Hommage aux femmes d’ici

OPINION / Que ce soit Valérie Plante à Montréal ou Josée Néron à Saguenay, qui sont devenues les premières femmes mairesses de leur ville respective. 

Que ce soit Martine Ouellet, chef du Bloc Québécois ou encore Mélanie Joly, ministre du Patrimoine canadien.

Que ce soit Pauline Marois qui fut la première femme à diriger le Québec ou encore la regrettée Marie-Claire Kirkland Casgrain, qui fut la première femme à devenir députée à l’Assemblée législative du Québec et la première femme membre du Conseil des ministres. Que ce soit toutes ces femmes du Québec qui occupent des emplois et des postes qui auparavant n’étaient réservés qu’aux hommes, j’aimerais leur dire que je me réjouis et que je suis heureux d’un tel constat.

Je suis pro-femme en politique et plus il y aura de femmes mairesses, députées ou ministres, plus je serai rassuré. Déjà quand j’étais étudiant au secondaire, cela me rassurait de voir qu’une fille avait été choisie pour être présidente de ma classe ou encore de l’association étudiante de l’école.

La femme est l’égale de l’homme, il ne faut plus lésiner à ce sujet.

Les femmes disposent des mêmes atouts que les hommes pour faire avancer notre monde et le rendre meilleur. Elles disposent même d’autres visions et elles sauront de plus en plus nous faire grandir et donner à l’Humanité un souffle nouveau et un nouvel essor. Elles contribueront aux côtés des hommes à donner au mot fraternité tout le sens qui lui revient. 

Yvan Giguère

Saguenay

La grande illusion

OPINION / En octobre 2018, nous élirons un nouveau gouvernement à Québec. Tous les partis sont en mode grande séduction et peaufinent leur image de marque autour de la famille, un thème récurrent en période électorale. Mais plusieurs nient le problème de fond dont on a des échos ces jours-ci dans le cadre de la Journée internationale des femmes : les parents peinent à conjuguer leurs obligations familiales et professionnelles. 

Par exemple, des annonces à la pièce comme les changements au Régime québécois d’assurance parentale des libéraux ou le véritable piège pour les femmes contenu dans les « bébés bonus » de la CAQ nous situent encore loin d’un nécessaire plan global en matière de conciliation famille-travail-études. L’écran de fumée qu’utilisent ces partis est encore moins crédible si l’on considère que la réduction d’impôts et le démantèlement de l’État social sont inscrits dans leur ADN.

La baisse d’impôts favorable aux familles est une illusion sur toute la ligne. Qui dit baisses d’impôts dit diminution des services publics. Et le constat est douloureux pour les familles lorsqu’elles doivent ou bien payer de leur poche les services auparavant fournis par l’État ou bien s’en passer. Sans compter qu’une baisse d’impôts fera gonfler le salaire brut lui-même imposable. Une baisse d’impôts imposable, toute une affaire !

Les libéraux ont engrangé 4,5 milliards de dollars en surplus en coupant dans les services à la population. Les enfants, les élèves, les parents et les familles en paient le prix fort. Le réseau des services de garde éducatifs à l’enfance, lui, en ressort grandement affecté. Les femmes et les familles monoparentales ont perdu le soutien de nombreux organismes. En éducation, l’épuisement professionnel guette les profs alors qu’en santé et services sociaux, le personnel, dont un grand nombre de femmes le plus souvent avec des familles, croule sous la charge de travail et le régime des heures supplémentaires forcées. Dans le milieu scolaire, des élèves sont privés du soutien de psychologues, d’orthophonistes, de psychoéducatrices et autres spécialistes. 

Par ailleurs, s’appuyer sur le parti de François Legault pour défendre les services aux familles relève du pur mirage. La CAQ dit vouloir remettre de l’argent dans le portefeuille des ménages. Leur porte-parole en matière de famille, Geneviève Guilbault, admet vouloir défendre le modèle d’affaires des garderies privées non subventionnées, tout en acceptant de tolérer les CPE existants. Le bel exemple de progrès social à la sauce caquiste… 

Pour venir en aide aux ménages québécois, les partis doivent proposer une loi-cadre pour contraindre les employeurs à réaliser la conciliation famille-travail-études et adopter des changements à la Loi sur les normes du travail. Comme la plupart des tâches domestiques et des soins aux enfants incombent encore aux femmes, qui se retrouvent plus nombreuses dans les emplois atypiques, précaires, à temps partiel et au salaire minimum, ils doivent intégrer à cette loi l’horaire de travail fourni cinq jours à l’avance et l’octroi de 10 congés payés pour obligations familiales et maladie. Il faut aussi qu’ils s’empressent de proposer une hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure. L’Ontario, l’Alberta et la Colombie-Britannique s’y sont engagés. Mais le Québec traîne de la patte, avec une hausse insuffisante à 12 $ en mai prochain. 

Quant à François Legault, on sait qu’il se positionne contre la hausse du salaire minimum à 15 $ l’heure. Le député caquiste Simon Jolin-Barrette reproche pour sa part aux gens du Québec de ne pas valoriser la semaine de travail de 60 heures. En matière de conciliation famille-travail-études, on a vu mieux que le modèle américain.

En somme, certains partis voient dans la famille le thème marketing par excellence pour séduire et marquer des points. Mais ce n’est que de la poudre aux yeux. Triste quand même, lorsqu’il s’agit d’un enjeu aussi important. 

Véronique De Sève

Vice-présidente CSN