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Glamour, électoralisme et perfidie

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Le Quotidien
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OPINION / La ministre régionale caquiste Andrée Laforest n’a pas aimé apprendre que la construction du Stade de soccer Saguenay soit tombée entre les mains d’une firme extérieure à la région.

Par Marcel Lapointe, Jonquière

Elle ne semble pas avoir eu beaucoup d’influence au cabinet ministériel pour faire respecter le projet de construction d’une infrastructure régionale que les Jeannois et Saguenéens attendent comme le messie. Le stade de soccer, lui, au moins, verra le jour. C’est confirmé. Mais pour ce qui est du tronçon sud Saint-Bruno-Hébertville de l’Autoroute de l’aluminium ? Belle occasion ratée pour sortir une région en train de sombrer dans le marasme économique.

Le controversé projet de loi 61, mort-né, qui fut déposé par la CAQ il y a un an pour relancer l’économie québécoise, grâce à la mise à niveau et la construction de nouvelles infrastructures, avait dans ses cartons d’origine la terminaison, enfin, de cette autoroute.

Mais on sait par quel hasard, tout d’un coup, on l’a relégué sur une tablette, au profit d’études supplémentaires sur d’éventuels tracés de complétion entre Saint-Bruno et la route 169 à Hébertville. Tout cela en dépit de nombre d’études déjà produites, environnementales incluses, en faveur du projet pour le tracé sud; et du fait que l’acceptabilité sociale, une valeur si chère au premier ministre Legault, ne soulève plus de doute.

Il y a lieu de se questionner sur ce qui s’est passé pour que l’on remette à nouveau aux calendes grecques la construction de ce tronçon. La ministre, qui se gargarise avec le développement économique régional, pourrait-elle donner l’heure juste à ses commettants ? Parce qu’il ne fait pas de doute que ce type de projet est impérieux pour relancer notre famélique économie régionale.

Pourquoi cette volte-face de dernière minute au gouvernement alors que cette infrastructure avait été jugée comme prioritaire dans le projet de loi abandonné ? C’est ce que j’appelle jeter le bébé avec l’eau du bain. D’autant plus que l’évidence de sa pertinence et de sa nécessité n’est plus à démontrer. Du coup, comme à l’habitude, la région en sera quitte pour du raboudinage, des corrections de courbes, du rapiéçage d’asphalte de nos routes régionales; et pour la finition d’infrastructures dont les budgets étaient, au reste, déjà engagés, comme la réfection du pont Dubuc.

Pendant ce temps, la ministre Laforest ne manque jamais l’occasion de pavaner sa bouille d’un écran à l’autre pour nous vanter les mérites de son cher gouvernement qui a à coeur la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cette région caquiste par excellence bien campée dans le giron du parti au pouvoir, qu’on peut, du coup, se permettre de délaisser au profit du grand Montréal métropolitain. Là où la CAQ a grand besoin de capitaliser sur le vote à la prochaine élection provinciale.