Garder bien vivante l’oeuvre de Félix

OPINION / Le 8 août dernier, on soulignait au Québec le 30e anniversaire du décès de Félix Leclerc. Des témoignages ont été publiés dans les journaux et des reportages ont été réalisés à la radio et à la télé. Voilà un intérêt porté au pionnier de la chanson québécoise qui était fort pertinent et qui a rappelé à quel point Félix a marqué notre chanson tout en marquant l’histoire du Québec. Voilà un hommage dans son ensemble fort mérité et rendu à cet homme plus grand que nature qui a écrit et composé des chefs-d’œuvre de la chanson d’expression française. Un grand auteur-compositeur québécois dont l’œuvre a aussi fait vibrer la France et toute la francophonie.

Le 8 août dernier, plusieurs d’entre nous se posaient la question suivante : pourquoi n’entendons-nous presque plus Félix à la radio ? Lui qui a composé plusieurs chansons dites immortelles telles que Le p’tit bonheur, Moi mes souliers, l’Hymne au printemps, le Tour de l’Île, etc. Lui qui était un très grand artisan de notre chanson. Pour faire un parallèle, je me suis alors dit, n’est-ce pas le lot de bien d’autres grands de la chanson en France tels que Charles Trenet, Léo Ferré ou Barbara ? De grands artistes de la chanson qu’on n’entend que trop rarement sur les ondes des radios francophones.

Pourtant, Félix Leclerc était un auteur-compositeur-interprète dans le sens le plus noble du terme. Un écrivain de la chanson affublé d’une voix singulière et marquante. Un artiste entier qui, accompagné de sa guitare et de ses mots, faisait acte de présence dans notre monde en composant des chansons comme il respire, avec l’élan naturel de son génie créateur. Alors, il est effectivement dommage que nous n’ayons pas plus souvent la chance d’entendre Félix Leclerc sur les ondes de nos radios.

Il ne faudrait tout même pas que notre poète de l’île d’Orléans s’inscrive sur la liste des géants qu’on a tendance à reléguer aux oubliettes. Du moins, de ceux qu’on aime raviver la mémoire que lors d’événements ou de dates marquantes tels leur anniversaire de naissance ou celle de leur décès. De ceux et celles qui ornent les noms de nos rues ou de nos autoroutes. Je pense aussi également, outre Félix, à nos artistes d’autres domaines, que ce soit en art visuel pour un Riopel, en musique classique pour un Vincent d’Indy ou en littérature pour une Anne Hébert. Des êtres uniques qui ont redéfini et fait évoluer leur art tout en y apportant une touche de modernité. C’est bien le cas de Félix Leclerc, qui a été le père du renouveau de notre chanson.

Alors, la meilleure façon de garder bien vivante sa mémoire n’est-elle pas de continuer à faire rayonner son œuvre chansonnière ? D’écouter ses albums ? De faire jouer ses chansons dans nos radios ? De les faire connaître à nos enfants ? De les étudier dans nos écoles comme on étudie nos grands classiques de la littérature ? Félix Leclerc n’est-il pas justement notre plus grand classique de la chanson ?

Yvan Giguère

Saguenay

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LETTRE AU MINISTRE DES FINANCES

OPINION / À titre de présidente de la Fédération des familles d’accueil et ressources intermédiaires du Québec (FFARIQ), je rencontre chaque semaine des familles qui accueillent chez elles des enfants à la recherche d’un milieu de vie stable pour s’épanouir. Au Québec, ce sont des milliers de familles qui ouvrent les portes de leur foyer, mais aussi de leur cœur à autant d’enfants.

Quotidiennement, ces personnes offrent aux enfants des conditions de vie se rapprochant le plus possible de celles d’un milieu familial naturel. Elles considèrent et traitent les enfants qui leur sont confiés avec équité et amour dans le but de favoriser leur développement physique, mental et affectif, et les accompagnent dans leur cheminement social.

Comme bon nombre de familles au Québec, les familles d’accueil ont également recours aux services de garde. Contrairement à une famille dite « standard », les familles d’accueil ne sont pas considérées comme un particulier admissible à la Loi sur les impôts et ainsi, n’ont pas droit au crédit d’impôt pour le soutien aux enfants. Il faut savoir que c’est le revenu total de la famille d’accueil qui est pris en compte pour déterminer la hauteur de la contribution pour les frais de garderie.

Il m’est impossible de fermer les yeux sur cette iniquité, qui a été portée à notre attention par nos membres, puisqu’elle a des impacts financiers importants sur de nombreuses familles d’accueil. Ces dernières ayant comme rôle de ressembler le plus possible à une « vraie » famille afin d’offrir un milieu stable et épanouissant pour l’enfant, il est étonnant de constater que, fiscalement, elles sont traitées différemment.

Ce double standard a des impacts importants sur la santé financière de nombreuses familles d’accueil. De plus, il rend plus difficile le recrutement de familles d’accueil qui sont, à mon avis, un service essentiel au bon développement de milliers d’enfants à travers le Québec.

Depuis 41 ans, la FFARIQ défend les droits des familles d’accueil et des ressources intermédiaires au Québec, et les supporte, notamment, dans leur engagement auprès des enfants. À titre de présidente de la FFARIQ, vous comprendrez aisément qu’il m’est impossible de fermer les yeux sur cette iniquité. Je suis à la recherche d’une solution équitable à l’égard de nos 2500 membres.

Geneviève Rioux, présidente FFARIQ