Haro sur la violence !

Bravo à Myriam Ségal pour sa récente chronique, publiée dans Le Quotidien, au sujet de la violence au hockey. Ses propos rejoignent ma propre pensée. Je suis entièrement d'accord avec le constat que trop de parents poussent leurs enfants à «performer» sur la glace, même si ces derniers aimeraient simplement s'amuser en pratiquant leur sport.
Aussi, il m'apparaît comme une bonne idée, qui paraîtra étonnante pour bien des amateur de hockey, que celle de mettre en service un arbitre dans les estrades.
Du reste, la violence, même occasionnelle dans les matchs de hockey, je n'en veux plus!
Quand va-t-on se décider à abolir les gestes de violence dans le hockey professionnel comme dans les autres sports? Je boycotterai ce sport tant et aussi longtemps que les dirigeants de la Ligue nationale de hockey (LNH) ne poseront pas les gestes nécessaires pour endiguer définitivement cette violence qui déshonore à mon avis notre sport national.
Le hic, c'est que les gestes de violence gratuite et injustifiée pratiquée par certains joueurs professionnels influencent bien des jeunes des ligues mineures...
On apprenait avant la période des Fêtes que la mère d'un jeune hockeyeur de niveau «Pee-wee», victime d'un geste violent lors d'un match joué en 2010, allait intenter une poursuite judiciaire contre ceux qu'elle juge responsables.
Il s'agit d'une première au Canada, semble-t-il. Son fils vit avec un traumatisme crânien depuis cet incident survenu alors qu'il avait 11 ans. Aujourd'hui âgé de 14 ans, le jeune homme ne peut plus pratiquer son sport favori.
Va pour la robustesse qui donne du panache et du mordant à nos sports de contacts. Au hockey, les joueurs ne sont-ils pas équipés en conséquence, après tout? Une bonne mise en échec dans un coin de la patinoire, oui, cela fait partie du spectacle.
Mais, je préfère le football, puisque nous voilà devant un sport où, bien que la robustesse soit reine, la violence est presque entièrement évacuée. On voit même assez souvent des adversaires se taper dans le dos entre deux essais. L'esprit sportif semble y être plus présent qu'au hockey.
Pour ma part, j'ai joué à titre de secondeur intérieur au football collégial. Jamais je n'ai été confronté à la violence. Je me suis fait «ramasser» en maintes occasions par des joueurs plus gros que moi et j'en ai «ramassé» plusieurs avec de très solides plaqués. Je me souviens même d'avoir blessé un joueur de l'équipe adverse. Mais le geste posé était légitime, légal, fait dans les règles de l'art. Et je n'ai pu m'empêcher d'aller à la rencontre de mon adversaire en souhaitant qu'il puisse s'en remettre au plus tôt.
Ce qui me navre au plus haut point dans le monde du hockey professionnel, c'est que la violence fait partie du «show». Bien des partisans salivent à l'idée d'assister à une bataille ou deux au cours des rencontres.
Sans parler des coups mesquins assénés à la tête, au dos ou aux jambes des joueurs. Gestes pour lesquels les fautifs sont parfois expulsés des matchs.
Mais le tort est fait. La violence aura encore été tolérée. Elle aura été punie, d'accord, mais elle reviendra de plus belle.
Yvan Giguère
Saguenay