Improvisation et amateurisme à l’hôtel de ville

OPINION / On doit se rendre à l’évidence : les dés étaient pipés en ce qui à trait à la démarche de l’administration municipale concernant le projet de développement du centre-ville de l’arrondissement de Chicoutimi.

D’abord, dans l’improvisation totale, au printemps dernier, la mairesse de Saguenay, Josée Néron, de sa propre initiative, présente un projet de reconstruction du centre Georges Vézina au centre-ville de Chicoutimi. Une initiative spontanée qui a surpris tout le monde, y compris bon nombre des conseillers municipaux élus, eux aussi, démocratiquement par les citoyens de Saguenay. Celle qui faisait de la transparence le pivot de sa dernière campagne vient d’en rater une.

Mais bon, afin de faire oublier cette maladresse, la mairesse annonce plus tard que la Ville de Saguenay lancera une consultation via le Web grâce à un nouveau logiciel acquis au coût de 30 000 $ et qui permet aux citoyens de donner leur opinion. Ce logiciel, appelé Bang the Table, nous vient directement de Vancouver. Son coût initial ne comprend ni la formation ni les mises à jour, soit une somme récurrente d’environ 25 000 $. Mais peu importe, ce n’est pas cher payé pour faire oublier que la mairesse a oublié de remplir ses promesses de transparence.

Paraîtrait que 3000 personnes ont pris part à cette consultation, soit environ 0,02 % de la population.

Mais pendant que les citoyens expriment par voie numérique leur opinion, voilà qu’une citoyenne, forte d’une compétence acquise au cours de sa courte participation aux activités de l’administration municipale, dévoile un projet de centre multifonctionnel au centre-ville. La divulgation de cette trouvaille occupe tout l’espace médiatique et fait tache d’encre en repoussant dans l’ombre la présentation alambiquée de la mairesse.

Enfin, en plein mois de juillet, au beau milieu des vacances estivales, les résultats de la consultation sortent. Sans surprise, parmi les trois projets retenus figure celui de l’ex-conseillère, qui ressemble à celui de la mairesse.

L’annonce n’a pas soulevé beaucoup d’intérêt. Même le responsable de l’aménagement du territoire, génie et urbanisme, le conseiller Simon-Olivier Côté, a boudé le dévoilement de ces résultats sommaires.

Et on nous souligne que les recommandations quant au choix final viendront en automne prochain. D’ici là, les travaux se poursuivent au centre Georges-Vézina, tandis qu’à Jonquière, on attend toujours pour la réouverture du Théâtre Palace Arvida et pour la suite des choses concernant le soccerdôme.

Ce peut-il que toute cette saga d’un centre multifonctionnel sur la zone ferroviaire de l’arrondissement de Chicoutimi ne soit qu’un miroir aux alouettes afin de nous faire oublier le bilan peu reluisant de cette nouvelle administration municipale ?

Pourtant, l’état de nos rues, tout comme l’abandon d’entretien de certains de nos parcs, nous fait sentir tous les jours que l’amateurisme a gagné l’hôtel de ville et que nos conseillers plein temps à 80 000 $ par année n’ont pas un grand rôle à jouer dans ce décor.

Richard Banford

Saguenay

Ex-employé du cabinet de Jean Tremblay

 + 
JOSEPH ROULEAU : DE BEETHOVEN À FÉLIX ! 

Le grand chanteur lyrique Joseph Rouleau nous a quittés, le 12 juillet, à l’âge vénérable de 90 ans. Cet artiste originaire de Matane a chanté sur les plus grandes scènes du monde, les plus beaux airs classiques des plus grands compositeurs. Je pense ici, entre autres, à Rossini, à Beethoven et à Gounod. Puis, tel un grand bonheur inattendu, il a immortalisé sur disque, en 1990, de sa riche voix de basse, des chansons de Félix Leclerc. Et, accompagné de l’orchestre symphonique de Trois-Rivières, il a offert, la même année, un spectacle mémorable en chantant Félix à l’amphithéâtre du Festival international de Lanaudière. Plus de 4000 spectateurs y assistèrent.

Entendre, entre autres, L’hymne au printemps chanté par Joseph Rouleau, n’est-ce pas un des plus grands cadeaux qui nous fut donné et n’est-ce pas un des plus bels hommage rendu à un autre grand artiste du Québec, en la personne de Félix ?

Et, je me dis, après tout : Félix Leclerc n’est-il pas justement le plus grand classique de la chanson québécoise ? Nul doute que le chanteur classique Joseph Rouleau le pensait lui aussi en décidant de nous offrir, par sa voix magnifique, les mots et la musique de Félix.

Quand deux géants sont ainsi réunis, par un même souffle, n’est-ce pas le plus grand des « p’tits bonheurs » ?

Je sais qu’une salle de spectacle porte le nom de Joseph Rouleau à Montréal. Mais tout comme Félix Leclerc, ce grand chanteur lyrique mérite lui aussi que des rues du Québec portent son nom. En commençant par Matane, sa ville natale.

Yvan Giguère

Saguenay