La danse des milliards

OPINION / Les rêveries politiques d'André Tremblay, parues dans Le Quotidien du mercredi 12 avril 2017, soulèvent bien des doutes et des questionnements... Essayons quand même d'en tirer quelques-uns au clair. Ainsi, dès le départ, M. Tremblay soumet une question plutôt bizarre : « Quelqu'un peut-il me dire si le Québec n'est pas déjà un pays ? » La réponse est tout simplement évidente : non, le Québec n'est pas un pays. Il est tout simplement une province d'un autre pays.
Maintenant, concernant la reconnaissance de la notion de nation québécoise, l'auteur de ces rêveries peut-il nous dire si, dans le contexte politique pancanadien, cette reconnaissance donne une quelconque parcelle de pouvoir supplémentaire au Québec ? Et toujours dans ce contexte politique, peut-on nous dire dans quelle mesure « nos » lois actuelles constituent une protection efficace, entre autres devant la Cour suprême du Canada, concernant notre langue supposément commune (selon la Loi 101), compte tenu de sa vulnérabilité à l'échelle continentale, et de l'importance toute relative dont elle est l'objet à l'extérieur des frontières québécoises ?
Et pourquoi l'auteur sent-il le besoin d'insister sur l'élémentaire importance du commerce interprovincial ? Quelqu'un, chez les souverainistes ou ailleurs, a-t-il mis en doute une telle évidence ? À l'échelle locale, provinciale ou internationale, le commerce n'est-il pas à la disposition de tous ceux et celles qui veulent bien s'y adonner, moyennant le respect des règles établies chez les communautés concernées ? 
À quoi riment aussi les affirmations intempestives voulant que le Bloc québécois soit « mort de sa belle mort » ? D'une part, les résultats des dernières élections fédérales ont démontré le contraire. Si le nombre de votes en faveur du Bloc n'a guère augmenté, celui des sièges remportés n'a-t-il pas triplé ? On est quand même loin de la mort du parti ! Où sont donc les « rêveries politiques » ? 
Dans la même veine, n'est-il pas abusif d'affirmer que le PQ a été « carrément rejeté » aux référendums ? D'abord, ce n'est pas le PQ qui fut rejeté, mais l'option souverainiste. Et ça ne s'est pas fait « carrément », bien loin de là, si on veut considérer les astuces auxquelles le camp du Non s'est livré pour obtenir sa mince victoire au deuxième référendum. De toute évidence, ce « carrément » est littéralement faux. Et une décence élémentaire exigerait qu'il ne soit pas utilisé dans les circonstances. On pourrait même s'attendre à ce que l'ardeur partisane, même débridée, connaisse des retenues et se garde de recourir à des interprétations aussi grossièrement inexactes. 
Ensuite, probablement pour contrer tout adversaire éventuel, donc pour poser en seul détenteur de l'orthodoxie politique, l'affirmation péremptoire stipulant que « les autres partis sont de la foutaise sans argumentaire solide » relève d'une prétention à peine qualifiable. On a tout simplement envie de rire...
Les autres éléments du texte en question sont de la même eau. On constate une fois de plus le recours aux épouvantails chiffrés à outrance parmi les plus farfelus. Évidemment sans que nous soit fournie la moindre référence en appui aux chiffres avancés, on nous jette aux yeux une invraisemblable danse des milliards. Bien sûr, la mirobolante panacée qu'est censée être la péréquation n'y échappe pas. Quant à moi, je crois savoir que nous payons notre part de ce prétendu pactole et que, à part l'Ontario, nous sommes la province qui en reçoit le moins per capita...
Finalement, les rêveries valent peut-être mieux que les mensonges délibérés. 
Laurier Renaud
Saguenay (Jonquière)
Du pain et des jeux
Actuellement, il est beaucoup question de légaliser le cannabis. Le sujet a été lancé par l'éternel adolescent qui lui, a compris que malheureusement nous sommes encore à l'époque du pain et des jeux. C'est probablement un héritage paternel que cet art de faire oublier les vrais problèmes de la société en mettant l'emphase sur la légalisation. 
Bientôt, ce sera le début des festivals qui sont nombreux au Québec et qui permettent la vente de beaucoup d'alcool. Dans un avenir prochain, il sera légal d'y ajouter un ou des petits joints et ce sera l'euphorie. Aussi, il ne faudra pas manquer l'illumination du pont Jacques-Cartier, le préalable aux festivités de Montréal, qui coûteront des millions. J'espère que l'on y accrochera la photo du maire Coderre qui dit manquer d'argent pour les infrastructures de la ville.
C'est connu que les Québécois aiment s'amuser, mais quand viendra septembre, ils critiqueront fortement les frais de garderie ou des fournitures scolaires pour leurs enfants. J'entends encore M. Lévesque dire qu'il ne pensait jamais être aussi fier d'être Québécois. Quarante ans plus tard, je ne suis pas sûr qu'il répéterait cette phrase passée à l'histoire.
Yvon Lavoie
Granby