Il y a de vrais Métis au Québec

OPINION / Il est franchement malheureux que la question des Métis du Québec ne soit pas plus évoquée dans les médias québécois. Dans les faits, contrairement à ceux de l’ouest du Canada et même de l’Ontario, les Métis du Québec demeurent sans reconnaissance de la part de l’État québécois et leur lutte juridique afin de reconnaître leurs droits ancestraux continuent de cheminer devant les tribunaux sans qu’elle soulève beaucoup d’intérêt dans les médias.

L’histoire n’est pas récente. Puis-je rappeler d’abord le site de la Pointe aux Alouettes, situé à Baie-Sainte-Catherine dans Charlevoix, où l’on commémore cette « Grande alliance » de 1603 entre les Français et Samuel de Champlain et trois nations autochtones (Innus, Anishinabeg, Malécite)? C’est là une réalité historique reconnue. Alors pourquoi ne pas admettre que nos ancêtres français ont été les amis et collaborateurs de plusieurs nations autochtones?

Par ailleurs, à titre d’exemple, nous retrouvons à La Malbaie dans la famille bien connue des forgerons Riverin, un ancêtre ayant à la fois engendré une famille dite blanche vivant dans Charlevoix et une autre devenue autochtone sur la Basse-Côte-Nord parce que vivant sur une réserve. Et il y aurait bien d’autres familles de la Côte-Nord et de Charlevoix dans la même situation, suite aux déplacements de population entre ces deux régions au 19e siècle. N’y a-t-il pas là des parentés qui démontrent une véritable proximité?

Lors de nos recherches de terrain sur la Côte-Nord du Québec, entre Godbout et Moisie, nous avons pu rencontrer des hommes et des femmes témoignant de leurs racines autochtones, même s’ils ne vivent pas sur des réserves. Leurs pratiques culturelles se rapprochent souvent de celles des autres autochtones notamment avec la construction de camps, l’importance de la chasse et la pêche, même la religion et les pratiques alimentaires. Ils ont toutefois appris à transiger avec les « blancs » notamment à titre de guide de chasse et de pêche et plusieurs livres et récits de voyage les identifient au 19e siècle comme étant des « guides métis ».

Ces Métis québécois sont des autochtones, même s’ils ne vivent pas sur des réserves. Ils ont gardé des liens de parenté tissés de longue date avec les autres autochtones et entretenus jusqu’à aujourd’hui. Et cette situation se retrouve aussi au Saguenay, au Lac-Saint-Jean et dans bien d’autres régions du Québec.

En fait, les membres des communautés métisses du Québec sont des gens sincères possédant une identité que les autorités en place refusent toujours de leur reconnaître. Oui, il y a de vrais Métis au Québec et je peux en témoigner.

En fait, les personnes revendiquant le statut de Métis au Québec veulent simplement être enfin reconnues juridiquement et avoir les droits qui s’ensuivent. Toutefois, leur identité métisse, ils la vivent déjà dans leur quotidien et elle ne fait aucun doute pour eux ou pour leur entourage.

Cette nécessaire reconnaissance n’enlève aucune primauté aux Premières nations et ne les empêche aucunement de s’affirmer. En fait, la reconnaissance de communautés métisses au Québec peut plutôt enrichir et renforcir l’identité autochtone en donnant des droits à des groupes dont l’identité est actuellement niée par la loi et dont la culture est occultée. Pour tout dire, on devrait déplorer que le Gouvernement du Québec s’acharne à nier leur droit d’exister légalement, notamment avec la collaboration de chercheurs universitaires cherchant surtout à brouiller les pistes. Mais, il faut pourtant souhaiter, qu’un jour prochain, les Métis du Québec possèdent enfin leur reconnaissance juridique, ce qui adviendra certainement nous n’en doutons pas.

Serge Gauthier, Ph.D.

La Malbaie

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LES HARDES ET LES BOTTES

Afin que la population s’y reconnaisse, Catherine Dorion et Sol Zanetti de Québec Solidaire désirent se présenter au salon des contribuables attifés d’oripeaux. Si quelqu’un m’invite à sa table ou à son salon, je me dois de lui faire l’honneur de m’y présenter dans une tenue convenable et si possible agréable et non affublée de mes hardes de ménagères, d’éboueur ou de menuisier. Or, le Salon Bleu est le salon des Québécois et j’insiste, de tous les Québécois. La cravate peut facilement être remplacée de façon à éblouir la galerie et le jean de coupe impeccable passe toujours. Quant aux bottes et chaussons de coupeurs de bois assortis de camisoles d’ados, il y a matière à s’indigner. Par respect pour les Québécois, faites au moins l’effort de vous présenter devant la population dans une tenue non équivoque et qui ne porte pas ombrage à votre profession.

Sylvia Pelletier Gravel

Gatineau