Inciter les gens à bouger

OPINION / Vendredi matin, sur les ondes d’une radio régionale, un membre du conseil de Saguenay (NDLR Michel Potvin) mentionnait que Saguenay doit trouver 7 millions de dollars.

 Dans les pistes de solution, celui-ci évoquait comme possibilité l’augmentation des coûts pour l’utilisation des piscines, et même l’augmentation de la carte de ski fond au parc Rivière-du-Moulin, allant même jusqu’à justifier l’augmentation en comparant le coût du parc Rivière-du-Moulin et celui du Norvégien, qui charge plus de 100 $ pour une même carte de ski. Monsieur, en agissant ainsi, vous diminuez l’accessibilité aux différentes installations sportives. Pour que les citoyens se mobilisent à bouger, il faut des installations, mais également une tarification des plus basses. Ce n’est pas le coût de la carte de membre de Rivière-du-Moulin qu’il faut augmenter, mais plutôt diminuer celui de la carte de membre du Norvégien. Ainsi, plus de gens en profiteront et seront actifs.

L’augmentation des salaires des élus de la ville est à coût nul, mentionne-t-il. Avec les postes de conseiller abolis et les nouvelles augmentations, c’est la même dépense pour Saguenay. Justement, le fait d’abolir des postes de conseillers municipaux avait, entre autres objectifs, celui de diminuer les coûts à la municipalité et non de les maintenir… Voilà quelques milliers de dollars trouvés.

Nicholas Bussières, professeur

Baccalauréat en éducation physique et à la santé

Chicoutimi

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RELIGION PATRIMONIALE HISTORIQUE

OPINION / Croyez-vous encore à la laïcité de notre gouvernement ? La position ferme de François Legault sur le maintien du crucifix dans les lieux de pouvoir est éloquente. Seule la religion catholique, celle de la majorité, est respectée au Québec, dorénavant. Une enseignante ayant un foulard sur la tête se fera indiquer la porte de sortie et perdra son emploi alors qu’une autre pourra installer un crucifix dans sa classe à titre d’article patrimonial. La clause dérogatoire niant dorénavant le droit fondamental des minorités religieuses du Québec sera votée par un groupe de sympathisants au catholicisme avec un magnifique crucifix trônant fièrement au-dessus de leur tête.

La religion catholique coûte une fortune aux contribuables qui ne pratiquent pas, mais qui ont suffisamment de sympathie pour ne pas en faire un enjeu. Le maintien des lieux de culte, les assemblées de croyants pour participer à des rites ou se faire prêcher les vertus de chaque religion comme étant la seule valide sont placées au même rang que des œuvres de charité, ouvrant le droit à des exemptions fiscales importantes.

Gageons que notre gouvernement « laïque » ne s’attaquera pas à cela, car la majorité qu’il flatte y verrait une attaque directe à leur religion patrimoniale historique.

Jeannot Vachon

Québec

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DIRE MERCI

OPINION / Un ami de longue date me disait dernièrement qu’il était sur le marché du travail depuis plus de 25 ans et qu’il n’a jamais reçu un sou de pourboire, lui. Je lui ai alors demandé pourquoi il me tenait de tels propos, sachant très bien qu’il n’a jamais été un travailleur à pourboires.

Alors, il me dit : « Connais-tu la chanson de Robert Charlebois, Fais-toi z’en pas... ? Il y a un passage qui va ainsi : “Laisser un tip et dire merci/Fais-toi z’en pas tout l’monde fait”. » Puis, il enchaîna en me disant qu’en une seule journée, il avait donné près de 15 $ en pourboires à des employés dans deux restaurants, dans un café et dans un bar. Et personne ne l’avait remercié en plus. Il était plutôt découragé de cet état de fait. Je lui répondis qu’effectivement, c’était un peu troublant juste d’y penser. Et que j’étais ce qu’on appelle, moi aussi, un citoyen donneur de pourboires. Et que je remarquais assez souvent qu’on ne me remerciait pas, moi non plus, mais que c’est moi qui disais merci. Alors, on est en droit de se demander si on a assez donné. Donner plus que 15 % du montant indiqué sur la facture, ce n’est plus suffisant, semble-t-il. Donner 2 $ en pourboire sur une facture de 10 $ pour un repas servi au restaurant semble être insuffisant, lui dis-je. Faut pas oublier que le salaire minimum des travailleurs à pourboire au Québec est fixé à 9,80 $ l’heure et que la plupart ne reçoivent pas plus. Travailler à pourboires prend alors tout son sens.

L’autre jour, j’ai pris un café dans un resto qui revenait à 3 $. J’ai laissé 1,25 $ en pourboire à la serveuse. Elle m’a fait un grand sourire et m’a dit un gros merci. En fait, si j’avais laissé l’équivalent du 15 % communément admis, je ne lui aurais donné que 45 cents. Elle ne l’aurait pas trouvé drôle et elle ne m’aurait sans doute pas remercié. En fait, il y a eu un service effectué par ladite employée, exécuté avec entrain et bonne humeur. Son travail a été fait d’une façon professionnelle, même s’il ne s’agissait que de servir un café.

Alors, je dis à mon ami : « De deux choses l’une : soit on n’a pas les moyens de sortir en ville, d’aller au restaurant et de laisser un bon pourboire ; alors, on reste à la maison. Soit on travaille comme serveur dans un restaurant et si l’on trouve que ce n’est pas assez payant et que les clients ne donnent pas assez de bons pourboires, on change de job. Alors, plus personne n’aura besoin de remercier qui que ce soit pour un service offert ou pour un service rendu. » C’est un bien triste constat, mais c’est ainsi.

Mon ami m’a alors répondu : « Écoute, il y a là matière à réflexion, en effet, et je t’invite à aller boire un verre en ville, et surtout, je ne manquerai pas de laisser un bon pourboire, c’est le cas de le dire. »

Yvan Giguère

Saguenay