La COVID-19, relativisons

OPINION / Au Québec comme ailleurs, depuis le début de 2020, il n’y a qu’un problème, qu’un sujet de discussion, la COVID-19. Sans blâmer qui que ce soit, il semble que les autorités gouvernementales ont été prises au dépourvu même si depuis l’avènement des grippes virales, on peut en compter 26 sortes. Pour en nommer quelques-unes, un nombre considérable de personnes en meurent chaque jour dans le monde: 3014 de tuberculose, 2430 d’hépatite B, 2216 de pneumonie, 2110 du VIH, 2002 de malaria, 1027 de grippe saisonnière, 573 de grippe H1N1.

Pourtant, il y a des vaccins pour ces maladies. Ces 26 maladies virales font par jour dans le monde un total de 16 128 décès et, par année, 588 690 décès. Avec ce qui précède, et avec la COVID, cela devrait nous amener à relativiser. En effet, à la fin juin 2020 et, au Québec, on dénombre 55 458 personnes qui ont été affectées de la COVID. Un nombre de 24 798 en est rétabli, et cela sans qu’il n’y ait de médicament ni de vaccin appropriés. On compte 5503 décès dont 4300 personnes âgées, en CHSLD, et 1193 décès ailleurs au Québec, dont 50 % à Montréal. Les personnes décédées sont âgées et, pour la très grande majorité, 90 % sont de 80 ans et plus et que l’on dit de santé précaire, sans parler de l’inconfort et de l’insalubrité de certains CHSLD. Aussi, les statistiques du Québec nous informent que «la grippe saisonnière tue 3500 personnes au Canada par année, et cela, bien qu’il y ait un vaccin». Cela devrait aussi nous amener à relativiser.

Au Québec, toutes causes confondues, 75 000 personnes décèdent chaque année. Alors 37 500 personnes de tous âges sont décédées depuis six mois. La principale cause en est le cancer et, chaque année, 21 000 personnes en décèdent. Ça ne s’attrape pas, mais comparé au chiffre de 5503 de la COVID, c’est une véritable pandémie. Aussi, ça prend plus de temps pour en mourir, et pour les personnes concernées et leurs proches, c’est une tragédie. Toutefois, chaque jour, le premier ministre fait part des morts de la COVID comme si c’était au champ d’honneur, comme en pleine guerre. Il transmet ses condoléances aux familles éprouvées. On meurt de la COVID et on décède d’autres maladies, accidents et autres. Ces 37 500 Québécois qui sont décédés depuis six mois n’ont-ils pas contribué, eux aussi, à bâtir le Québec? En mettant tout l’accent sur la mort par la COVID, on oublie la vie. Au Québec, il y a 84 200 naissances par année. Depuis six mois, il y a eu 42 100 naissances. Aucune mention pour ces nouveaux Québécois et leurs valeureux parents.

Pourtant, les enfants sont si beaux et nous procurent tant de joie. Ce sont de futurs bâtisseurs du Québec.

États de guerre

Même si, à différentes époques, il survient une épidémie, pour le nouveau virus de la COVID, on était dépourvus de matériel tels que vêtements appropriés, gants, masques et respirateurs. C’était la panique pour se ravitailler et ainsi la peur a été semée. En bon général, M. Horacio a comparé la situation à la guerre et M. Legault, le commandant en chef, en a convenu. Comme la vénérable Mme La Science n’a pas encore produit de médicament ni de vaccin appropriés, on allait à la guerre sans armes et sans munitions. Il ne restait que des moyens simples tels que se laver les mains à s’en user la peau, se distancer comme si nous étions tous contagieux, se confiner comme si nous étions sujets à un bombardement. Comme en temps de guerre, Mme La Peur s’est installée encore plus.

Alors, au plus haut niveau et dans tous les médias, tous les jours, et plusieurs fois par jour, on nous répète les consignes à nous en rendre malades. La publicité gouvernementale va jusqu’à dire «de tenir tête au virus» et, pour cela, de multiplier encore plus les consignes et «de ne pas lâcher». Ce n’est pas possible! La psychologie ne recommande-t-elle pas de lâcher prise pour être dans la solution?

Car, plus on tient tête au virus, plus il se renforce et déjoue l’attaquant.

Martin Belley

Saint-Nazaire