Jean-Pierre Vidal, fondateur de La Bonante.

La Bonante et ses 50 ans

OPINION / Rares sont les revues littéraires au Québec qui franchissent le cap des 50 ans d’existence. La revue La Bonante, du département des arts et lettres de l’Université du Québec à Chicoutimi, a réussi cet exploit. En fait, elle a le même âge que l’UQAC qui fut fondée en 1969. On a souligné donc ce double anniversaire le 26 avril dernier à l’occasion du Salon du livre du Saguenay–Lac-Saint-Jean et ce fut le moment de procéder au lancement de la cuvée 2019 de La Bonante. Je n’ai malheureusement pas pu assister à cet événement qui me tenait à coeur. J’aurais tellement aimé être présent.

On retrouve donc dans La Bonante, comme d’habitude, les textes lauréats des deux concours organisés par le département des arts et lettres. On parle ici des concours du meilleur texte de quatre lignes et du meilleur texte de trois pages. Lesdits concours ont gagné en popularité au fil des ans et ils sont ouverts aux auteurs de la région et du Québec qui n’ont pas encore publié d’ouvrage littéraire .

Depuis 1985, je participe aux deux concours de La Bonante. Pour moi, c’est une motivation de plus à coucher sur papier de nouveaux textes littéraires. C’est un beau prétexte de création en fait. Écrire un texte de quatre lignes, entre autres, est un fort beau défi à relever. Un exercice littéraire qui aurait su plaire à nul autre que Raymond Queneau qui a écrit le superbe livre Exercices de style.

Malgré quelques années difficiles, le département des arts et lettres de l’UQAC a su porter à bout de bras sa revue et ses deux concours. Je voudrais ici saluer haut et fort la contribution et le travail accompli en ce sens par des professeurs ou des directeurs dudit département. Je pense tout d’abord ici à des pionniers tels que Jean-Pierre Vidal, qui en est le fondateur et à Jacques Bouchard. Et plus récemment, à Cynthia Harvey, professeure et directrice actuelle du département qui a su donner un élan nouveau depuis quelques années à La Bonante et à ses deux concours. C’est avec grande émotion que les félicitent et que je souhaite longue vie à La Bonante.

Yvan Giguère

Saguenay

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HYDRO-QUÉBEC COMPLICE

En voulant fournir 550 mégawatts de puissance de notre hydroélectricité, 24 heures sur 24 et sept jours par semaine, pendant au moins 25 ans fermes, pour la liquéfaction de gaz de facturation venant de l’Ouest canadien, Hydro-Québec se trouverait à être complice d’un projet d’une autre époque qui fait reculer le Québec dans ses objectifs de diminution de gaz à effet de serre (GES), tout en permettant d’exporter 11 millions de tonnes d’énergies fossiles sur les marchés internationaux.

Il serait proprement scandaleux et complètement contraire à son mandat que notre société d’État détourne cette énergie pour permettre que l’on s’enfonce encore plus dans l’utilisation d’énergies fossiles.

En plus de gaspiller cette énergie plus propre, qui pourrait être utilisée plus judicieusement en la mettant au service de réelles actions pour lutter contre les changements climatiques, entre autres, à la conversion des modes de transports, cette opération de « collaboration » avec des producteurs d’énergies fossiles serait une aberration financière et une subvention directe à des compagnies de propriété américaine.

En effet, en hypothéquant plus de 5 TWh d’énergie, l’équivalent du 2/3 de la production des nouvelles installations sur la rivière Romaine sur la Côte-Nord (8 TWh), Hydro-Québec poserait un geste contraire à toute politique énergétique responsable protégeant l’utilisation de notre patrimoine hydroélectrique pour la lutte aux changements climatiques. Seulement en regard du prix de vente au tarif « grande industrie » à 0,033 $ le kilowattheure, cela représenterait une perte nette d’environ 295 millions $ annuellement par rapport au coût du kilowattheure de production établi à l’époque de la présentation du projet La Romaine (0,09 $ le kWh, BAPE, février 2009, estimé à l’époque et qui dépasse probablement le 0,12 $ en coûts réels actuels, en tenant compte du coût de raccordement du projet La Romaine).

Aussi, l’utilisation éventuelle de l’électricité pour l’usine de liquéfaction permettrait au promoteur d’économiser 10 % du gaz acheminé dans le gazoduc venant de l’Ouest et ainsi d’augmenter ses ventes à l’exportation, sur d’autres continents, lui procurant des revenus supplémentaires.

Ce 10 % de gaz, qui ajouterait 3,5 MT/annuellement au bilan d’émissions de GES local, supposément sauvé par l’hydroélectricité utilisée par l’usine, serait simplement déplacé pour consommation ailleurs dans le monde et générerait tout de même des GES de 3,5 MT/annuellement.

C’est donc par une subvention directe d’environ 295 millions $ et indirecte de 265 millions $, qu’Hydro-Québec sert les intérêts d’une compagnie américaine et se colle aux stratégies de fuites en avant de l’industrie fossile nord-américaine. Par le fait même, le virage énergétique du Québec se trouve directement compromis.

Jean Paradis,

Fondateur de Négawatts

Alma