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Homme + femme = enfant : une équation à rajeunir

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
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OPINION / Depuis notre plus jeune âge, les gens se font un plaisir d’imaginer notre vie comme s’il s’agissait d’un conte de princesse. Un chemin semble tracé pour nous : marier son prince charmant, avoir des enfants et vivre heureux jusqu’à la fin des temps. Comme si, dans notre société hétéronormative, avoir des enfants et vivre épanouie passe inévitablement par être en relation avec quelqu’un du sexe opposé.

Par Mégan Tremblay, Alma

Mais qui a dit qu’un conte de fées était exclusivement réservé aux hétérosexuels ? La princesse peut tomber amoureuse de sa meilleure amie, tout comme le prince peut embrasser son chevalier. Tout cela est tellement normal ! Il faut arrêter de faire croire aux enfants que la vie de couple rêvée est uniquement réservée à un homme et une femme. Je suis bien consciente que la société évolue. Je n’ai qu’à penser à Simon Boulerice, qui écrit de magnifiques livres remplis de diversité, pour me redonner espoir. Cependant, je crois qu’il reste d’énormes progrès à faire en ce qui a trait à l’homoparentalité. Pour certains couples LGBTQ+, le désir de parentalité est comblé avec l’adoption d’un animal de compagnie, mais pour d’autres, il est inconcevable d’imaginer leur vie sans enfant. Pour certaines femmes lesbiennes, être la « matante cool » n’est pas assez, elles veulent avoir des enfants bien à elles et je trouve ça inconcevable que la société leur mette des bâtons dans les roues. En effet, il est beaucoup plus difficile de fonder une famille pour les couples de même sexe. Comme le dirait Louise Latraverse, l’amour, c’est de l’amour crisse ! Peu importe l’identité de genre ou l’orientation sexuelle, deux personnes qui s’aiment, ça reste deux personnes qui s’aiment !

Lorsque deux femmes désirent avoir un enfant et que l’une d’elles souhaite porter, c’est un peu plus simple puisqu’il y a des banques de sperme et que des contrats protègent la famille contre les recours du donneur. Malheureusement, c’est extrêmement plus compliqué pour deux hommes. En effet, s’ils veulent s’y prendre de cette manière, l’emploi d’une mère porteuse est légal, mais non régi au Québec. Ce qui veut dire qu’il n’y a aucune loi pour encadrer cette pratique. La mère porteuse peut donc décider de garder l’enfant et le couple de futurs parents n’a aucun recours. Une simple loi pourrait éviter de nombreux moments d’angoisse aux pères, mais pourtant, le gouvernement ne semble pas pressé de la mettre en place. Qu’attend-il pour agir ? S’il est aussi ouvert d’esprit qu’il le prétend, pourquoi ne pas imiter l’Ontario (pour qui le contrat mère porteuse/futurs parents est reconnu) ?

Je vous interpelle directement, M. Legault. Je suis consciente que vous avez d’autres chats à fouetter en ce moment, mais faites quelque chose ! Je veux que tous les gens de ma communauté aient une chance égale de fonder une famille.

Je vous entends dire : pourquoi ne pas simplement avoir recours à l’adoption ? Parce que c’est également beaucoup plus complexe. Premièrement, l’adoption à l’international est refusée aux couples homosexuels. Pour pouvoir adopter un enfant d’un pays étranger, une personne du couple doit faire une demande d’adoption en cochant la case « célibataire hétérosexuel ». Ça me brise le coeur d’avoir à retourner dans le placard pour fonder une famille, qui est pourtant un projet de couple ! Par chance, c’est possible d’adopter au Québec, notamment en passant par la banque mixte, mais encore là, il faut s’armer de patience, puisqu’il s’agit d’une famille d’accueil avec possibilité d’adoption.

Je ne sais pas si je veux avoir des enfants, mais si je prends parole aujourd’hui, c’est pour défricher le terrain pour ceux derrière moi, tout comme mes modèles l’ont fait pour moi. Lorsque je vais être rendue à ce stade de ma vie, je ne veux pas avoir la bureaucratie qui jouera contre moi. Je veux vouloir prendre cette décision de couple sans prendre l’interminable paperasse en ligne de compte. Je veux que ce soit notre choix à nous, exclusivement basé sur nos désirs et notre bonheur. Bien que l’homophobie soit de moins en moins présente au Québec, il faut mettre les bases d’une société beaucoup moins hétéronormative.