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J’ai mal à notre langue

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / J’ai mal au français.J’ai de plus en plus mal à ma langue, à notre langue.J’ai de plus en plus l’impression que le virus linguistique anglophone ne trouvera pas de vaccin.

Par Pierre Lincourt, Chicoutimi, membre de l’Association pour le soutien et l’usage de la langue française (A.S.U.L.F.)

J’ai l’impression que nos animateurs de la radio et de télé sont atteints eux-mêmes à un tel niveau qu’ils nous lancent peut-être inconsciemment, ou encore est-ce par snobisme, ces expressions en anglais wishful thinking, delivery, open mind, dream job, council culture, story telling et j’en passe des centaines et des centaines…

J’ai mal à notre langue quand nos artistes francophones que nous aimons, musiciens et chanteurs, nous expliquent en français qu’ils sont backstage en attendant d’être miké pour leur show live et, qu’avec la vibe, ils feront participer la crowd.

J’ai mal à notre langue quand je regarde le hockey et que je vois une publicité d’un site Internet de pari BET99, pour ne pas le nommer, à un réseau où le propriétaire, dans une salle de spectacle, il n’y a pas si longtemps, criait « en français! ». Je me souviens, mais lui, s’en souvient-il?

J’ai mal à notre langue quand j’entends des brillants jeunes très créatifs sur les réseaux sociaux nous parler de like, de followers de deleter, de story board, de high tech pich...

J’ai mal à notre langue quand je remarque que des titres d’émissions de notre télévision francophone sont carrément en anglais.

Je sais que je ne suis qu’un francophone bien ordinaire qui aime parler en français, qui ose le dire et qui s’inquiète de l’avenir de sa langue.

J’ai mal à notre langue et je demande si je suis le seul à le penser et à le dire. Suis-je le dernier ?

Pourquoi personne ne le dit, ne le crie, ne le dénonce?

Est-ce que j’ai raison de penser que nous devenons de plus en plus colonisés et que nous acceptons de l’être en baissant la tête et en disant « Thanks » ?