La beauté dans la ville

OPINION / En réaction à la chronique de Roger Blackburn intitulée « Exploiter la vue et la verdure » et publiée dans notre édition du 21 décembre.

Je ne saurais trop remercier le chroniqueur Roger Blackburn de nous avoir fait part de son entretien avec l’architecte Jacques Coutu. J’exprime également mes remerciements à ce grand architecte pour ses propos si pertinents et si convaincants sur la beauté et la convivialité dans la ville. Faire beau et convivial, n’est-ce pas grandiose comme principe ? Dans leur magnifique petit livre Et si la beauté rendait heureux, le journaliste François Cardinal et l’architecte Pierre Thibault parlent de lieux, notamment de Copenhague comme Jacques Coutu, où beauté et bonheur se côtoient et se nourrissent.

Je souhaite que Roger Blackburn retourne parler avec Jacques Coutu, pour une longue entrevue. D’ailleurs, la beauté dans la ville, dans tous ses aspects, la propreté entre autres, ne s’impose-t-elle pas comme sujet d’intérêt primordial pour la Ville, et régulier pour notre journal ? Pour ma part, je déplore que les très nombreux points de vue extraordinaires, sur la Baie à La Baie justement, et sur le fjord, à Chicoutimi, ne semblent ni reconnus comme des biens patrimoniaux précieux, ni, bien sûr, répertoriés, protégés, et mis en valeur.

Certains de vos lecteurs ignorent peut-être que Jacques Coutu fut, il y a longtemps, l’artisan de la préservation du pont de Sainte-Anne. Toujours un homme de vision alors !

Pierre Tremblay

Chicoutimi

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DIEU ET LE BUDGET

Immanquablement, chaque année, à la même période, les deux sujets reviennent sous les projecteurs par le biais du Quotidien. Le chroniqueur, Sébastien Lévesque, avec son pavé dans la mare à l’effet que Dieu a passé l’arme à gauche, a eu l’heure de tout chambouler, pour nous distraire du p’tit Jésus dans sa crèche.

Mais se pourrait-il que Dieu se soit réincarné en conseiller municipal pour exiger de la mairesse qu’elle l’écoute et non juste qu’elle l’entende ? Ses propositions sur la façon d’administrer notre ville sont à ce point remarquables, incontournables et inattaquables, qu’elles n’ont même pas besoin d’être soumises au jugement de ses pairs. Mais toutes les solutions s’y trouvent réunies. Paroles d’évangile.

Tous ces conseillers, qui se disent indépendants, comprennent-ils la distinction à faire entre solidarité et grégarisme ? Entre ligne de parti (celle du parti indépendant de Saguenay en l’occurrence) et le libre arbitre. Brigitte Bergeron de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD) leur en a donné un exemple, récemment, en se dissociant de son parti à la table du conseil de ville, pour voter avec les indépendants en faveur d’une résolution sur le budget de la STS.

Les citoyens ont eu droit à du grand théâtre kafkaïen au conseil de ville, la semaine dernière, quand est venu le moment d’adopter le budget devant faire vivre Saguenay en 2020. Pour faire une histoire courte, en début de journée planifiée pour le vote sur le budget, les indépendants, à l’unisson (ça rappelle des souvenirs), sont absents de la plénière d’information précédant la séance spéciale du conseil de ville. Plutôt, ils sont réunis, en cénacle, dans le sous-sol d’un resto pour y fricoter un coup de théâtre : le vote en bloc contre la proposition budgétaire 2020.

Le plus renversant est qu’au cours des semaines précédentes, ni d’Éve ni d’Adam, la troupe indépendantiste dirigée, apparemment, par le déifié conseiller, ne s’est manifestée, ne serait-ce que bémoliser quelque aspect de la planification budgétaire en cours.

Plus tard, maintenant désireux de calmer le jeu (du jeu cochon, va sans dire), voilà que les indépendants prétendent à plus d’ouverture et de raison, sauf que l’argumentaire qu’ils soumettent est, à mon avis, fort décousu et parsemé d’à priori et d’imprécations.

Pour l’une, la mairesse ne devrait pas porter deux chapeaux : celui de cheffe de parti en plus de celui de mairesse ; un autre dit ne pas être écouté et trouve que les conseillers de l’ERD qui siègent au conseil cherchent à mettre à profit le programme du parti à des fins électoralistes ; un troisième invoque que le rejet de la proposition budgétaire est une marque de saine démocratie ; pour un autre, c’est la fonction publique qu’il faut remettre en question. C’était cousu de fil blanc : on s’est servi de l’occasion du vote sur le budget pour fourbir ses armes, pour régler des comptes, forts de la victoire d’un indépendant à l’élection partielle dans le district 1.

La proposition budgétaire, malgré ses imperfections, n’a pas mérité pareil dénouement. Ce qui démontre jusqu’où la Sainte Trinité qui noyaute la troupe indépendante est prête à aller pour enterrer définitivement la vision d’une grande ville à Saguenay.

Marcel Lapointe

Ancien membre du conseil d’administration de l’ERD

Jonquière