Joins-toi à la foule pour que ça roule

OPINION / À la suite de la publication, dans Le Quotidien du 4 août dernier, de mon texte portant sur les festivals, j’ai reçu de nombreuses félicitations et des appuis pour un projet de festival du cannabis à Dolbeau. Malheureusement, j’apprends, encore par le journal, que les gens de Trois-Pistoles ont volé mon idée et qu’ils tiendront « le premier festival » chez eux.

Malgré cette mauvaise nouvelle, je n’écrase pas.

Notre festival pourrait se dérouler vendredi, samedi, dimanche et lundi, du 28 juin au 1er juillet 2019. Ça tombe un peu mal, mais la Fête du Canada est un lundi.

Monsieur Trudeau pourrait être chez nous pour l’ouverture, allumer le premier joint et par la suite aller célébrer la bière dans les autres festivals régionaux. Et il serait de retour à temps à Ottawa, bien enfumé et désaltéré, pour la Fête du Canada.

En son absence, nous ferions le gros feu d’artifice que le « fédéral » aurait commandité. Tant qu’à flamber de l’argent, autant que cela paraisse !

Nous avons pensé qu’il valait mieux associer notre festival à la Fête du Canada qu’à celle de la Saint-Jean, car c’est « grâce » à une loi fédérale que nous pouvons le tenir et, de plus, les gens sont moins émotifs le 1er juillet que le 24 juin. Il faut éviter les excès étant donné que nous n’aurons pas accès au « festival de la sécurité » qui s’est tenu à La Malbaie à l’occasion du G7 !

Alors qu’à l’époque du festival Western on disait : « Mets ton chapeau et viens à Dolbeau », le thème du festival du cannabis pourrait être « Joins-toi à la foule pour que ça roule » ! Toutefois, nous sommes ouverts aux suggestions pour un meilleur slogan.

Présentement, je mène des démarches. Il y a quelque temps, j’ai parlé de notre projet à notre député. Cela l’a fait sourire. Toutefois, il n’a rien dit. Mais, il ne faut pas y voir là un refus.

Maintenant, je vais communiquer avec la Société québécoise du cannabis (SQDC) afin que, moyennement une substantielle commandite (nous avons également besoin de ce « foin-là »), elle exploite un kiosque de vente sur le terrain pendant notre festival.

Un de mes collaborateurs m’a toutefois mis en garde. Il m’a dit que les employés de la SDQC seront syndiqués avant même d’avoir vendu un seul gramme de mari et qu’ils pourraient nous déclencher une grève pendant l’événement.

Afin de protéger nos arrières, j’ai parlé avec un ami du beau-frère d’un cousin d’un voisin qui m’a mis en contact avec le chef d’un groupe de motards de la région de Montréal. Ce gars, très poli et collaborateur, m’a assuré qu’il pourrait nous fournir 25 bénévoles et nous garantir un approvisionnement de « stock » de très haute qualité, et cela à un prix inférieur à celui de la SQDC, car « ses gars n’étaient pas syndiqués ».

Alors je poursuis mes démarches. Il me faut convaincre le conseil municipal qui est pris avec des bâtisses en décrépitude sur les terrains de l’ex-festival western. Il verra peut-être dans notre proposition un signal de fumée précurseur d’une éventuelle rénovation urbaine dans ce secteur.

André McClure

Dolbeau-Mistassini


+

FÉLIX ET LES ARTISTES D'AUJOURD'HUI

OPINION / On a rappelé dernièrement que notre barde national, Félix Leclerc, nous avait quittés il y a 30 ans.

Dans tous les commentaires lus sur Félix, on peut facilement noter son amour pour notre langue et sa magie avec les mots, mais Félix serait sûrement triste d’entendre parler aujourd’hui les jeunes artistes de chez nous (chanteurs et comédiens) qui ne semblent pas être capables d’utiliser la langue qui les fait vivre sans avoir recours à des mots anglais comme ces mots entendus lors des derniers jours dans des émissions de télévision ou de radio (backstage, live, vibe, life changer, dark side, bucket list, être miké, soundman, fan based, data, that’s it, lead role, kick et j’en passe, car la liste pourrait être très longue).

Est-ce pour se démarquer de leurs ainés que ces mots en anglais leur viennent alors que des mots en français existent ? Est-ce pour être soi-disant à la mode ? Est-ce pour montrer, à nous le peuple, qu’ils sont plus intelligents en utilisant des termes anglais ou sont-ils, malgré eux et à leur insu, victimes d’une contamination linguistique ? Je me demande même si certains ne sont pas gênés d’utiliser les termes en français, de peur d’être exclus de leur groupe.

On ne peut plus écouter ou regarder une émission sans que les invités utilisent de façon systématique des mots anglais. Nous n’avons qu’à penser à la fable de Jean de La Fontaine Les animaux malades de la peste, où on peut lire les mots suivants : « Ils ne mourraient pas tous, mais tous en étaient frappés. »

Est-ce qu’il y a des artistes qui ont encore le goût de travailler en français ?

Pierre Lincourt, l.n.d.

Chicoutimi