Il existe des solutions technologiques qui pourraient contribuer à diminuer le niveau de stress chez les automobilistes, notamment en diminuant le temps d'attente aux feux rouges, souligne l'auteur.

Griller un feu rouge

OPINIONS / L'article du Quotidien du mardi 7 février dans lequel M. Denis Lépine soulève la question des automobilistes qui grillent les feux rouges m'interpelle énormément et je félicite ce monsieur d'être intervenu publiquement. Cette situation, également décrite par la journaliste Patricia Rainville en 2011 et en 2012, notamment à l'intersection du boulevard de l'Université et du boulevard Talbot, perdure et on peut même penser que les automobilistes impatients sont plus nombreux qu'avant à griller les feux rouges.
Saviez-vous combien, pour toute l'année 2015, il y a eu de constats d'infraction pour avoir grillé un feu rouge à cette intersection, toutes directions confondues ? La réponse : 18 pour toute l'année ! Et dire que votre journaliste avait observé en 2 heures plus de 83 automobilistes qui ont grillé un feu rouge, nombre qui serait sûrement identique ou supérieur en 2017 si on faisait un texte maison.
Je crois que les citoyens qui s'intéressent à la sécurité routière devraient travailler ensemble pour sensibiliser nos élus aux différentes problématiques qu'ils observent.
Pierre Lincourt
Chicoutimi
Gilbert Lavoie a publié une chronique intitulée <em>Mais d'où viennent ces armes? </em>à la suite de l'attentat de Québec.
Parlons armes
OPINIONS / M. Gilbert Lavoie, chroniqueur, je ne sais vraiment pas pourquoi vous avez peur à ce point des armes à feu ; vraiment, vous semblez avoir une peur panique incroyable envers les armes, quelles qu'elles soient. Par contre, je suis d'accord avec vous sur un point : les armes ne sont pas des jouets.
Il s'agit de visiter un champ de tir pour vous en rendre compte.
La sécurité et le sérieux y sont présents à chaque instant.
Des officiels de tir gèrent la ligne de feu, les allées et venues des tireurs avec leurs armes, le transport des munitions et ceux qui essaient de ne pas vouloir comprendre, se font remettre à leur place illico ! Il y en a même qui vont jusqu'à se faire sortir du champ de tir.
J'en ai parlé ad nauseam, mais Il y a un processus très serré pour obtenir une arme à autorisation restreinte ; je ne reviendrai donc pas là-dessus, votre travail de recherche journalistique vous a sans doute déjà permis de décortiquer tout ce processus et de parler avec les divers intervenants (du moins, je l'espère). Alors, imaginons que depuis un an, il n'y ait plus une seule arme sur le territoire du Québec. Il y a encore quelques crimes commis avec des armes qui viennent d'on ne sait où dans le reste du Canada... Par contre, les agressions à l'arme blanche ont explosé et le nombre de meurtres a augmenté. Devrons-nous faire un registre des couteaux, quels qu'ils soient parce qu'ils sont trop faciles à prendre et à utiliser ?
Ou bien devons-nous nous occuper un peu plus de la maladie mentale et du désespoir causé par la peur qu'on inculque aux gens qui sont plus fragiles ?
Depuis déjà 27 ans qu'on diabolise les armes à feu de toutes sortes.
On a créé un registre qui en fin de compte, n'a servi à rien. On l'a aboli partout sauf au Québec où l'on se croit meilleur qu'ailleurs, ou parce que politiquement parlant, c'est payant de continuer à être pour.
Mais, et si :
- s'il y a 27 ans à Polytechnique, Marc Lépine avait tué des hommes ?
- s'il y a 27 ans à Polytechnique, Marc Lépine avait été une femme qui tue des femmes ?
- s'il y a 27 ans à Polytechnique, une femme avait tué des hommes ?
- si Kimveer Gill avait été une femme ?
- si Valery Fabrikant avait été une femme ?
En serions-nous au même point avec les armes à feu ?
L'opinion publique serait-elle la même ?
J'ai un gros doute à ce sujet. Je crois même que plus personne n'en parlerait depuis bien des années.
Parce qu'à trop vouloir pousser d'un côté, on finit par oublier l'autre.
Parce que non, la maladie mentale n'a pas de sexe.
Parce que ce n'est pas parce que je suis propriétaire d'armes que je suis un tueur en puissance.
Parce que les familles des victimes de ces détraqués ont le droit, elles aussi, de finir par finir de faire leur deuil et de passer à autre chose...
J'aimerais bien qu'on finisse par arrêter de politiser le débat, qu'on arrête de se faire du capital politique avec ce sujet, qu'on cesse de faire peur aux gens et qu'on en arrive à se poser les vraies questions sans rien d'autre que d'analyser réellement l'impact d'un registre des armes.
Autrement dit, qu'on finisse par gouverner pour l'ensemble des Québécois et non pour ceux qui font pression sur les gouvernements ou pour s'acheter des votes pour se faire réélire...
Dany Gauthier
Saint-Félicien
Propriétaire d'armes et amateur de tir
Membre du club de tir Sieur de Roberval