Formation et pandémie

Carrefour des lecteurs
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Le Quotidien
OPINION / Pour bien comprendre ce qui suit, je dois vous mentionner que mon épouse et moi avons enseigné les mathématiques pendant 35 ans, elle au secondaire et moi au Cégep de Chicoutimi.

Ce lettre d'opinion a été écrite par Yvon Lavoie de Granby.

Pendant toutes ces années, il faut avouer qu’il y a eu plusieurs grèves dans nos écoles. Au cégep, il y avait une règle à la suite de ces grèves voulant que chaque jour perdu devait être repris intégralement, règle que j’ai toujours trouvé sensée afin de donner à nos jeunes une formation complète. Je ne sais pas si cette règle existe encore. Sinon, elle le devrait autant au collégial qu’au primaire et au secondaire.

Par exemple, je pense aux étudiants et étudiantes de secondaire 5 qui doivent avoir tous les prérequis en mathématiques pour accéder à ceux du collégial. Je pense, entre autres, à celui le plus connu qu’est math-103 (calcul différentiel et intégral 1), cours que j’ai adoré donner maintes fois et pour lequel j’ai même écrit un volume.

À part quelques exceptions, je ne crois pas que des jeunes qui, aujourd’hui, ont manqué des semaines et même des mois puissent reprendre en peu de temps cette matière et réussir par la suite, entre autres ce cours de math-103. Je vais pousser encore plus loin mon raisonnement : les décideurs d’aujourd’hui veulent-ils faire croire à la génération actuelle que ceux et celles qui les ont précédés leur ont menti pendant au moins un demi-siècle à l’effet qu’il fallait plusieurs mois dans l’apprentissage d’une matière et que maintenant, grâce surtout à la technologie, on peut le faire en beaucoup moins de temps ? C’est vrai qu’aujourd’hui, même les téléphones sont intelligents ! Pensez-y, il fut un temps, pas si lointain, où on utilisait de la craie pour enseigner sur de grands tableaux verts !

Je suis maintenant retraité, mais je suis encore convaincu que les bases de notre système d’éducation mises en place depuis le rapport Parent sont encore valides et ne doivent pas disparaître à cause d’un virus.

Je pense que beaucoup de décisions politiques prises actuellement pour les écoles à cause de la pandémie le sont pour résoudre des problèmes de structure plutôt que de la formation de nos jeunes, malheureusement.