Je m'ennuie de Bernard Derome

OPINION / Il a presque mon âge, mon cadet de quatre mois.

C’est un décrocheur, nous disait-on.

Après sa onzième année d’école, on lui a confié une tâche à Radio-Canada.

L’époque était plus facile qu’en ce 21e siècle, c’est sûr.

Mais, il n’était pas bête.

Un soir, on l’a assis à une table, à la télévision, devant un paquet de feuilles qu’on lui a demandé de lire, c’était les nouvelles, qu’on a appelées, un moment donné, le Téléjournal.

À 22 h, nous étions tous vissés devant un gros meuble tv d’un écran entre 12 ou 16 pouces à s’informer de ce qui se passait en-dehors de notre municipalité, région, province. On n’aurait jamais manqué cela.

Bernard Derome lisait ses feuilles, comme si c’était la première fois. Il faisait des pauses quand il ne comprenait pas la nouvelle plus que nous en nous disant : on va revenir là-dessus. Et là, il jetait un regard autour de lui signifiant qu’il y avait des explications supplémentaires à recevoir sur cette ligne composée un peu rapidement.

Le lendemain soir, quand c’était impossible dans la demi-heure des nouvelles, Monsieur Derome complétait l’explication.

Pourquoi je m’ennuie de Bernard Derome ? Parce que, depuis quand, je ne saurais dire, on nous débite les nouvelles par un ou une lectrice à 100 km/h. 

La nouvelle est lue sur un télésouffleur, à peine reprend-on un demi-souffle aux ponctuations, le lecteur, la lectrice semblant plus préoccupés par l’image qu’ils projettent à l’écran que la nouvelle elle-même. Je serais étonnée de demander au lecteur ou à la lectrice de me dire de quoi il était question dans ce débit de mots.

L’image. On en a soupé des faces parfaites qui font plus jeune qu’il y a 30 ans. 

Ce qui fait que les nouvelles, aux supposées heures de grande écoute, ne sont plus d’aucun intérêt.

Je pourrais ajouter la manière agressive, mise en boîte d’un invité par l’intervieweur, son manque de respect. Je me retiens de donner des noms. Est-ce qu’un René Lévesque serait sorti de la masse avec un tel traitement médiatique ? La question se pose.

Parlant de René Lévesque, il nous montrait des cartes, il nous situait dans le monde, le pays, la province. Nous sommes devant un écran. Sortez-nous des images. Ça ne doit pas manquer, des photos ces temps-ci….

Pour finir avec la notion de respect, il doit exister dans nos médias, surtout radio-canadien, ça doit revenir à la mode. On sent sa rareté dans le quotidien de la vie en 2018. Je vous fais grâce des 1000 exemples qui me viennent en tête.

Pauline Germain

Chicoutimi

Un reliquat du 18e siècle

OPINION / Dans les archives de l’Assemblée nationale du Québec, nous trouvons des traces de cette volonté de changer le mode électoral jusqu’en 1902. Il est grandement temps de passer d’une démocratie de l’opposition à une de la collaboration. Si, lors de coalition, les partis politiques doivent s’entendre sur leurs positions politiques et les ajuster, cela sera pour le bien commun, car ces politiques répondront aux besoins d’une majorité de la population et non seulement de 39 % de la population comme maintenant.

C’est ce que souhaite 70 % de l’électorat québécois (CROP 2015) et lors d’un sondage fait pour Représentation équitable Canada en 2017, 83 % de cet électorat se dit en accord avec ce changement. La plus forte proportion au Canada.

Nous sommes dans le peloton de queue, car 85 % des pays industrialisés comme le nôtre ont un mode de scrutin de type proportionnel et pour la grande majorité ils s’en portent bien et mieux que nous à bien des égards. Le Mouvement pour une démocratie nouvelle a publié en septembre dernier Une réforme électorale au Québec ? Impacts du mode de scrutin sur nos préoccupations citoyennes. On y a documenté tous les avantages d’un mode de type proportionnel sur la démocratie, la stabilité politique, l’environnement, les performances fiscales et économiques, les politiques sociales, l’accès des femmes en politique, la diversité et la cohésion sociale.

C’est en ce moment une occasion unique de changer de paradigme dans notre démocratie et de redonner confiance en la gouvernance de nos élus et élues pour que chaque voix compte enfin. Tous y gagneraient : les partis politiques et les citoyens, les femmes qui peinent à obtenir la parité, les régions, les communautés ethnoculturelles parce que chacun et chacune auraient la représentation qui leur revient. Et en prime, nous serions très heureux du changement de ton à l’Assemblée nationale !

Marie-Claude Bertrand

Verdun