Groupe Capitales Médias: comment éviter ces drames

OPINION / De la colère. Voilà ce que le Réseau FADOQ a ressenti en apprenant que les travailleurs et retraités du Groupe Capitales Médias ont une épée de Damoclès au-dessus de leur tête.

Les différents scénarios proposés pour sauver les six journaux de cette entreprise de presse entraîneraient la terminaison des régimes de retraite déficitaires du Groupe Capitales Médias, avec les lourdes conséquences que cela comporte. La plus dramatique d’entre elles : une réduction subite, dès le 1er janvier 2020, du tiers des prestations pour des centaines de retraités.

En sommes-nous rendus au point d’accepter avec une certaine fatalité l’écroulement de ces régimes de retraite et l’immense chamboulement de vie que cela entraîne ? Ne devrait-on pas prendre le temps de s’arrêter un instant pour se demander quelles sont les actions que nos gouvernements peuvent entreprendre pour éviter ce genre de situation ?

Nos gouvernements doivent ouvrir les yeux et réaliser que le drame vécu par les retraités du Groupe Capitales Médias est la triste continuité des échecs de Sears, MABE, Singers, etc. Chaque fois, les travailleurs ont été floués. La solution pour éviter pareille aberration passe par une modification du cadre législatif actuel.

À l’échelle provinciale, le Réseau FADOQ demande au gouvernement Legault l’instauration d’un régime d’assurance fonds de pension du même type que celui en vigueur en Ontario. Selon ce modèle, les employeurs cotisent à cette assurance selon un taux variable établi en fonction de la capitalisation de leur régime de retraite. En cas de terminaison d’un régime déficitaire, l’assurance fonds de pension sert donc à verser une rente aux retraités dont le fonds a été amputé.

La réflexion doit aussi se faire à l’échelle fédérale. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Réseau FADOQ a milité fortement lors de la dernière campagne électorale pour une meilleure protection des fonds de pension. Au cœur de la plateforme électorale de notre organisation : une demande pour modifier la Loi sur la faillite et l’insolvabilité (LFI) et la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) afin que les caisses de retraite soient élevées au rang de créances prioritaires.

L’intérêt des travailleurs et des retraités doit être priorisé. Ils ne sont pas responsables des déficits accumulés. Ils ne devraient donc pas non plus être des victimes collatérales lorsque leurs employeurs font faillite. Il est désolant que le déficit d’un régime de retraite soit perçu comme une dette parmi tant d’autres. Il faut opérer rapidement un changement de perception et un changement de législation.

Gisèle Tassé-Goodman, présidente

Réseau FADOQ

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UNE INSULTE

OPINION / La majorité des Québécois s’attendait à ce que le nouveau député élu de Laurier—Sainte-Marie devienne le prochain ministre de l’Environnement du Canada dans le cabinet de Justin Trudeau. Mais voilà que ce dernier le largue au Patrimoine.

Ne pourrait-on aussi affirmer qu’il lui offre un prix de consolation en le reléguant au même ministère que celui dont avait hérité Mélanie Joly en 2015 ? Je considère que c’est une insulte en bonne et due forme qui est faite à Steven Guilbeault qui lui a offert, qui plus est, une belle victoire libérale le 21 octobre dernier dans sa circonscription, cet ancien fief bloquiste presque intouchable. Une insulte donc pour cet ancien militant écologique qui a tant fait, ces 20 dernières années, pour faire avancer la cause environnementale. Mais voilà sans doute ce qui a irrité le premier ministre Trudeau dans son choix, ce passé militant de Guilbeault qui risquait d’ailleurs de déplaire à sa base électorale du ROC, surtout celle de l’ouest du pays.

J’avais entendu dire vaguement que le Québec prendrait du galon dans le nouveau cabinet. Peut-être bien. Mais en tous cas, en ne refilant pas le ministère de l’Environnement à M. Guilbeault, force est de constater que le Québec perd plutôt du galon. Avant même de débuter son deuxième mandat, Justin Trudeau se met déjà le Québec à dos. Le fait-il exprès ?

Yvan Giguère

Saguenay