Intimidation sur la Toile

OPINION / L’intimidation n’est pas seulement présente dans les écoles, mais également sur les réseaux sociaux, dans nos milieux de travail, les transports en commun, et j’en passe. C’est à croire que le phénomène a envahi notre société actuelle. J’ai vécu une situation dernièrement sur la page d’une association que je ne nommerai pas, où il y a eu de l’intimidation. Et je peux vous dire que cela m’a fait énormément réfléchir et que j’ai compris bien des choses...

Mais avant de poursuivre, pour bien comprendre ce qu’est l’intimidation, tentons de la définir et d’en comprendre le mécanisme. La Loi sur l’instruction publique (article 13, paragraphe 1.1) définit ainsi l’intimidation : « Tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, y compris dans le cyberespace, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer ou ostraciser. »

Ma définition personnelle de l’intimidation est la suivante : « Toute action physique, verbale, psychologique, ayant comme but principal de susciter de la peur, de discréditer une personne afin de la faire taire, parce qu’elle devient dérangeante dans sa façon d’être et d’agir. »

Qui peut en devenir la cible ? Des personnes, des animaux également. Évidemment, je me limiterai ici à l’intimidation touchant des personnes. Quelqu’un écrit des propos haineux sur la page d’une association parce qu’il n’est pas d’accord avec les objectifs et la mission de cette dernière. Ainsi, il va passer son temps à « clasher » les membres du conseil d’administration de l’organisme, ayant dans l’idée que cela « n’est pas personnel »... Est-ce de l’intimidation ? Eh bien oui, puisque cela porte atteinte directement à la réputation de cet organisme. Et, disons-le, un organisme, peu importe qu’il soit de nature privée, communautaire, à but lucratif ou non, est géré par un groupe de personnes.

Cette même personne, voyant que les gens qui sont la cible de ses propos diffamatoires se défendent, va passer directement aux menaces voilées : « Vous allez voir... », « attendez un peu », etc. Est-ce de l’intimidation ? Oui, mais là, on s’entend-tu pour dire que la forme d’intimidation a gradué directement vers la violence ? Et cette forme de menace voilée est beaucoup plus invasive que la menace directe. Pourquoi ? Parce qu’elle est pleine de sous-entendus. Les batteurs de femmes utilisent souvent cette dernière avant de passer à l’acte : « Ne me cherche pas, sinon... », « ne me provoque pas, autrement, tu vas le regretter... », etc.

Alors, de s’en prendre à une association en allant minimiser ses gestes en disant que « ce n’est pas personnel », c’est grave. Selon la loi, nous n’avons pas le droit de porter atteinte à la réputation de qui que ce soit. Quand on envahit la page d’une association, qu’on vise les mêmes personnes ciblées inlassablement, c’est-à-dire celles qui la représentent, c’est de l’intimidation.

Mais la loi dit également que nous devons porter assistance à une personne en détresse. On peut croire que l’intimidation n’est pas suffisamment importante pour mettre une personne en danger. Mais voilà : s’il n’y a pas nécessairement de menaces pour la vie et la sécurité de quelqu’un, il y a tout de même atteinte à la personne, parce que cela finit par laisser des traces irréversibles. Voici quelques faits importants à comprendre concernant l’intimidation :

- La personne qui commet des gestes d’intimidation cherche à gagner du pouvoir sur l’autre ou profite de sa supériorité (physique ou fondée sur l’âge ou sur le statut social dans le groupe, etc.) pour la blesser ou l’humilier (rapports de force) ;

- Elle agit dans l’intention de nuire ou de faire du mal à l’autre ;

- Ses gestes ont des conséquences néfastes pour la personne qui les subit. La personne victime d’intimidation peut éprouver de l’anxiété, en venir à éprouver une faible estime de soi ou vivre une importante détresse psychologique ;

- Dans la plupart des cas, c’est la répétition des gestes et des paroles qui crée la détresse de la personne ciblée. Certains gestes graves peuvent aussi être considérés comme des actes d’intimidation sans avoir un caractère répétitif.

Mais voilà : le problème aujourd’hui, c’est que n’importe qui se permet n’importe quoi sur les réseaux sociaux. Une personne devient la cible directe d’intimidation au point où cela devient du harcèlement. Les autres ne disent rien, ne font rien. Ce qui fait que dans une certaine mesure, on devient complice de l’intimidation. Il y a un bon vieux proverbe qui stipule : « Qui ne dit mot consent. »

Il m’est arrivé une situation dernièrement sur la page d’une association dont je taierai le nom. L’intimidateur de cette page est une personne ayant un poste haut placé publiquement, et justement, il use de son pouvoir afin de discréditer tous ceux et toutes celles qui sont en désaccord avec lui.

Il s’en est pris directement à moi dans le but évident de me rabaisser publiquement. Comme je n’ai absolument pas le profil d’une petite victime qui courbe la tête devant plus fort qu’elle, j’ai riposté et très vertement en plus ! Est-ce mal ? Non puisqu’il faut se défendre face à ce genre d’individu. Je n’allais tout de même pas me laisser intimider sans rien dire !

Si tout le monde cessait de courber la tête devant ce genre d’individu, l’intimidation ne fonctionnerait plus, et il perdrait son pouvoir. Il faut cesser d’avoir peur de réagir à ce type de personnage.

On a le droit à notre opinion, et par le fait même, on peut être en désaccord avec quelqu’un. Mais il y a moyen de l’exprimer dans le respect de l’autre.

L’intimidation, c’est inacceptable !

Merci de m’avoir lue !

Isabelle Tremblay

Chicoutimi