La communication «sans parti pris» s’il vous plaît!

OPINION / La lettre ouverte intitulée GNL Québec : la science sans parti pris publiée en ligne, samedi dernier, dans le journal Le Quotidien, sous la plume de Stéphanie Fortin, au nom de la compagnie américaine GNL, aurait dû plutôt se lire GNL, la communication avec parti pris.

Au début du texte, elle mentionne « le besoin, voire même le devoir, de communiquer la science sans parti pris, de façon complète, rigoureuse, prudente et nuancée».

Ça devrait être vrai pour toutes communications que le promoteur américain déploie dans l’espace public et on est en mesure de constater le contraire entre autres dans le dépliant de propagande qui a été distribué l’automne dernier, à plusieurs milliers d’exemplaires, dans les résidences et commerces du Saguenay.

J’invite la directrice principale Affaires publiques et relations avec les communautés chez GNL à relire son dépliant, sûrement écrit avec la collaboration d’une firme de communication généreusement payée, qui est truffé de non-dits, de demi-vérités et de détournements de sens. Bien loin de «communiquer sans parti pris, de façon complète, rigoureuse, prudente et nuancée».

Je vous donne quelques exemples tirés du pamphlet.

«L’ADN d’Énergie Saguenay» : Énergie Saguenay n’a pas d’ADN puisque ce n’est pas une «personne juridique», ce n’est qu’un nom inventé par les firmes de communications pour donner l’impression d’une propriété locale.

«Valeur ajoutée à l’hydroélectricité québécoise» : la vraie valeur ajoutée, ce ne serait certainement pas de gaspiller 550 MW de puissance de notre hydroélectricité durant au moins 25 ans fermes pour alimenter le procédé de liquéfaction de l’usine de gaz méthane à Saguenay. C’est plutôt d’utiliser plus judicieusement cette énergie propre en la mettant au service de réelles actions pour lutter contre les changements climatiques. Entre autres : favoriser la conversion des modes de transport, rendre nos entreprises plus indépendantes des hydrocarbures et convertir davantage nos productions agricoles à l’électricité, afin de participer plus activement à l’indépendance alimentaire du Québec.

«Le GNL ne se mélange pas à l’eau, à l’air ou au sol» : bien certain, ce serait un liquide qui existerait seulement à -162 degrés Celsius, bonne façon de laisser croire qu’il serait inoffensif, bien caché dans ses congélateurs monstres, dans d’immenses réservoirs sur les terrains de Port de Saguenay et sur l’eau dans de gigantesques méthaniers.

«En cas de fuites, il s’évapore immédiatement en se réchauffant sans laisser de trace » : sans laisser de trace... ce qui «s’évaporerait» (le mot est bien choisi par les équipes de communication pour rouler dans la farine le lecteur), ce serait du méthane qui s’évaporerait, un gaz au moins 25 fois plus générateur de GES et, bien au contraire, il laisserait des « traces », peut-être pas au sol, mais d’importantes traces qui viendraient assombrir notre bilan contre les changements climatiques !

Et il y a bien d’autres exemples...

Alors Mme Fortin, un peu de retenue serait de mise avant de donner des leçons aux autres. «Soyons rigoureux, visons un débat plus serein», comme vous le dites si bien, pour ce qui est de la rigueur il faudra repasser et pour un débat serein, avec la machine de communication bien rémunérée de GNL et ses relations avec le milieu teintées de propagande soutenue par des campagnes de publicités et de commandites honteuses, on est bien loin du débat serein!

Comment rester serein quand c’est un combat du type David contre Goliath?

Jean Paradis

Alma

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LA SCIENCE «SANS PARTI PRIS» DE STÉPHANIE FORTIN

Dans Le Quotidien du 16 mai dernier, Stéphanie Fortin, directrice principale, affaires publiques et relations avec les communautés chez GNL Québec, nous invite à une approche scientifique «sans parti pris». Mme Fortin travaille pour une compagnie qui veut vendre du gaz dont les surplus sont faramineux, et dont le prix international est au plus bas, et avec lequel on voudrait concurrencer la Russie sur les marchés asiatique et européen. Mme Fortin n’a aucun intérêt «subjectif», comme elle dit, à promouvoir le gaz naturel, de fracturation de surcroît, et dont elle nous prévient qu’il ne renferme que 4% du gaz de schiste qui fait si peur aux Québécois… Elle critique Marc Durand dans Le Quotidien du 9 mai en disant qu’il prétend que «seuls» l’industrie et certains politiciens font la promotion du gaz méthane comme «énergie de passerelle», ce qui est faux. Et même si certaines instances politiques comme l’Agence autonome de l’énergie le disent, s’appuyant sur des connaissances scientifiques, il n’en demeure pas moins que c’est toujours une question de perspective. Si vous calculez seulement les GES émis lors de la combustion, en comparaison du charbon, vous trouverez peut-être le gaz avantageux. Si vous tenez compte des fuites (même aussi basses que 1-2 %) tout au long de l’extraction, du transport, de la manipulation, etc., l’avantage comparé au charbon ne tient plus. Encore moins si l’on tient compte de l’hypothèque laissée par la fracturation dans le sous-sol pour les décennies, voire les siècles à venir. Et si des scientifiques vous disent que, sauf pour certaines applications industrielles, il existe des solutions de rechange au gaz, disponibles et à un prix compétitif, qui sont nettement avantageuses au niveau de l’émission des GES. Vous allez peut-être les écouter.

Car finalement l’urgence climatique, ça signifie qu’il faut maintenant nous détourner des énergies fossiles (pétrole et gaz), qui sont les principales responsables des catastrophes climatiques qui menacent l’humanité pour les prochaines années.

Mais là coudonc, est-ce qu’on parle de science ou de business? En moins de 20 ans, l’Amérique est passée d’importatrice à exportatrice d’énergie fossile. «Et maintenant qu’on a tout ce surplus de gaz sur les bras, qu’on a du mal à le vendre, voilà que des écolos et des scientifiques dévalorisent notre produit », doivent se dire Jim et Jim, et ce, sans aucun parti pris bien sûr!

C’est pour cela que l’industrie du gaz nous mâchouille des arguments prétendument scientifiques pour justifier la vente de son produit. Mais ça au fond, ce n’est pas surprenant. Ce qui surprend, c’est qu’on nous prenne pour des valises au point de tenter de nous faire croire qu’il s’agit de la science «sans parti pris».

Pierre Dostie

Chicoutimi

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QUÉBEC DOIT INVESTIR DANS GNL QUÉBEC

Le gouvernement du Québec a annoncé la semaine dernière des milliards d’investissements dans des projets partout au Québec pour relancer l’économie. Déjà, on savait que des milliards vont être investis à Québec, à Montréal et ailleurs dans des projets de tramway, un tunnel à Québec, des projets de transport en commun. C’est devenu clair à travers les plans de déconfinement qui ont commencé à circuler. Des médias nous disent aussi que le gouvernement pense à mettre des centaines de millions dans le Cirque du Soleil.

C’est parfait. Je pense que nous n’avons pas le choix si on veut sortir la tête de l’eau. Il faut investir.

Mais ici, chez nous? Quels sont les projets potentiels que Québec pourrait soutenir pour aider la région, vraiment toute la région, à reprendre son souffle? L’autoroute Alma-La Baie? Un aréna à Saguenay? Un tramway entre Chicoutimi et Chicoutimi-Nord avec une bretelle vers le centre d’achat et le Costco?

Je pense que Québec devrait investir dans le projet GNL Québec. En faisant cela, Québec assure des investissements de milliards de dollars d’argent privé neuf venu de l’extérieur en période de crise financière et soutient la création de milliers d’emplois dans la région pour plusieurs années. Avec toutes les retombées qui en découleront pour notre région et notre ville. En plus, le gouvernement du Québec serait sans doute en meilleure position de récolter sa part de bénéfices du projet et pourrait avoir encore plus de poigne pour contribuer de l’intérieur à le rendre meilleur.

Ça m’apparaît gagnant-gagnant. Et ce n’est pas impossible ni même rare pour un gouvernement de faire ce genre d’action. J’ai cherché sur Internet et j’ai trouvé plein d’exemples. Dans la région, le gouvernement Couillard a investi dans Arianne Phosphate il y a quelques années.

Encore plus gagnant-gagnant alors que dans Le Quotidien, il n’y a pas longtemps, la mairesse de Saguenay rappelait les problèmes majeurs de finances publiques qui vont s’ajouter à la situation déjà catastrophique de la Ville avant la crise.

Alors, au moment où des averses d’argent public, donc de nos taxes et impôts, vont tomber sur les grandes villes du Québec et du Canada, j’espère que notre premier ministre Legault posera un geste concret pour notre région. Et j’espère que nos élus régionaux vont aussi faire preuve de courage, comme l’ont fait les chambres de commerce du Saguenay-Lac-Saint-Jean en réclamant un BAPE bientôt sir le projet de GNL.

Je parle de courage de défendre notre région et nos intérêts parce que, quand je vais voir les publications des groupes opposants au projet, je constate que l’on publie beaucoup d’attaques et de commentaires désobligeants envers les élus, la compagnie ou les citoyens qui ne pensent pas comme eux, mais peu d’arguments réellement convaincants. Donc, oui, il faudra du courage pour assurer notre survie.

Gilles Gauthier

Saguenay