Groupe Capitales Médias : Legault se doit d’agir

OPINIONS / Monsieur le premier ministre, Depuis [mercredi] matin, une information consternante circule au Québec selon laquelle le Groupe Capitales Médias, qui publie plusieurs quotidiens essentiels à la vitalité de nos régions, fermerait ses portes.

Vous conviendrez avec nous que l’arrêt de la publication des journaux Le Soleil, Le Nouvelliste, Le Quotidien, Le Droit, La Voix de l’Est et La Tribune constituerait une catastrophe pour la vie économique et démocratique au Québec. En effet, en plus des emplois qu’ils génèrent, ces quotidiens sont primordiaux pour le fonctionnement de nos institutions, et ce, sur tout le territoire québécois. À titre de porte-parole des régions, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) peut difficilement concevoir le Québec sans l’existence de ces quotidiens.

Personne n’ignore que la presse écrite régionale vit depuis longtemps des difficultés importantes.

À preuve, plusieurs hebdomadaires régionaux ont fermé leurs portes au fil des ans, ce qui a sérieusement affecté l’accès à l’information partout en région. Ces quotidiens jouent non seulement un rôle essentiel dans la diffusion de l’information régionale, mais ils sont également des acteurs de premier plan du développement de nos communautés.

À court terme, il importe que le gouvernement mette tout en oeuvre pour éviter que l’arrêt de la publication de ces quotidiens du Groupe Capitales Médias se concrétise.

Dans un second temps, la FQM vous demande d’intervenir rapidement et de manière vigoureuse, afin que soient instaurées des mesures pour empêcher que ces quotidiens ainsi que d’autres cessent prochainement leurs activités.

Dans ce contexte, nous souhaitons également que le gouvernement fasse en sorte de déployer les moyens pour assurer la pérennité des médias imprimés québécois, dont la survie est chaque jour malheureusement menacée.

Monsieur le premier ministre, nous savons que vous avez à coeur le développement des régions et que vous ferez tout ce qui est possible pour régler cette situation.

Veuillez recevoir, Monsieur le premier ministre, l’expression de mes sentiments distingués, de même que l’assurance de ma collaboration.

Jacques Demers

Président de la FQM

Maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog

+ EN RÉPONSE À CLÉMENT FONTAINE

Consciemment ou pas, Clément Fontaine, dans sa lettre ouverte intitulée Sauter trop vite aux conclusions parue dans Le Quotidien du 12 août, se fait l’apôtre de la dévitalisation tranquille du Saguenay–Lac-Saint-Jean. La lettre transpire le défaitisme et fait, à mon avis, l’apologie d’un manque de vision collective et de repli sur soi au profit du reste du Québec. Qui sait, lui, ce qui est bien pour nous... Ce repli condamne lentement notre région à devenir une vraie région ressource. Tranquille, bucolique, dévitalisée. Une région incapable de se servir de ses atouts et de ses projets comme des leviers pour son avenir, pour diversifier son économie, pour maintenir son poids sociodémographique dans le Québec. Incapable de réfléchir par elle-même aux grands enjeux, parce que trop reculée ? À croire qu’à force de le dire, on va finir par s’en convaincre.

Pour moi, se féliciter que des citoyens de partout dans la Belle Province se prononcent pour condamner nos grands projets, probablement sans rien connaître de ces projets et sans avoir aucune idée des enjeux et des défis que la région traverse depuis des décennies, c’est se condamner à dépérir.

Ce n’est pas à Montréal ou aux mains de groupes de pression aux motivations obscures que se trouve l’avenir de notre région. C’est ici, entre nos mains. Prétendre que parce qu’il y a actuellement peu de gens en recherche d’emploi dans la région signifie qu’il n’est plus nécessaire de chercher à développer notre économie, c’est se murer dans un aveuglement volontaire.

Si la région veut maintenir ses services, ses cégeps, son hôpital régional fort, son université, si on veut que Saguenay ait les moyens de se payer des travaux d’asphaltage décents, si on veut un jour développer le champ de cailloux qui défigure le centre-ville de Chicoutimi, il faut des projets. Il faut attirer des travailleurs de l’extérieur et leur famille en offrant des emplois solides, bien rémunérés. Des emplois de qualité, avec de bons salaires, trouveront toujours preneurs. Ces emplois paveront la voie à la diversification de la région, ce que l’on désire depuis des années.

Mais, effectivement, ce n’est pas une tâche facile. C’est un défi à la hauteur des pionniers qui ont forgé notre région. Entre refuser ce défi et se laisser mourir sous une cloche de verre, sous le regard des grands centres, où se lever debout en accompagnant les projets, en les forçant à s’améliorer et à réduire leurs impacts, en faisant en sorte qu’ils soient bons à long terme pour le Saguenay–Lac-Saint-Jean, pour le Québec et même pour la planète, mon choix est clair. Levons-nous et assurons notre avenir. Faisons-le intelligemment, en nous informant, sans complaisance envers les promoteurs, mais en pensant à notre avenir. Nous en sommes capables, sans mettre en péril l’environnement. Faisons preuve de vision, de vraie vision. Restons un exemple de région dynamique, capable d’agir en leader, comme nous avons su le faire avec l’aluminium.

Francine Tremblay

Saguenay