La montée des prix des terres agricoles compromet sérieusement notre relève.

François Legault en situation conflictuelle pour notre relève agricole?

Le 7 octobre 2017 sur le site de Radio-Canada, la journaliste Sarah Désilets-Rousseau publiait un reportage sur la hausse fulgurante du prix des terres agricoles qui a bondi de 18,8 % dans la région de la Mauricie-Portneuf en 2017. Cette montée des prix compromet sérieusement notre relève. Elle est attribuée en majeure partie à des firmes d’investissements privés telles que Pangéa, société qui achète des terres agricoles et s’associe à des producteurs pour les développer ou à des fins spéculatives, joue un rôle néfaste également en ce qui a trait à notre relève et garder nos fermes à dimension humaine.

À plusieurs reprises durant ma campagne électorale, en tant que candidate dans Maskinongé pour le Parti Québécois, je dénonçais haut et fort la firme Pangéa. Pourquoi? Parce que le cofondateur de la firme Pangéa est Charles Sirois, aussi cofondateur de la CAQ. Conséquemment, les questions que je me pose: «Comment notre nouveau premier ministre François Legault, dans les circonstances, défendra-t-il la protection de nos terres agricoles, lui qui est directement lié avec son cofondateur et partenaire d’affaires, M. Charles Sirois? Peut-il décider d’une façon objective l’avenir de nos fermes québécoises? M. Legault travaillera-t-il pour les jeunes fermiers québécois rêvant d’acquérir les fermes parentales ou promouvra-t-il l’accroissement du nombre d’hectares à son cofondateur de la CAQ et Pangéa, M. Charles Sirois?»

De plus, je n’ose penser quels sont les plans de ces firmes d’investissements privés. Vendront-elles tous ces hectares de terres agricoles à des investisseurs étrangers pour nous priver de ces ressources dans l’avenir…?

Là réside tout le dilemme de par la position et l’association d’affaires de M. François Legault. Pourtant, il est clair et primordial que le gouvernement doit protéger nos terres agricoles, les garder propriétés québécoises et agir rapidement afin de créer une loi contrecarrant l’accaparement de celles-ci.

Alors, comment les députés élus de la CAQ, dont les circonscriptions sont composées d’une importante industrie agricole, et son premier ministre défendront-ils les intérêts de leurs citoyens-fermiers et protègeront-ils notre garde-manger? Surtout, sont-ils prêts à s’engager à le respecter et agir le plus rapidement possible pour corriger cette situation inquiétante?

Une notaire de Yamachiche déclarait: «Le Québec perd environ dix fermes par semaine dues principalement à l’absence de relève. Il n’y a pas moins de terres cultivées puisqu’elles sont vendues à d’autres. On diminue le nombre de personnes en vivant. Si on n’est pas apparenté, il faut être en moyen pour acheter.» Toujours selon l’article de Mme Désilets-Rousseau, elle signalait: «De nombreux agriculteurs de la région dénoncent la situation, puisque les terres ne sont plus abordables pour eux.» Ceci génère indubitablement un frein au développement des entreprises agricoles sur le territoire. Près de la moitié des fermes de la Mauricie sont situées dans le comté de Maskinongé. La proportion d’emploi en agriculture est deux fois plus importante dans ce comté que dans la Mauricie et le Québec; l’agriculture revêt donc une importance capitale dans l’économie du comté. Son maintien, son développement et sa diversification constituent des enjeux majeurs.

Nicole Morin

Trois-Rivières