Il faut aller voter!

OPINION / Je vous préviens d’avance : je suis une grande cynique en politique. Je vois aller la campagne électorale et comme à peu près tout le monde, je suis très déçue. J’aimerais pouvoir voter blanc, mais cette option n’est pas disponible. Toutefois, hors de question que je boycotte le vote.

J’ai une amie du Brésil et, elle aussi, subit une campagne électorale dans son pays. Mais elle a le choix entre des corrompus, un corrompu condamné qui se présente même en étant en prison et un potentiel dictateur. Elle voit ce qui se passe au Venezuela, au Pérou et au Nicaragua, et j’avoue que ses peurs me donnent parfois froid dans le dos.

Cela me rappelle que la démocratie est une institution très fragile. Par ailleurs, celle-ci a davantage reculé dans le monde qu’avancé en 2017. Ce sont des statistiques effrayantes. Un être humain a aujourd’hui pratiquement plus de chance de naître dans une dictature que dans une démocratie où les droits de la personne sont respectés.

Aussi imparfait notre système peut-il être, il demeure extrêmement envié à plusieurs endroits sur la planète. C’est pour cela qu’il est important de voter. Pour protéger ce luxe pour lequel nos ancêtres se sont battus et pour lequel des milliers de personnes continuent de mourir chaque année afin de l’obtenir.

On peut chialer contre le travail des députés. Mais, ces derniers demeurent des personnes qui ont le courage de se sacrifier pendant quatre ans à une tâche qui n’est pas du tout de tout repos. Alors, comment pourrais-je critiquer leur travail si j’étais incapable de faire un truc aussi simple que de voter une fois au quatre ans ?

Car c’est cela pour moi, le droit de vote. Pouvoir critiquer le candidat qui m’a déçu ou critiquer le candidat pour qui je n’ai pas voté. C’est tout simplement me donner le droit de critiquer, d’exprimer mon opinion sur la politique. Voter blanc serait une option que j’accueillerais à bras ouverts, mais ne pas voter serait laisser les autres décider pour moi. Ce serait cracher sur des décennies de luttes au cours desquelles mes aïeux ont souvent laissé leur sang.

On adore chialer contre nos politiciens constamment, mais le simple fait de chialer est un privilège refusé à bien des personnes dans le monde. Prenons-en soin.

Joanie Dallaire

Alma

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UN MAL PROFOND

OPINION / Depuis plus d’un an, je me bats contre un ennemi subtil et dévastateur, peu connu, mais plus commun qu’on peut penser. Il commence doucement à s’immiscer dans ta vie, se faisant passer pour un allié. Tu te dis wow ! , tout va bien, tu es super fonctionnel, tu t’investis dans plein de nouvelles choses et tout ça en sacrifiant ton énergie et ton sommeil pour l’espoir d’un meilleur jour. Sauf que tu n’avais pas vu que tu t’approchais d’un précipice, ton nouvel « allié » ne t’avait bien sûr pas prévenu.

Ton sommeil, déjà minime, diminue drastiquement en plus d’être interrompu par d’étranges et multiples cauchemars. Ensuite, tout semble prendre le bord avec le manque de sommeil , la perte de vigilance, l’irritabilité, le découragement lié au fait que tes projets plafonnent et n’aboutissent pas. Pour le commun des mortels, il s’agit d’un problème à régler, mais pour ceux qui en sont atteints, cet allié/ennemi que l’on nomme « syndrome de choc post-traumatique » ou PTSD est un mur devant ses aspirations à vivre une vie heureuse.

En plus d’être handicapant, ce syndrome est très difficile à diagnostiquer et généralement difficile à traiter. Une fois que nous en avons conscience, le marathon commence ; on essaie différentes thérapies, un paquet de nouvelles médications changeant l’équilibre biochimique de notre corps (somnifères, stimulation, anxiolytique, antidépresseurs) avec bien sûr tous les effets secondaires qui y sont rattachés.

Il peut être causé par bien des traumatismes, autant physiques que psychiques, et reste souvent enfoui jusqu’à ce qu’un moment marquant le réveille.

Dans mon cas, ce « moment marquant » est le choc causé par plusieurs choses dont la période qui a mené au décès de mon premier enfant. Mon garçon, que j’avais attendu si longtemps, est décédé à la suite de longs jours de soins, de confort, dans mes bras.

Telle la meilleure des productions cinématographiques, la précision avec laquelle je revis ces moments me replonge dans le même état que j’étais alors.

Ça va faire un an en novembre que je suis en arrêt de travail, et malheureusement je ne vois toujours pas le chemin de la guérison. Un peu d’espoir provient de nouveaux médicaments et thérapies, mais il s’agit d’un problème extrêmement complexe et qui bénéficie de peu de recherche, car les gens qui en sont atteints, souvent des soldats ou des gens avec peu de ressources, ne sont pas très utiles d’un point de vue purement économique. Mais chaque nouvel obstacle semble insurmontable, et malheureusement avec un enfant malade, cela arrive fréquemment. Mais le travail se poursuit. Je me dois de faire en sorte de guérir pour profiter des merveilleux moments offerts par la vie qu’il me reste à vivre.

Je tenais à écrire ce texte pour aider les gens à mieux comprendre ce type de problèmes, car lorsque le psychique et/ou le physique sont malades, c’est une question unique à chacun, car nous vivons tous à l’intérieur de notre propre vie.

Martin Dallaire

Chicoutimi