui se sont levés pour dire que la situation devait cesser. Il faut s’assurer de connaître toute l’histoire avant de se positionner dans de tels dossiers. Pour un éditorialiste, cela éviterait que des écrits soient perçus comme un encouragement à l’intimidation et au harcèlement, comme beaucoup d’employés de la commission scolaire risquent de le percevoir.

Cela éviterait également de juger sévèrement et sans connaître toute l’histoire des enseignantes et des enseignants qui ont à cœur le développement des élèves qui leur sont confiés.

Marc Gagnon, enseignant

Candidat à la présidence du Syndicat de l’enseignement du Saguenay

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MANOEUVRE PARTISANE

En réaction à l’éditorial de Marc St-Hilaire intitulé « Ouvrons-la, cette boîte de Pandore » et publié dans notre édition du 30 octobre.

En référence à votre éditorial tout à fait à propos du 30 octobre, j’aimerais expliquer les raisons qui nous ont forcés à revenir à contrecœur sur le déroulement des événements de 2002.

Pendant 15 ans, le Mouvement Chicoutimi n’a pas cessé de démontrer à la population que le choix du nom Saguenay était une manœuvre politique partisane qui a conduit à une erreur historique. Cette bévue historique ne pourra être invalidée que par un corps politique municipal bien documenté sur la question et conseillé par une commission indépendante. Ainsi, en 2009, un mémoire transmis au conseil municipal de l’époque a reçu un accueil plus que mitigé chez nos élus ; d’autres demandes (2003, 2008, 2015 et 2017) adressées aux gouvernements provincial et fédéral sont demeurées lettre morte – ou on nous a répondu que cela est du ressort du conseil municipal de Saguenay.

J’ai publié, en 2016, le livre Le toponyme Chicoutimi, une histoire inachevée, de ses origines géologiques à 2002, lequel démontre clairement que le nom Chicoutimi était le nom le plus approprié pour désigner cette ville issue des fusions de sept municipalités. « Le choix du nom a été démocratique » ; voilà la réponse la plus fréquente, de la part de plusieurs médias et de citoyens, à nos interventions basées sur les valeurs historiques et toponymiques respectives des noms Chicoutimi et Saguenay.

Dans notre page publicitaire que vous mentionnez, nous avons voulu démontrer que cette consultation n’avait rien eu de démocratique. Dans ce genre de dossier, une meilleure façon démocratique eut été de former une commission indépendante et d’inviter les citoyens, les organismes socio-économiques et autres organismes compétents en la matière à y déposer un mémoire ou un témoignage expliquant les raisons de leur choix. La commission rend publiques ces interventions et présente ses recommandations au conseil municipal, qui motive sa décision de l’entériner ou non. Normalement, un conseil municipal n’institue pas une commission sans avoir l’intention de respecter ses recommandations. Aucune des autres agglomérations qui ont fait l’objet d’une fusion au Québec n’a opté pour une consultation populaire.

Comme vous l’écrivez si bien, « il faudra, un jour ou l’autre, reprendre cette discussion ». En 2011, votre ancienne collègue Catherine Delisle utilisait le même langage.

Espérons que les élus actuels, plébiscités pour leurs valeurs de justice, d’honnêteté, de transparence et de désir de développement de cette ville, reconnaissent le bien-fondé de rouvrir le dossier.

Toutefois, et c’est bien comme ça, quel que soit le nom de la ville, cela n’empêchera pas les citoyens de vouloir s’identifier au nom de leur ancienne municipalité. Ce que confirment plusieurs sondages que nous avons effectués depuis 16 ans.

Jacques Pelletier

Président du Mouvement Chicoutimi