Simon Jolin-Barrette

Il y a péril en la demeure... agissons!

OPINION / Au même titre qu’une préoccupation planétaire à développer face à une détérioration du climat et de l’environnement, tout le Québec est concerné par le recul de sa langue officielle.

La singularité d’une société distincte en Amérique du Nord a du plomb dans l’aile.

Allons-nous perdre à jamais cet héritage unique au monde, qu’il restera à classer au patrimoine mémorial, au créneau folklorique sur la même tablette que la ceinture fléchée, parce que, comme leurs prédécesseurs, des apprentis sorciers en matière d’application de la loi 101 gouvernent le Québec ? Le ministre Jolin-Barrette qui voulait légiférer sur le « bonjour-hi ! » pour protéger le fait français au Québec se moque de nous.

Par ailleurs, devrait-on faire confiance à François Legault pour faire appliquer rigoureusement la loi 101, alors qu’il ne tiendra pas sa promesse de nous faire voter selon un nouveau mode de scrutin, en 2022 ? 

Cela devrait commencer par le français, langue de travail, pour tout ce qui concerne les institutions fédérales publiques et privées à Montréal.

La langue française, ciment fondateur de la société québécoise, est en train de s’effriter d’abord là. Selon un sondage récent, dont a fait mention un chroniqueur au journal Le Devoir, 40 % des jeunes sont indifférents au fait qu’on leur parle en français ou en anglais. En 2013, ils étaient 32 %. 

Si on ne cartographie pas Montréal et sa couronne pour identifier les contributions actuelles à la dégradation de la langue officielle et que des mesures fortes visant à faire pénétrer le fait français partout sur ce territoire ne sont pas mises en application, la majorité francophone court à sa perte partout au Québec. De proche en proche, à partir de Montréal jusqu’à Sainte-Élisabeth-de-Proulx, l’anglicisation va faire tache d’huile.

Marcel Lapointe

Jonquière