Inquiétudes quant au projet d’acquisition de drones militaires

Cette missive adressée au député fédéral Pablo Rodriguez, leader parlementaire du gouvernement du Canada, est cosignée par le député de Lac-Saint-Jean à la Chambre des Communes, Alexis Brunelle-Duceppe, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, le préfet de la MRC de Lac-Saint-Jean-Est, André Paradis, le maire d’Alma, Marc Asselin, le directeur général de Promotion Saguenay, Patrick Bérubé, le directeur général de la CIDAL, Marc Moffat, et la présidente-directrice générale d’Aéro Montréal, Suzanne Benoît.

Monsieur le député,

Par la présente lettre, des élus du Saguenay–Lac-Saint-Jean et de la grappe aérospatiale du Québec joignent leurs voix à celle du député de Chicoutimi–Le Fjord, Richard Martel, qui a récemment partagé ses vives inquiétudes face au choix de terre d’accueil pour le projet d’acquisition de drones militaires.

Inquiets que la sélection du site soit orientée par un enjeu politique plutôt que stratégique pour l’industrie aérospatiale, les élus du Saguenay–Lac-Saint-Jean et d’Aéro Montréal réitèrent que l’implantation de cette flotte de drones au sein de la Base des Forces canadiennes Bagotville doit constituer une priorité absolue pour le gouvernement du Canada.

Au cœur de l’écosystème régional et québécois, la Base de Bagotville contribue directement à la synergie et au savoir-faire unique de la province à l’échelle canadienne et nord-américaine. En plus de générer des millions de dollars en retombées économiques annuelles primordiales dans un contexte de relance économique, l’arrivée du drone militaire permettrait de renforcer la présence francophone au sein des Forces armées canadiennes qui, depuis des années, déploient des efforts pour maximiser cette représentativité.

« Le gouvernement doit impérativement s’assurer que Bagotville et, plus largement, le Saguenay–Lac-Saint-Jean, soit désigné comme terre d’accueil pour cette flotte de drones militaires. Grâce au Centre d’excellence sur les drones à Alma et à un espace aérien incomparable, la Base de Bagotville est la mieux placée pour accueillir ces investissements. Il serait incohérent que le fédéral ait créé les conditions gagnantes pour qu’une flotte de drones s’établisse ici pour finalement devoir repartir à zéro au Nouveau-Brunswick », précise le député de Lac-Saint-Jean à la Chambre des communes, monsieur Alexis Brunelle-Duceppe.

L’implantation de cette flotte confirmerait la position du Québec en tant que hub pour le secteur des drones à l’échelle canadienne. Cela lui conférerait le statut de centre d’accueil pour la technologie du drone, ce qui lui permettrait d’attirer les divers manufacturiers en plus de créer une synergie unique entre Bagotville et Alma dans ce domaine en pleine expansion.

« La venue des drones militaires à la Base des Forces canadiennes Bagotville permettrait de consolider et même d’ajouter des emplois de qualité dans notre région et de tendre vers la diversité économique, dont celle-ci a grandement besoin pour pouvoir prospérer et maintenir son développement futur. De plus, le projet d’acquisition de drones militaires s’ajouterait aux projets d’investissement annoncés par le gouvernement de Justin Trudeau et confirmerait l’importance de la Base de Bagotville au sein de l’armée canadienne », soutient la mairesse de Saguenay, Mme Josée Néron.

Au-delà de la terre d’accueil, rappelons que deux consortiums ont été retenus pour les phases subséquentes du projet, soit le consortium Artemis et le consortium Skyguardian. Composés de certaines des plus grandes entreprises québécoises de l’industrie aéronautique, ceux-ci engendreraient de grands travaux au Québec, nécessitant le développement de plusieurs petites et moyennes entreprises et le savoir‑faire de nos universités québécoises. Le projet engendrerait la création de 250 emplois, dont la région (et la province!) ne peut se passer.

« Nous avons la chance d’avoir ici, au Québec, une main-d’œuvre qualifiée de plus de 43 400 travailleurs, ainsi que des entreprises innovantes et performantes. L’implantation d’une flotte de drones en sol québécois permettrait non seulement de faire rayonner l’expertise d’ici à l’échelle nationale et internationale, mais serait un message clair de l’engagement du gouvernement fédéral à l’endroit de l’industrie aérospatiale du Québec; un pilier stratégique de l’économie du Canada et de la chaîne d’approvisionnement mondiale », souligne la présidente-directrice générale d’Aéro Montréal, Mme Suzanne Benoît.

« Au-delà des retombées économiques régionales majeures, ce projet est caractérisé par un aspect civil très important pour lequel la collaboration du Centre d’excellence sur les drones est cruciale, explique le maire de la Ville d’Alma, M. Marc Asselin. Reconnu dans la Stratégie aérospatiale québécoise, le CED constitue l’un des seuls au pays à bénéficier d’un espace aérien pour l’essai de drones hors de portée visuelle. Son implantation au sein des Forces canadiennes Bagotville permettra de promouvoir la compétitivité de ce domaine clé de l’industrie aérospatiale et dont les applications civiles sont associées à plusieurs secteurs économiques bien implantés au Québec, tels que la sécurité, l’énergie, l’agriculture et les ressources naturelles.